chronique réservée aux gens en crise – les autres s’abstenir SVP, merci


quinzième offrande 23/11-2 (28 jours avant le 21 décembre… pas changé depuis ce matin…)

de retour d’une marche dans la forêt, le soleil dans la face, le vent à travers la tête… et je pensais à vous, oui oui à vous, vous qui vivez peut-être une passe difficile ces temps-ci, welcome to the club !

on est quelques-uns/unes dans le même bain en ce moment ça a l’air… pas moins dur à vivre de savoir qu’on est plusieurs à brûler à high de l’intérieur en même temps mais quand même, ça réconforte un peu non ?  s’écartiller l’âme en gang…

formidable quand même non ? de vivre aussi intensémment, de sentir autant, de voir les vieilles idées tomber l’une après l’autre, des fois deux-trois en même temps… le mur de berlin dans la boîte à brique… une agglomération de concepts tissés serrés, qui nous gardait pogné, qui s’écroule…

et ces temps-ci, ça tombe, ça tombe et domino ! et non bingo !  car les morceaux reposent les uns sur les autres… les murs de la cellule se crapouillent, s’effritent, craquelètent… pour ça que ça fait mal des fois… c’est ça qu’on voulait puisque c’est ça qui se passe, mais en même temps, c’était du connu… on y tient à nos vieilles pantoufles…

educare, du latin, éduquer… la vie nous donne une leçon en ce moment les ami(e)s, à nous de ne pas attendre, à nous de la prendre, de la saisir à tour de bras la chance qui passe, à nous d’apprendre de ce face à face… l’motton est latent, le cas est patent, la vie nous la tend cette leçon, la vie nous attend… et nous ? plus tard ou maintenant ?

l’existence veut nous faire comprendre quelque chose mais que dure est la tête, dure dure la ptite bête… oui motton latent car il couve depuis longtemps, on ne peut simplement plus tourner autour du pot… trop évident… on s’pitche dedans… letting go !

un ami vient de m’écrire pour me remercier de me grignotter l’ombre (dixit Paule Lebrun) sur ce blogue… bienvenue, mon plaisir… oui en quelque sorte c’est ça… party de grignottage d’ombre sur blogue… j’me grignotte la mienne, mon ombre, de mon bord, et vous du vôtre… et on y va, gang d’écureuils, on grignotte, on ronge, ni son frein ni les coins, mais on gruge, on arrondit, on sort du cadre, on s’extirpe de cette camisole de force de pensée de bois qu’on a tout le tour de la tête… gossé serré la cabeza…

tanné d’essayer de parler du coeur le croc niqueur, car c’est la tête qui sabote, la tête qui torpille… et c’est aussi par la tête que ça passe ou que ça casse… compréhension, conscientisation, intégration… mais avant compression, contraction, confusion…

on fait de la place, on agrandit par en-dedans… alors cabane se brasse… on implose, on redispose les morceaux, mais en gros et surtout on dispose de ce qui est de trop… passé date, rejet, désuèt… out !  on largue, tout le vieux stock à babord… épeurant mais satisfaisant, agrandissant, mieurespirant… right ?

tanné de parler du nez et de sentir les affaires le quêteux… envie de se dire les vraies affaires et de s’écouter… une belle celle-là ! les vraies affaires… qu’est-ce qui est pas vrai au juste dans les affaires de la vie ? que des vraies affaires, mais qui peuvent être interprétées erronément peut-être ?

en marchant, je pensais aussi au terme empathie… empathie, concept qui en fait ne peut pas exister sans lien direct avec soi-même, pas d’empathie en dehors de soi… en effet, comment puis-je ressentir de l’empathie pour l’autre plus que ne peux être bienveillant envers moi-même ? logique non ? alors ?

soyons égoïste ! apprenons à prendre soin de soi, à se regarder first, on verra pour les autres plus tard… ce que l’on se donne, on le donne aux autres… alors je suis vous et vous êtes moi non ? enfin ne plus être seulement soi-même… devenir le monde… think big sti…  mais prendre soin de soi, c’est tout d’abord et surtout se confronter le soi-même, se remettre en question systématiquement, se self-inquirer, se r’virer dans ses bobettes back and forth, se mettre les pieds dans la bouche et le rationnel dans les bottines, arrêter de se donner des breaks et de faire collusion avec soi, dans son propre dos… simplement être straight, face à soi-même… 100 %, all the way… pas de la ptite bière mais ça finit par payer…

et à ceux et celles qui l’ont relativement facile ces temps-ci et qui ont lu quand même jusqu’ici, profitez-en pour surfer, on sait jamais quand la vague casse !
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photo : street art germany

8 réflexions au sujet de « chronique réservée aux gens en crise – les autres s’abstenir SVP, merci »

  1. Avatar de Alain LeblondAlain Leblond

    Ombres…lumières…(un même tableau?)
    Quoi voir? Juste un côté…

    Empathie? Oui…mais pas dans la tête!

    L’automne va finir…et l’hiver revenir!
    Tout tourne, tout se transforme et change.
    Ça va pas…Pi ça passe? Ça passe toujours non??
    Pi ça continue….ça vie!
    Bonne soirée! Un bon respir…l’ombre est déjà moins sombre, un soleil se couche…pour mieux se lever ailleurs!
    Tale care!

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  2. Avatar de sylvainbretonsylvainbreton

    D’un point de vue philosophique et très égoïste (quoi que je trouve que le terme est plus que galvaudé, il est traîné dans la boue faussement) si on est pas là, si JE ne suis pas là pour prendre conscience de ce Monde … ben, il n’y en a pas de Monde. Qu’est-ce qu’on en sait vraiment ? Comment peut-on en discuter sans y être manifesté et être en pleine conscience de son existence. Peut importe ce que se passe dans ce Monde, nous sommes là pour en être conscient … ou il n’y a rien.

    De ce point de vue, être égoïste est la meilleure voie pour découvrir le Monde et être empathique à son existence, ses manifestations et ses mouvements.

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  3. Avatar de jackiejackie

    J’ai une passe V.I.P. pour les difficultés depuis un bon moment… Une passe privilège oui oui, qui me donne un droit d’accès illimité dans mes zones d’inconfort et qui me renvoie toujours au pays des ombres… tout ça gratos en plus! Non mais de quoi je me plains? Les montagnes russes, la maison hantée, la grande roue, le labyrinthe des miroirs… y en a qui payerait des fortunes pour être à ma place. En effet, je commence à ressentir de la gratitude pour tout ce branle-bas de combat, tous ces affrontements entre moi et moi… je m’assaille et reviens sans cesse à la charge, me squatte l’encéphale, me tord les boyaux et je pleure, non mais je pleure! Alors pourquoi cette reconnaissance pour toute cette souffrance? Parce que je m’adoucis, je m’arrondis, je reste assis, je ne cours plus, ne cherche plus, je suis ici présente et je me reçois ainsi… Ainsi soit-elle…

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  4. Avatar de PrashantiPrashanti

    J’ai tout nettoyé, ma maison est propre et v’là la journée qui est passée .
    Et v’lan sur le divan, le silence et la solitude , On se regarde en pleine face…
    Pis après…. On se réapprivoise…J’apprend à vivre autrement.
    Une de mes chatte est tout près de moi. Elle me tient au chaud.
    Le carillon chante dans la noirceur.

    Merci pour ton texte, une bonne nourriture pour un samedi soir.

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