
cinquième chronique qui tique et pique… 14/10 (2) / dimanche multi chroniques, dimanche à écrire et lire…
depuis 3 jours, j’ai une coloc, une belle Golden – que dis-je ? une superbe Golden – Latika est son nom, la bonté pure sa qualité… Latika est la chienne de mon amie Flo partie en Europe pour quelques mois, donc ici avec moi seulement temporairement, mais déjà l’attachement entre nous est flagrant et manifeste… cette chienne est tout simplement attachante, aimante, douce, totalement présente à moi, fidèle, courant la balle et les bâtons avec joie, toujours au poste et pas loin de la porte, toujours prête à jouer dehors… sa présence est pleine et riche…
comme la plupart des chiens au contact des humains en général, Latika vit avec moi, on dirait même qu’elle vit presque pour moi… contrairement aux chats qui vivent à côté de nous… mais pas vraiment avec nous… menant une vie davantage parallèle…
en fait, le fait de passer ces quelques jours en compagnie de ma nouvelle amie canine m’a inspiré une réflexion générale sur les considérables et immenses différences entre les chiens et les chats… mais aussi sur ces deux caractéristiques – chien et chat – que nous portons aussi en nous-même, êtres humains des deux sexes… et les autres… assoyez-vous, je m’explique…
c’est le premier matin, lorsque je me suis réveillé et que je suis descendu en bas, que j’ai pris conscience de cette flagrante et fondamentale différence de présence entre les pitous et les minous… je sentais clairement que Latika m’attendait, impatiente, heureuse de me voir, geignant de plaisir, sur le bord de la porte où elle dort, contente de me voir et fébrile à l’idée de starter sa journée… elle m’attendait pour sortir et aller courir après la baballe et le bâton, manger, boire, se faire flatter, être en relation avec moi, connecter quoi… quelle différence avec mon Charlie (dieu ait son âme, sniff sniff…) qui passait ses nuits dehors à chasser et à brasser le voisinage et ses journées à dormir, à faire sa vie et ses affaires de chat, parallèlement à moi, mais pas vraiment avec moi, davantage à mes côtés qu’avec moi… même quand il se faisait flatter, c’est comme s’il me donnait la permission de le faire…
en général et à gros traits bruts pas assez raffinés, les chiens sont attachants et attachés, les chats, indépendants et autonomes… les chiens sont attentifs à nos moindres faits et gestes, tournés vers nous, maître et maîtresse, alors que les chats vivent davantage pour eux-mêmes… en fait on n’est jamais vraiment et totalement le maître d’un chat… assez rares les chats en laisse…
les chiens sont totalement incarnés, simples d’esprit, terre à terre, jouant à baballe et capables de vous rapporter le bâton des millions de fois… essayer de faire ramener une balle à votre chat 😉
les chiens sont attachants mais surtout attachés, pas seulement en laisse de cuir, mais aussi et surtout émotivement, affectueusement, psychologiquement si cela peut s’appliquer à la race canine… disponibles à et pour nous… les chats ? au contraire, plutôt indépendants, cools et menant leur propre vie de chat… une vie parallèle, tandis qu’avec les chiens, nos vies sont davantage imbriquées l’une à l’autre…
d’ailleurs, les popas et momans de chiens savent qu’ils ne peuvent partir trop longtemps en laissant leur protégé seul à la maison, tandis que les «prenant soin» de chat peuvent dégarpir pour un week-end sans soucis… minou y sera au retour… s’il ne s’est pas sauvé vers des contrées plus sauvages ou si un pécan ne l’a pas snapper… d’une certaine façon, les chats (la plupart du moins) ont conservé plus de sauvagerie que les chiens, qui ont davantage accepté de se faire domestiquer en échange d’un toit, d’affection et d’un peu de bouffe … et je n’ai pas d’opinion là-dessus, je ne fais que constater ce qui semble se passer autour de moi…
et à sentir ce différent attachement avec pitou Latika, il m’est venu à l’esprit que nous, humains et humaines, portons en nous-même et dans nos relations et exprimons ces deux qualités – canine et féline – dans le cadre de nos relations amoureuses… et que nous alternons d’ailleurs souvent entre ces deux pôles de la relation amoureuse d’une relation à l’autre… autant chat et chien en nous qu’avec l’autre… cette théorie de dépanneur du coin n’est pas infaillible mais néanmoins, elle peut faire un bon bout de chemin, regardez notamment dans votre propre vie… en tous cas, dans la mienne, elle se valide… de même que chez plusieurs de mes ami(e)s… mes relations de couple sont souvent des relations chat-chien… en moi, avec l’autre mais aussi en alternant d’un rôle à l’autre d’une relation à l’autre…
par exemple, dans mon avant-dernière relation, j’étais davantage chat, jouant cool, le gars détaché, indépendant (je réalise aujourd’hui que cette attitude est fondée sur une peur de m’ouvrir, à l’autre, peur de l’intimité, de me dévoiler mais ça c’est une autre histoire)… et souvent un chat attire un chien, c’est-à-dire que chaque relation tend à pencher d’un bord, l’un des partenaires étant souvent plus chat, l’autre plus chien…
pour revenir à mon histoire, dans la relation suivante, tout à coup, je me suis retrouvé davantage chien, c’était alors moi qui était plus disponible et davantage attaché, plus willing à m’engager que l’autre… et la danse continue… la prochaine fois, je vais probablement tenter de trouver un plus juste milieu…
en fait, pas seulement face à l’autre mais également en nous-même, à l’interne, at home, le chien et le chat se chamaillent souvent… nous sommes pour la plupart mû(e)s par un besoin fondamental d’être en relation intime, de s’offrir et de se donner à l’autre, de grandir aux côtés de quelqu’un, de se connaître soi grâce à l’autre… jusqu’à la recherche de l’âme soeur parfois (même quand on le nie ;-)) et ultimement fusionner… vive le tantra…
et en même temps, nous ressentons un besoin plus ou moins égal d’autonomie et d’indépendance… can’t live with it, can’t live without it… en fait, dans mon cas, j’ai découvert que ma traditionnelle et primordiale indépendance cachait une grande peur de dépendance, la peur de me perdre dans l’autre, de vivre en dehors de mes souliers, ce que la vie m’a donné la chance d’explorer… content d’avoir appris la leçon… et de passer à autre chose…
et si nous portons à peu près tous et toutes en nous-même un improbable et conflictuel couple chien-chat – attachement/détachement, dépendance/indépendance – ce couple chat-chien s’actualise aussi entre les conjoints… de par nos différences de genre – Vénus et Mars vous avez dit ? – mais aussi en général, on peut remarquer que dans la plupart des couples, l’un(e) des conjoints est davantage chien(ne) et l’autre chat(te)… SVP on évite les mauvais jeux de mots ici OK ? et ça peut aussi changer à l’intérieur du même couple par séquence et dans le temps… quand un prend davantage de lousse, l’autre a tendance à coller un peu plus… et vice versa… et halléluiah et praise the lord…
et souvent, d’une relation à la suivante, on passe de chat à chien, puis de chien à chat, comme un équilibre naturel qui prend place, comme un besoin de chausser les deux paires de souliers, alternativement, l’un après l’autre… pour apprendre une leçon de ces deux positions de vie…
donc, d’une relation où l’on se retrouve plus à la remorque de l’autre pour un bout de temps, on recherchera possiblement par la suite – consciemment ou pas, la vie se chargera bien de nous aider – un ou une partenaire plus ouvert à soi, capable et désireux de s’engager clairement, afin d’équilibrer la quête amoureuse, parfois aussi pour se sécuriser et guérir une peur d’abandon et/ou de rejet… les raisons sont multiples…
comme je disais, ma ptite théorie de garage comporte ses multiples exceptions qui confirment la règle et je suis certain que vous vous chargerez d’en trouver… mais si vous observez bien, attentivement et sincèrement en vous et autour, vous devrez admettre que nous sommes tous et toutes un peu minou et pitou relationnellement parlant, et que la vie se situe quelque part entre chien et chat dans ce grand petshop comico-cosmique…
allez, wouf wouff… je vous quitte, Latika veut aller jouer à baballe avec moi… c’est moi le boss après tout non ?

Certain que c’est toi le boss???
Pierre Morency, auteur de Demandez et vous recevrez, apporte, dans Le cycle de rinçage, la notion que dans une relation amoureuse, il y a constamment un ajustement donne-reçoit. Donc, lorsqu’un est en mode recevoir, l’autre doit passer au mode donner. Et vice versa. Les problèmes arrivent lorsquent les deux personnes sont en mode recevoir ou donner. Le parallel avec ta chronique Ati est évidente: le chien est donner et le chat recevoir. L’art du couple est de savoir reconnaitre son animal et celui de l’autre, s’ajuster et partager. Pour moi aujourd’hui, j’ai le goût d’être le chat – je me cherche un chien!!!
wouff wouff…
J’aime être à la fois chatte et du genre canin, j’aime pas dire chienne car le mot est trop fort. Je suis plutôt donneuse et sachant prendre soin de l’Autre qui m’accompagne. J’ai besoin d’un espace d’être assez libre mais je suis vraiment prête à un engagement profond quand je trouverai celui qui voudra partager mon intensité. Un juste équilibre et un passage de minou à pitou me convient très bien. Je sais m’adapter. J’ai pour la première fois une petite chienne qui partage ma vie et je suis bien d’accord avec toi, Ati, leur spontanéité à nous donner de la joie et du plaisir me rend joyeuse et m’amuse beaucoup. Je vais aller marcher avec Vickie et un ami… Il fait si bon dehors et pas trop froid encore!