OK ! qu’y a-t’il en moi ce matin ? qu’allez-vous lire dans les prochaines secondes… ou pas… qu’est-ce qui veut et doit sortir ? ou ne jamais émerger… qu’est-ce qui se frayera passage jusqu’à vous ? des milliards de possibilités, une seule actualisation… ou une infinitude de réalités exprimées à notre insu ? ou pas ?
la beauté de la chose, c’est que vous n’êtes jamais obligé(e)s de lire ces chroniques… d’ailleurs elles sont inutiles… superflues… vous le faites par choix… ou par habitude déjà ? ou par hasard, vous tombez sur ces mots maintenant… et les lisez.. ou arrêtez ici…
des mots qui autrement resteront vierges, non déchiffrés, ni décodés… non interprétés, flottant dans les limbes… à la recherche d’une pairs d’yeux qui leur donneront vie et peut-être sens… ou pas… qui les comprendront comme bon leur semblera… ou pas…
ces mots interprétés différemment selon chaque paire d’yeux qui se posera sur eux… des mots qui, sans vous, n’ont de vie que pour moi, que pour eux-mêmes… car après être partis, ils s’approprient leur propre destinée, la votre ? leur propre parcours… soit ils resteront lettres mortes, perdus dans le cyberespace, soit ils susciteront questions, réflexions, réponses ou réactions chez certain(e)s parmi vous…. en réconfortant certain(e)s, en laissant quelques-un(e)s indifférent(e)s, en amusant deux ou trois parmi vous, en dérangeant d’autres mais, surtout, restant ignorés de la presque totalité de l’humanité qui ne posera jamais son regard ici… ni là…
incroyable non ? sur une possibilité de 7 milliards d’humains peuplant la planète, vous serez un(e), deux, cinq, 10 ou 20 tout au plus à lire ces lignes… cette faible probabilité d’être lus rend donc du coup ces mots précieux, rares, improbables…
une bouteille à la mer… ohé, y a quelqu’un ? vous m’entendez ? is there anybody out there ? demandait Pink Floyd ! vous êtes ici avec moi ? où ne sommes-nous pas, tous et toutes, moi le premier, seuls et seules sur nos îles respectives ? des îles qui se croisent, se côtoient, s’entrechoquent, se fondent l’une en l’autre plus ou moins temporairement, certain(e)s devenant des amas de petites îles en formant une nouvelle, plus grosse, englobant les qualités de chacune pour former une entité nouvelle, d’autres ne demeurant que des presqu’îles… ou des Îles de la Madeleine… ou de la Reine Charlotte et du Prince Édouard… des îles d’Anticosti au milieu d’un fleuve perdu…
la vie active des mots sur Facebook est si courte…. presque instantanée… les mots via l’internet vivent presque seulement le moment présent… et encore… si on ne les saisit pas dans les heures où ils passent, zoup…. ils disparaissent presqu’à jamais dans les archives de leur expéditeur/trice… ou sont mis à la poubelle et disparaissent à jamais… à moins que l’on aille fouiller plus tard dans les archives/souvenirs de quelqu’un … ce qui est plutôt rare car la vie pousse, se déroule, appelle la nouveauté…
alors nous, mots d’ati, mautadits, mots dits, nous vous accueillons, vous saluons et vous rejoignons en ce moment unique et jamais vécu auparavant et qui du coup, file vers l’éternité…. suivi du prochain moment… et du prochain… et du prochain… l’éternité est tissée de ce moment présent… et du prochain… et du prochain…
chin chin !
et à la prochaine… à la prochaine… à la prochaine…
