Les chroniques inutiles… écrire pour écrire (4)…

ouin, ouin… pas mal de feedback ce numéro 3 d’hier… un peu surpris le chroniqueur inutile… et touché, mais en même temps prenant conscience de l’impact de taper sur Enter après avoir écrit… après s’être écrit…

écrire pour écrire, mais en même temps, je réalise que si j’affiche ces grappes de mots sur un agora public, à la vue de tous et toutes, j’écris pour écrire en partie mais je force est d’admettre que j’écris aussi pour être lu… sinon je continuerais à garder ces mots pour moi comme je le faisais depuis que j’écris quotidiennement quelques mois… y a ben des affaires de cachées dans ce ptit Mac-ci…

mais pourquoi veux-je être lu ? pourquoi est-ce si important que des yeux – n’importe lesquels – se pose sur ces mots que j’ose lancer dans le vide par un simple Enter… question existentielle d’écrivain j’imagine…

est-ce que je me sens moins seul si je suis lu ? peut-être… mais dans les faits, je ne le suis pas moins dans ma petite maison entourée d’oiseaux actifs en ce petit matin d’avril…

est-ce que j’écris la même chose si les mots sont destinés à des yeux autres que les miens plutôt que gardés secrets? probablement pas et sûrement que mon censeur s’active automatiquement…

est-ce que ce que j’ai à dire vaut la peine – ou la joie selon notre ami Kalyan – d’être non seulement écrit mais aussi lu? au moins sur Facebook, on ne sacrifie plus d’arbres…

cette chronique est un terrain de pratique, un exercice d’expression… pour voir si, pour faire comme si… en effet, un ami me disait récemment qu’il trouvait que ma vie a été excitante, remplie de rencontres pas banales et d’aventures inhabituelles et qu’elle mériterait à être partagée… cette offre m’a surpris, et ma première réaction fut : moi ? raconter mon histoire ?

car je ne suis qu’un ptit gars de Montréal-Nord, qui a roulé sa bosse comme chacun/e de vous, qui a élevé sa famille du mieux qu’il a pu, qui fait de son mieux avec ce qu’il a en ce moment pour être heureux et faire le bien autour de lui, pour découvrir (ou imposer ?) un sens à sa vie, avec un fort élan pour devenir totalement libre, pour rejoindre d’où nous venons avant la naissance dans ce corps et où nous retournerons bientôt quand âme et corps divorceront…

mais l’offre a pogné… et le chroniqueur chronique… se fait la main…

quand on lance des écrits aussi personnels dans l’espace public, où n’importe qui, mais vraiment n’importe qui, peut vous voir l’intérieur comme ça, parle-t-on de narcissisme ou d’humilité et de transparence? et pourquoi est-ce que je veux qu’on voit en moi ? pourquoi vouloir me montrer l’intérieur ? pourquoi vouloir être lu ? et interprété et jugé ? les questions se posent ! mais les mots continuent de se bousculer au bout de mes doigts…

cette chronique est un PPPP, un Projet Privé Partagé dans l’espace Public… et d’ailleurs, en tant qu’être humain, ne sommes- nous pas tous des partenariats public-privé ? avec tous les risques que l’une et l’autre dimension impliquent…

un processus de création et de révélation, un espace pour me dire, pour me lire et me relire, découvrir qui je suis, pour me laisser découvrir, une façon de transformer le temps libre que j’ai en abondance comme jamais auparavant en ouverture… une façon de faire un pont entre moi et le reste du monde…

Enter ou pas ? allez hop, Enter !

sioux

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