neuvième digression de l’an 13… (s’éloigner pour se rapprocher)… 4/1
traduction maison : oublie ce qui t’a blessé mais n’oublie jamais ce que cela t’a appris..
c’est beau non ? et sage en plus… et tellement vrai… comme les plus simples évidences…
en effet, les plus grandes leçons de la vie nous proviennent souvent des expériences les plus difficiles, des événements les plus marquants, des défis les plus confrontants, des gens que l’on trouve les plus chiants, dérangeants et fatiguants…
les événements qui ont laissé des traces en nous, des marques sur nous, vivent encore en nous… tatouages d’apprentissage… traces au coeur, marques au corps, coups à l’âme…
les grandes leçons de vie vivent inscrites en nous… au fur et à mesure des crises, chocs, bouleversements et drames, elles se logent en nous comme des blessures de guerre, comme des souvenirs des temps durs qui nous font apprécier qu’ils sont plus mous lorsque digérés ces temps… car les leçons apprises durant les temps durs durent… toute une vie… nous suivent jusqu’à la mort du corps… résilience, alchimie, transmutation…
les bleus au coeur, les grand regrets (je sais, je sais, on ne doit pas avoir de regrets, mais au cas où, on se donne la permission OK ?), ce que l’on considère comme des erreurs, comme des gaffes monumentales, sont toutes des sources de rappel que la vie s’apprend parfois à la dure, par essai et surtout par erreurs, des erreurs qui n’en sont jamais vraiment en réalité…
ces temps-ci, je suis dans un marathon de correction des quelques 125 travaux de session de mes étudiant(e)s virtuels; je leur ai demandé, en 5-7 pages, de me parler de leur expériences de dépendance et d’addiction…
parmi celles-ci, plusieurs histoires marquées de combats, de cassages de marboulette, de souffrance, de challenges, de difficultés, de multiples pétages de yeule, de chutes et de rechutes encore plus nombreuses… toutes des expériences qui ont rendu ces hommes et ces femmes de coeur courageux, fort(e)s, pour la plupart d’actuels ou de futurs intervenants psychosociaux en devenir, riches de sagesse et d’expérience… utiliser sa bouette personnelle pour faire de l’art humain collectif…
moi-même qui a passé dans le tordeur nommé 2012, je me sens dorénavant plus mou, plus doux, plus humble et ample, plus perméable à la douleur de l’autre, à sa sensibilité, à l’humanité de mes frères et soeurs… une capacité que j’avais perdue au cours des années… je ne veux pas nécessairement retourner en arrière mais j’apprécie de plus en plus les leçons qui s’y sont cachées…
faut-il vraiment souffrir pour être belle/beau ? avoir mal pour devenir fort(e) ? pas certain de rien… et il y a là probablement des restants de catholicisme qui nous promettait le paradis à la fin de nos jours pour soutenir un maintenant exécrable dans cette croyance… mais au-delà de la philosophie, il restera toujours quelque chose des temps durs…
pas certain de rien mais en même temps, même si cela n’est pas absolument nécessaire, quand ça nous arrive d’avoir effectivement mal et de vivre des situations difficiles, de manger des claques sur la gueule par la vie ou par le monde qui l’habite, ça nous apporte quelque chose de précieux si on sait retirer l’essence de l’expérience… leçon de distillation à l’état pur…
l’adversité donne de la colonne, nous rend droit(e), digne même si parfois un peu dingue aussi… les bouts tough nous donnent du coffre, de l’étoffe…
donc je me souviens…
pas du bobo, mais de ce qui en reste… leftovers constructifs…

Curieusement, quand on observe le passé et ses séquences, l’adversité n’existe plus quand on a appris d’une expérience. Ceci devient un promoteur de croissance.
Alors, regardons le présent comme s’il était déjà passé … chaque pot sur la tête sera une source d’éveil ou de méditation profonde.
Alors, regardons le présent comme s’il était déjà passé
bonne idée
Comme la chançon :
Thank you for loving me.
Thank you for breaking my heart.
Je ne suis pas encore rendue à la gratitude…ou on peut appeler ça le pardon.