force ré arrangeante

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••• les zultimes chroniques – 20/6/19

La vie, appelons ainsi approximativement cette force dérangeante qui se charge, à brève ou longue échéance, de délabrer tout système, n’a cure des bonnes intentions.

Non que ces intentions n’aient été sincères, mais la vie ne les respecte pas.

Dans toute croyance, dans tout principe, dans toute idéologie, elle flaire le « système », la réponse toute faite.

La vie ne tolère à la longue que l’impromptu, la réactualisation permanente, le renouvellement quotidien des alliances.

Elle élimine tout ce qui tend à mettre en conserve, à sauvegarder, à maintenir intact, à visser au mur.

– Christiane Singer

quelle belle expression que celle de force dérangeante de Madame Singer pour imager la vie… elle qui se charge de délabrer tout système, et qui n’a cure des bonnes intentions…

la vie, cette force qui dérange tout ce qui n’est pas juste, ce qui doit être ajusté, ce qui dépasse… elle dérange pour ranger plus juste… déranger pour re ranger, ré arranger…

la vie, expression qui veut tout dire et, en même temps, rien de vraiment précis car tout y est inclus…

la vie, Dieu, l’existence, du pareil au même ? pas si important vraiment… nous vivons tous et toutes dans ce grand courant de vie qui emporte tout avec elle… quoi qu’on en pense, pas nous qui décidons du sens du courant… on ne décide que comment on veut nager dans cette grande marmite…

pas reposante, dérangeante cette force, cette vie… comme dans certaines cérémonies entre autres, comme dans certaines situations plus croustillantes… pas toujours facile ni agréable, mais toujours juste, et toujours ce qui doit être… la vie sait…

car la vie est intelligente… malgré ce qui semble fou et incompréhensible en cette existence… la vie dicte et guide… et parfois force les choses…

malgré nos bonnes intentions, nos sincères intentions, certaines choses ne se réalisent pas… tout un défi de sentir ce que la vie veut par contre… car parfois, nos désirs personnels ne sont pas ce que la vie a en back store pour nous…

tout système sera éventuellement détruit… croyance, principe, idéologie, tous ces concepts ne tiennent pas la route devant la vie…  car la vie est wild, la vie suit sa vie… et guide et mène la nôtre… à nous d’accepter, ou du moins d’apprendre à le faire…

tout passe, tout est temporaire, tout fluctue… la vie est mouvante et fluctuante… et imprévisible, et impossible à diriger comme on le veut… aussi bien apprendre à nager… à couler avec sinon on coulera tout court, apprendre à suivre le courant et à se laisser guider par la vie… avec parfois quelques petits sprints d’exercices si l’énergie est là…

impossible de canner la vie, de la mettre en boîte… elle imposera toujours sa voie, son sens, sa ligne… qu’on la comprenne ou pas, elle fera toujours en sorte que se manifestera ce qui doit être… une seule chose possible, que ce qui doit être…

parfois difficile d’accepter les choix que la vie nous impose… parfois on ne comprend pas, les choses ne font pas sens… tout de suite du moins… mais comme on dit, si on laisse se reposer toute eau, la vase finira par retourner au fond et les choses redeviendront claires… au bon moment…

et peu importe comment cette vie, notre vie, s’est mis, se met et se mettra en place, comment elle s’actualise et s’actualisera, peu importe ce que l’on veut et désire, une seule possibilité se manifestera… et à nous d’accepter cette manifestation… ou pas… mais avec le temps, on finit par apprendre…

toujours une leçon, toujours un apprentissage… toujours une réactualisation permanente selon les mots de Mme Singer…

et aussi belles soient-elles pour le temps qu’elles explosent de beauté, toutes les fleurs finissent par retourner à la terre… apprécions-les pendant qu’elles passent…

alors in life we must learn to trust

foi et confiance sont requises…

car éventuellement, toutes les rivières retourneront à la mer… back to the sea…

et nous tous et toutes retourneront à la terre

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tourner les coins ronds sous le tapis

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••• les zultimes chroniques – 19/6/19

petite chronique légère ce matin… je vais vous parler de mon plancher… peut-être parce que je suis encore sous les effluves de la teinture… malgré que la pièce soit aérée, toujours un ptit buzz avec ces produits délétères…

si vous suivez ces chroniques, vous savez que depuis un certain temps, je suis dans les rénos… eh oui, encore occupé avec notre nouvelle salle… oui, oui, celle qui trône au haut de cette page…

je suis dans les derniers détails, touches finales ces jours-ci, infinie finition… car jamais vraiment finie la vie… qu’une suite de projets et de défis…

j’essaie notamment de rendre la salle bibittes proof… le moustiquaire est installé… et j’ai même acheté du caulking couleur cèdre pour boucher les petits trous dans la structure… tout un défi… elles finissent toujours par trouver les trous les ptites maudites bibittes… mon défi du moment… duel à vie à mort…

hier c’était au tour de payer la traite au plancher… teinture protectrice…

avant de commencer la job, en soirée, je doutais avoir assez de teinture…

dilemne en la salle…

je commence et je reste pris en manque de teinture à mi-chemin ?

ou j’attends au lendemain pour aller en acheter d’autre avant de commencer pour toute faire d’une shot ?

selon les approximations inscrites sur le contenant, j’en avais pour à peu près les 2/3… eh oui, j’aurais dû regarder ça avant… comme ça la vie parfois… on pense après…

alors bing ! soudainement, une idée jaillit en mon ptit moi-même…

comme il y aura un tapis dans la salle, en été du moins, je me suis dit : pourquoi ne pas teinter autour du tapis ? certains tournent les coins ronds, d’autres glissent la poussière sous le tapis, alors pourquoi ne pas joindre ces deux dictons ?

lorsqu’on rencontre un obstacle, pas fou de le contourner… et de s’y conformer…

et s’il manque de la teinture, on verra plus tard mais le manque sera au moins clair… et bien délimité…

alors voici l’évolution du dossier en deux temps…

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et complété…

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à l’automne, quand la neige tombera sur nos têtes de Gaulois, on retirera le tapis et on peindra un motif au milieu de la salle… il y a un beau carré de jeu qui m’attend sous le tapis…

finalement, c’est parfois une bonne idée de procrastiner et de glisser les problèmes sous le tapis…

projet de création à venir…

chercher, trouver et autres petites quêtes

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••• les zultimes chroniques – 18/6/19

traduction: tu n’as pas à chercher à l’extérieur de toi pour trouver Dieu, ou quelque chose dans le ciel, regardes en toi-même… – Alan Watts

quelle évidence… quelle généralité… quelle affirmation abstraite…

et pourtant…

bien difficile de saisir ce genre d’affirmation qui veut tout dire, et rien en même temps…

car peut-on savoir ce que l’on cherche tant qu’on a pas trouvé ?

et comment trouver si on ne sait pas ce que l’on cherche ?

très philosophique… trop ?

des paroles générales mais, en même temps, qui doivent receler une grande vérité…

car qu’on le veuille ou pas, nous tous et toutes on cherche… certains cherchent petit, d’autres cherchent grand… et d’autres disent ne pas chercher…

mais cherche-t-on quelque chose à chercher ou quelque chose à trouver ?

la question se pose… et se repose…

tellement grand et vaste ce que l’on cherche – ou veut trouver – et pourtant, on cherche tous et toutes quelque chose… ultimement…

entre la naissance et la mort, une grande quête…

à moins que l’on ait déjà trouvé… alors good for you…

mais si on trouve, est-ce possible de perdre ensuite ?

que l’on nomme cela Dieu, le bonheur, la paix, ou la plénitude, j’imagine que l’on cherche tous et toutes notre connexion avec le monde, notre juste place en ce monde…

on cherche – ou veut trouver – tous et toutes Ça… ou Ceci…

ah this ! disait le prophète…

ou dit autrement, enfin !

mais évidemment que le quotidien nous rattrape et qu’on en finit souvent par oublier de chercher… ou de vouloir trouver…

plusieurs besoins de base à combler, et tant de choses à faire… surtout à certaines périodes de notre vie… la vie va si vite… de plus en plus on dirait…

et souvent, on finit par ne plus chercher… on finit par courir après le temps… on finit par se soumettre à cette dimension si matérielle…

car chercher est un luxe…

et parfois chercher, ça semble trop loin, trop grand, trop flou… trop out there…

insaisissable… alors on laisse tomber…

mais pourtant…

il y a en nous quelque chose qui continue à chercher, et à vouloir trouver… même si on n’avoue pas…

comment on fait pour chercher en dedans ?

on s’assoit, on ferme ses yeux et on attend ?

ou les yeux ouverts, on regarde ce qui est simplement tel quel ?

on continue sa vie et on ne cherche plus rien d’autre que ce qui est et ce qui se passe ?

on fait sens du mieux qu’on peut de ce qui se passe ?

ou on prétend ne rien chercher…

chacun chacune nos stratégies…

mais éventuellement, quelque chose se fait chercher, et finira bien par se laisser trouver…

alors bon voyage en vous… ou en dehors…

 

 

 

touché

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••• les zultimes chroniques – 17/6/19

ces temps-ci, je vis une drôle de situation…

une situation que je ne comprends pas, une situation qui me rend tout doux, tout mou… une situation qui me revire à l’envers mais face à laquelle je ne peux rien faire… d’autre que de l’accepter…

car parfois on dirait que c’est la vie qui décide… étrange cette vie…

comme un motton d’ombre sous-jacent qui demande à venir à la lumière… alors lui permettre…

une histoire forte, émouvante, mais complexe… un timing étrange… un dénouement surprenant…

une situation pleine d’amour, mais laquelle ne peut se vivre au quotidien… pour le moment… stand by…

alors accepter, observer, regarder, sentir… et ne rien faire d’autre qu’attendre…

assumer tout ce qui monte, ne rien nier ou rejeter, dire oui OK, ça qui est ça…

car la vie a sa propre sagesse et toute situation recèle un message…

et impossible de le saisir avant qu’il ne soit mûr…

alors patience, humilité et acceptation…

ainsi que la sagesse s’installe en nous ?

 

 

telles filles tel père

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••• les zultimes chroniques – 16/6/19

comme on dit, la folie est héréditaire, elle se transmet des enfants aux parents…

hier, j’ai passé la journée en ville avec mes deux plus vieilles

fête des pères en avance avec mes deux grandes filles…

on a eu ben du fun comme on dit ici…

on a pris un café, on est allés luncher vietnamien avec des baguettes et on est allés marcher et déconner publiquement les 3 ensemble au marché Jean-Talon…

ptite journée de plaisir ultime pour un pops de mon espèce…

maudit qu’elles sont folles ces deux filles-là… je ne sais vraiment pas de qui elles ont pris ça… ça doit être leurs mères 😉

en tous cas, elles sont intelligentes mes deux filles car je leur ai donné toute mon intelligence à leur naissance respective… la moitié chacune…. faites le calcul…

hier, ce fut la fête avec ma paire de filles bio…

ci-haut, les fleurs qu’elles m’ont offertes… en plus d’un ptit gâteau fait maison… menoum menoum… ce popa-ci est plus que flabbergasted…

bonne fête à tous les pops, popas, papas, pères, paternels et autres termes du genre…

un ptit Mi avec mon ami JiPi

64386479_2826875773994408_7091227684163813376_n.jpg••• les zultimes chroniques – 15/6/19

hier, je suis allé visiter JiPi… on est amis depuis quelques années lui et moi… notre première rencontre s’est produite il y a 3 ans quand j’ai organisé un concert devenu plus grand que prévu et pour lequel j’avais désespérément besoin d’aide côté sonorisation…

de nulle part, ayant vu ma demande d’aide sur FB, et sans me connaître ni des dents ni des lèvres, il m’a gracieusement offert son aide (qui s’est avérée indispensable avec 15 personnes sur scène) et c’est lui qui s’était occupé du son pendant notre spectacle…

sauvé ma peau vous dites ?

puis ensuite, on s’est perdus de vue pour un bout de temps et il a repoppé dans ma vie l’an passé lorsque j’ai lancé ma campagne de $ocio$ pour l’album alors qu’il diffusé mon projet dans son réseau… juste comme ça… tout lui en fait…

puis en novembre dernier, sans trop que je ne me souvienne ni comment ni pourquoi, on a repris contact et de nouveau, sonoriquement parlant, il nous a encore aidé lors de notre concert au Théâtre du Marais… encore aussi gracieusement que la première fois… et aidé de son fils en plus…

et suite au concert, sachant que son corps était encore dans le trouble, je lui ai demandé si ça lui dirait de collaborer avec moi sur mon nouveau projet d’album… car JiPi est un musicien d’expérience… guitariste, bassiste et gosseur de guitares, oui, il en joue et en fabrique même…

JiPi a beaucoup de visite ces temps-ci… c’est qu’il a lancé un call sur FB disant que now est le bon temps pour aller le visiter…

car le cancer de JiPi, qui sévit en lui depuis des années, a repris du service et apparemment, de façon plus sournoise que jamais auparavant… les traitements ont été arrêtés et il parle de quelques semaines pour se préparer pour le plus grand et denier voyage…

alors hier, en cette matinée pluvieuse, ma guitare et moi on s’est pointés chez lui… douce rencontre, moment vrai… pas de bullshit autour de la mort…

avant de plonger dans la musique, notre intérêt commun, on a jasé un peu de tout et de rien comme on fait toujours lorsqu’on visite des gens qui n’en ont plus pour très longtemps… mais on a surtout jasé de ça… ce qu’il vit présentement, ce qui s’en vient, de son corps, de son âme, de ses proches, et comment on se prépare au plus grand voyage de notre vie, le dernier en corps du moins…

même si on ne s’est pas connus si longtemps ni beaucoup lui et moi, notre contact à JiPi et moi a toujours été spécial, intime, comme deux vieux frères qui se retrouvaient… possiblement parce qu’on joue de la guitare tous les deux… qui sait vraiment quant à la nature réelle des relations ?

à toi JiPi, merci d’ouvrir ton home et de nous offrir une occasion de te visiter (car je vois que plusieurs te visitent), de passer un peu de ce précieux temps qui reste avec toi, de côtoyer et d’apprivoiser ce qui s’en vient pour chacun de nous, mais que toi tu vis pour de vrai en ce moment…

et cet album sur lequel on avait commencé à travailler – Hinos do Vale da Vida (Hymnes de Val-David, ou de la Vallée de la Vie, c’est selon et c’est le titre – sur lequel tu avais accepté de faire des lignes de bass et quelques riffs de guitare avec moi, cet album que j’avais un peu mis de côté, eh bien avec tes notes personnelles que tu m’as remises hier, tu viens de lui redonner vie à cet album… et il te sera dédié, ça c’est certain…

alors je ne sais pas ce qui t’attend de l’autre côté de ce corps, mais sache que tu continueras à vivre dans le coeur de tous ces gens qui t’aiment et qui te visitent ces temps-ci, et aussi un peu dans mon humble musique à venir…

merci JiPi… et au plaisir de repasser te voir quand tu veux et peux… ici, où partout…

l’amour, hors temps et espace

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••• les zultimes chroniques – 14/6/19

la durée amoureuse n’est pas une durée…
le temps passé dans l’amour n’est pas du temps,
mais de la lumière,
un roseau de lumière,
un duvet de silence,
une neige de chair douce
…                  – Christian Bobin

je ne sais trop ce que Bobin signifie par durée amoureuse

mais clairement, il parle d’un espace temps hors du temps, une notion du temps qui ne se compte pas avec la tête, un espace temps hors de la montre et du cadran…

le temps passé dans l’amour ?

mais est-ce que cet amour a rapport avec l’amour que l’on se porte à soi-même, ou l’amour en relation avec autrui ? l’amour avec plusieurs autres ?

parle-t-il de cet Amour que l’on reconnait habituellement comme celui avec un grand A ? l’amour romantique ou un amour plus existentiel ?

ah l’amour… toujours mystérieux l’amour…

aimer le monde entier est une chose, aimer le monde une personne à la fois, une autre…

et on ne parle pas de s’aimer soi-même… avec tout ce que ça implique… beau et gros défi… mais l’ultime défi de la vie… une leçon à apprendre tout du long…

plutôt qu’amour, personnellement je parlerais d’acceptation, de reconnaissance, d’intégrité et d’intégration de tout ce que nous sommes…

vivre son humanité complète… avec toutes ses facettes…

et come disait Osho, l’amour n’est pas une relation, l’amour est un état intérieur, une disposition, une façon d’être, une sorte de présence…

évidemment, en amour, on ne peut que commencer par soi-même… déjà un beau projet en soi… un projet de vie…

selon Bobin, le temps passé dans l’amour serait une lumière, un silence, une neige de chair douce…

poétique… mais je ne saisis pas complètement…

alors je vais sentir ceci aujourd’hui en ce jour de pluie…

merci monsieur Bobin…