vingt-sixième chronique qui tique et pique… 30/10
chronique écrite sur du temps emprunté, 48 % de batterie restant, hydro coupé, hydro très occupé probablement… alors chronique nous menant au zéro absolu… zéro %, héros pur sang… la vie prend place sur mon écran….
je suis l’homme invisible… celui qu’on ne voit pas… je suis moi, mais moi, qui suis-je ? toi t’es toi, alors lis-moi, ne te tais pas, ne t’éteins pas ordi, fil conducteur, sans fil directeur ni réducteur ni… écrire jusqu’à ce que mort s’en suive… mort de batterie, mort et survie… écrire pour donner naissance à ce jour sans courant…
je suis une boîte à mots, à mots à dire… des mots frappés, des mots tapés, une lettre à la fois, une lettre à la poste, une bouteille à la mer… mer agitée… père qui sonne et cogne… personne ne me voit, pourtant mes mots seront lus, par quelques-unes et zuns parmi vous et vouzes… gaston y a le téléfon qui sont… pas de téléphone, c’est l’fun…
mots empruntés, mots prêtées, mots donnés, mot croisés et mots cachés… mots de nuit – ou est-ce le matin déjà ? – mots lus par quelques hommes bidous, et femmes itou, quelques zombies doux, vampires de mots rouges et juteux et gorgés, qui se régalent de ces mots sans sang, sans sens… de ces mots sans viande et sans constance…
je suis l’homme invisible, celui qu’on ne voit pas, qui me mène ailleurs et ne mène nulle part, c’est lui qui mène d’ailleurs… ailleurs qui finit toujours par venir, revenir et redevenir avenir et ici… et là-bas… car à chaque fois que j’écris, c’est maintenant, c’est ici… j’ai beau sentir et observer le temps passer, couler, toujours ici le temps, toujours maintenant l’heure d’ailleurs, now or neveur, now howeveur, ici et maintenant rêveurs… rêves de réalité… lucides et crus…
la tempête fait rage à l’extérieur mais pourtant c’est un calme plat à l’intérieur, de la maison, du corps, du coeur et de la tête… un calme plat mais pas platte du tout qui clame sa place, un calme qui prend toute la place et qui me transparait jusque dans la face… faudra bien que je m’y fasse… car de plus en plus calme dans la cabane… finie la chicane… avec moi-même, avec le monde…
je suis l’homme invisible, le gars qu’on ne voit jamais, un gars qui disparaît de plus en plus et qu’on voit de moins en moins, de moins ici et de plus en plus là, de plus en plus ici et de moins en moins là, un gars qu’on ne verra plus et qui ne se voit pas ni plus lui-même… un gars privé, no trespassing… chasse interdite, défense de passer, défense d’y voir, défenses d’ivoire… tour d’ivoire et côte d’ivoire, faudra bien y voir car noir noir noir ce matin d’aujourd’hui, ce matin qui se prend encore pour la nuit…
je suis l’homme invisible, derrière lui, derrière moi-même, je ne lui vois que le dos, qu’on ne voit jamais tout à fait d’ailleurs, ni d’ici, ni là-bas… où me mène-t-il ce sympathique nobody guy, ce jazzé buddy guy ? où va-t-il, où court-il ? il ne le sait point ce fantôme de ce petit matin noir sans courant mais surtout esprit de mes nuits blanches électrisantes… les nuits d’octobre durent presque toute la journée ces temps-ci…
je le suis cet homme invisible, et je suis cet homme qui ne laisse pas de trace, cet homme qui s’efface, celui qui devient de glace et qui disparaît devant la glace… miroir miroir parle-moi, dis-moi qui je suis, montre moi celui que je suis… car je ne le vois plus… disparu, perdu, fondu, le mental… monu le mental…
invisible, invincible, illisible, indicible, je rate la cible car je vise trop l’oeil du taureau, bullseye ! yé ! droit dans la cible cette fois ! dans le coeur du taureau… l’oeil du cyclone qui gronde, qui bombe le torse et monte en trombe… finalement coming out, coming home !
l’homme invisible me parle… ou est-ce dieu ? ou moi qui radotte ? ou ma petite voix qui chuchotte ? faut que je sorte de ma grotte, c’est l’hiver qui annonce ses premières notes… ou est-ce dieu ? ou est-ce moi ? où est dieu ? où est moi ?
dieu guide-moi, dis-moi… j’écoute, je t’écoute, je m’écoute et je goûte… la vie, goutte à goutte, comme le temps qui coule, s’écoule et s’égoutte, coûte que coûte… je mange mes croutes car faut se faire fort devant la mort pour faire face à la vie avec grâce et dignité… se regarder dans le miroir, face à face avec soi-même… qui suis-je ? qui vois-je ? qu’y vois-je ? auto réflexion infinie se miroitant elle-même… moi qui voit moi qui voit moi qui voit moi qui ne voit plus… rien…
je suis l’homme invisible, celui qui n’existe pas et pourtant, tac à tac, tac à tac, les mots se frappent, les mots s’éclatent sur l’écran… de jour et de veille… les mots prennent forme dans mon sommeil… en ce début de jour qui se lève au milieu de cette journée sans courant… journée sans courant pour marcher plus lentement, pour ralentir le pas, diminuer le rythme… slacker son ponpon… je ne vois rien d’autre que le ponpon de l’homme invisible qui se livre… de dos et à reculons… mais lentement, sans courant…
tac à tac, tac à tac, homme invisible peut-être mais sûrement pas illisible ni inaudible… une présence qui ne se voit pas mais qui s’entend, une absence visuelle qui se lit… un fantôme qui tape alors qu’un fan tombe sur ces mots et s’en réjouit… ces mots écrits maintenant mais qui ne seront lus que plus tard faute de courant, en un temps incertain… des mots que le courant pourra libérer de cette pomme croquée et qui s’éteint un peu plus à chaque mot… une lente et certaine fin attend ma pomme… tic tac tic tac… le temps s’égraine… la fin est prochaine…
31 % restant… que dire de plus… cette batterie, est-ce mon pacemaker ? qui me permet de dire, d’écrire et de m’écrier… ce clavier, est-ce mon encrier ? est-ce mon coeur qui crie ou qui bat dans la pomme, la grosse ou la petite, et petit ci de rien et petit tas de pépins… de pommes et de raisins…
écrire le temps qui reste à ma batterie… I’m writing time out… les prisonniers font leur temps, moi j’écris le mien, je cries en vain… mais pour rien… pour voir ce qui sortira ce ces doigts, écrire pour passer le temps qui passe lui aussi, comme nous tous et toutes… au complet pas juste les ptits bouts… comme vous, comme moi, comme lui-même… le temps se passe de lui-même et nous passe à travers la gorge, à travers le corps, il nous file à travers l‘âme, un chapelet de mots qui égraine le temps… et qui extraie le sens de la vie… suivre le courant absent… hydro, marchands de courant virtuel ce matin…
ce courant manquant éclaire l’importance de mon lien à vous que je ne connais même pas… j’écris pour ne pas crier, j’écris pour que vous m’entendiez… j’écris pour exister, j’écris pour que vous me lisiez, pour me lire moi-même… j’écris comme certains dessinent ou comme d’autres jouent… des notes ou des tours… de piste ou de passe-passe… je me lis donc je suis… j’écris pour voir si j’y suis… et si je suis, alors je me suis… je suis le me… je suis la vie… parfois je suis, parfois je fuis… jusqu’ici…
je suis l’homme invisible qui écrit sa vie, l’homme invincible qui écrit dans le vide, qui se poursuit lui-même… l’homme indicible qui se dit quand même… même si personne ne le lit, l’homme se dit… un homme lu, même invisible, vit… je suis lu donc je suis su et si je suis su, je sus que je fus…
26 % et encore toutes mes dents et mes touches sur l’écran et dans la bouche… un marathon de mots, est-ce un motathon ? ou plutôt des mots à tâtons qui ne font pas de sons sauf tac à tac, tac à tac… des mots pour mettre de la vie dans mes doigts, des sons et des images dans vos yeux… me voyez-vous écrire quand vous me lisez ? en tous cas moi je vous vois me lire quand je tape, tac à tac, tac à tac… allo les mots… allez les mots…
slow mots ou mots vite vite vite… 18 % et j’ai encore du jus, encore du temps… mon icône de batterie est maintenant rouge alors je me garderai quelques points de pourcentage pour me rendre au café internet et envoyer cette bouteille dans la mer virtuelle qui nous relie…
et j’en profiterai pour faire marcher latika la chienne, qui elle, est bien réelle et qui aime le beau temps, courant après la balle, avec ou sans courant…
bon calme après la tempête…
photo: worlds coolest things

Le temps, l’invisibilité ….la papillon qui ne vie que l’espace d’un jour, est t’il visible?
L’arbre qui tombe dans la forêt, est t’il moins réel, si non entendu??
Rien n’est vraiment invisible, ou bien tout ça l’est? Perception…du temps, de la vie!?
Recharge bien tes batteries, pour tes prochaines chroniquessssss….
Faudrait pas rester invisible trop longtemps? 😉
picaboo I see you 😉 la batterie est ressucitée
Je te lis donc te suis… lectrice invisible, visible quand je me dis ici… je te vois, entre les lignes, pas dans ma soupe, en moi… présence invisible à l’œil nu, perceptible à l’âme nue… Tu es bu, lu, mu, su, vu et moi émue…
tu me suis donc tu es… et tu écris bien toi aussi… alors j’essuies mes larmes et te lis et te ris et te dis… allo jackie
smack et smack pls un câlin…
Je ris et souris de ces mots qui dansent, s’amusent, se taquinent, se jouent des tours, se perdent et se retrouvent, certainement visibles pour l’homme invisible. L’artiste se cache derrière son oeuvre, timidité ou pudeur?
invisibilité pour «de vrai» ?
Fiou ! Je sentais venir la fin avant la fin.
Heureusement , tu t’es gardé un petit pourcentage…pour prévenir la fin trop abrupte ?
Cette fin que j’appréhende et qui finit par faire du bien.
0 % FIN