perdu dans l’espace… et le temps…

vingt-cinquième chronique qui tique et pique… 29/10

je suis perdu dans la vie… et j’aime ça… yé ! tous les plans que j’ai faits ne fonctionnent pas… et ça ne me dérange pas… tout est donc possible… et peut-être que rien n’arrivera…

en fait, je devrais dire que ça ne me dérange plus que mes plans aient foutu le camp… ça ne me dérange plus depuis quelques minutes, heures, jours… ma perdition existentielle, je l’accepte, de plus en plus… la rejette, de moins en moins… je lui dis oui, si, pourquoi pas, why not, let’s go ! au pire je lui dis peut-être les jours de résistance… mais jamais plus non merci… et il ne faut jamais dire jamais… jamais !

comme le vôtre peut-être, mon scénario de vie est dans le jello, dans la grosse gadoue sale, pogné dans la grosse guimauve gluante, modifiable, prêt à changer anytime… tout ce que j’avais travaillé à préparer ne se passe pas tel que prévu… et dieu sait que ce n’est pas dans notre nature fondamentale d’être prêt à changer, ni la mienne, ni la vôtre… mais on s’y fait parce que ça vient tannant d’être frustré(e) à la longue… oui oui, vous aussi vous allez voir vous y faire de flotter dans le vide…

souvent on pense savoir ce qui s’en vient et parfois c’est justement parce qu’on pense savoir que les choses se passent comme on les pense… on fabrique d’avance l’avenir… on force la vie… on la met dans une boîte, on se garde petit et prévisible… on fait fitter l’immensité de la vie dans notre agenda… et à l’occasion, à tour de bras, l’avenir se charge de nous donner raison, mais la plupart du temps, tort tort tort… t’es mort ! on tord le temps et le plan, mais vient un temps où ça tord trop fort… trop tard… trop fort…

hier j’étais à la cérémonie de graduation de Fanny, ma fille la plus jeune, goodbye école secondaire, welcome Cégep… 150 beaux et belles jeunes pleins et pleines d’avenir… pleins d’avenir et du passé… une fête pour célébrer les 5 dernières années mais surtout une fête pour accueuillir l’avenir ensemble, le futur d’une génération, pleins et pleines ce qui s’en vient… appréhender ce qui n’est pas encore… mais qui sera très certainement… en temps et lieu… un pas à la fois…

des jeunes remplis d’avenir donc… les jeunes pousses et racines dans le passé, les deux pieds et la toge dans le présent, la tête et les plans dans l’avenir… une célébration pour déployer ses ailes et prendre son envol… pour certain(e)s, le plan se déroulera plus ou moins tel que prévu… plus moins que plus… pour d’autres, de grosses grosses surprises à venir…

je regardais ces jeunes, beaux et belles, brillant(e)s et lumineux sur scène, grands et grandes d’espoir, droits et droites d’ambition, aimé(e)s et couvée(e)s par leurs parents, parents fiers, généreux et comblés par cette progéniture en pousse… et je me demandais quels plans parmi cette allégorie de jeunes plants allaient être bouleversés, charriés, tordus, déviés…

et c’est aussi moi que je voyais sur scène, moi 35 ans plus tôt, maintenant un moi, le même moi, mais aussi si différent, 35 ans plus tard… et je me remémorais mes 17 ans, alors qu’à l’époque, je n’avais aucun plan autre que de survivre au jour le jour, conquérir le monde, à pied ou à bicyclette, simplement me connaître moi-même… comme aujourd’hui… découvrir ce monde dans lequel nous évoluons… un monde tellement différent aujourd’hui du monde d’hier… mais le même monde aussi… depuis que le monde est monde… même adolescent(e)s débordant(e)s de futur, d’avenir, de ce qui viendra… même présent que ce cadeau de la vie…

donc 35 ans plus tard, tous mes plans ont foutu le camp et j’aime ça… ça donne une liberté totale… totale liberté… liberté 51, 52, 53, 54… vivre maintenant, ici, en attendant la mort, mais sans attente, la mort qui viendra for sure… mais qu’en temps et lieu… mais quand même ici et maintenant la mort… une mort en attente, une mort latente, une mort patente, d’inquiétude, de certitude… attitude d’attente, patiente et respectueuse… du vivre maintenant, sans plan, sans attente en principe, mais pleine d’attentes quand même… mais attentes inattendues, non tendues, attentes perdues dans l’espace et le temps… soyez les bienvenu(e)s !

bienvenus dans l’ici, right now ! tous les plans dehors…

photo: andré klein (via Facebook)

10 réflexions au sujet de « perdu dans l’espace… et le temps… »

  1. Avatar de jackiejackie

    J’ai tourné en rond ces derniers mois, ressassé sans cesse les mêmes scénarios, plusieurs de mes repaires et de mes élans habituels ont disparus, il m’arrive encore de résister à ce qui se passe au quotidien… Avoir le goût de ne rien faire est un état particulier, surtout avec des factures à payer et des enfants à nourrir, vivre un sentiment d’impuissance et n’avoir aucun élan particulier… pas toujours très confortable. Les mois passent, la vie continue, avec son lots d’évènements tristes, de routine remplie de petits riens, avec une certaine quiétude en arrière plan qui m’invite à m’abandonner, à plonger dans cet état, à cesser de résister à ce qui est… Ouf! Pas facile… être amenée à reconnaître que le noir et le difficile co-existe en moi tout autant que la lumière et le facile, changer de perspective… entrer dans l’inconnu, plonger, sans réserve ni filet de sécurité… le frisson, qui va avec la chute libre, la peur de ce qui m’attends de l’autre côté, aucune certitude… plus aucune envie d’aller où que ce soit ou de faire aucun effort, jouir du maintenant sans attachement, donner naissance à un projet, ou non… Enfin, me sentir chez-moi, en moi, arrêter de poursuivre des objectifs, cesser de me battre pour obtenir ce dont j’ai besoin et m’accueillir dans tous mes états, à tous les temps…

    Serait-ce la naissance d’un amour de moi sans exigence, sans attente, plus affectueux, plus abondant? Hihi.. à suivre dans le futur présent

    Répondre
    1. Avatar de atisupinoatidion666 Auteur de l’article

      salut jackie… beaux mots et bons mots – bene diction – et belle plume… qui te permettra de voler haut in the skies…

      prenons soin, relaxons et regardons la pluie tomber

      smack

      ati

      Répondre

Laisser un commentaire