quarante-huitième pop-up /// 9/3/13
traduction : l’art n’est pas ce que vous voyez mais ce que vous faites voir aux autres…
– Edgar Degas…
la nature est probablement la plus grande des artistes… elle nous en fait voir de toutes les couleurs, notamment par des journées comme aujourd’hui… jaune, blanc, bleu… le vert s’en vient… mais à l’intérieur, des feux d’artifice multicolores…
pour créer des journées comme aujourd’hui, faut avoir un certain don… bravo univers, existence, dieu, la vie, peu importe ton nom d’artiste… impressionnant toute la vie qu’une journée de soleil de printemps peut insuffler à nos âmes… décidément, si les gens du sud se sauvent du pelletage, ils n’ont pas la chance de connaître cette facette printanière du soleil… nous sommes définitivement des jouisseurs printaniers ici… le coeur nous fond chaque printemps…
si j’ai choisi cette citation ci-haut, c’est que j’ai visionné à plusieurs occasions la vidéo des retrouvailles que j’ai insérée dans ma chronique de ce matin… quelque chose comme une fixation chez votre choniqueur… je ne sais ce que cette rencontre entre ces deux vieux amoureux me fait voir au juste mais assurément, toujours quelques larmes à chaque fois, sinon des sanglots…
j’ai retrouvé dans cette rencontre quelque chose que j’ai senti à la lecture de l’Amour aux temps du choléra de Gabriel Garcia Marquez… quelque chose de drastique, de fou aussi, et de beau et de passionné comme dans les romans d’Alexandre Jardin d’une certaine période… un type d’amour atypique, une amour qui dépasse le quotidien, un amour passif qui vit pour lui-même… un amour sans attente, un amour plein de l’absence de l’autre… l’amour de l’amour…

ce bout de vidéo que j’ai mis en lien ce matin est tiré du projet de Marina Abramovic qui s’est assise dans le hall central du MoMA à New York à raison de 8 heures par jour durant 3 mois (environ 720 heures au total) à regarder dans les yeux tous les visiteurs qui voulaient s’asseoir devant elle pendant une minute… totalement présente et en même temps, totalement vide, un bambou vide plein de vie… madame miroir… miroir qui, j’imagine, devenait de plus en plus clair au fil du processus…
ce type d’échange silencieux mais oh combien intense m’a fait penser au satori, intensif zen de 5 jours ou plus qui consiste à s’assoir face à une autre personne à la fois, par séquence de 40 minutes, et pour 5 minutes à la fois, chacun à se questionner sur un koan (une question sans réponse vraiment)… aucune réaction de l’autre à soi ni de soi à l’autre, qu’une présence à l’autre, qu’une fonction de miroir… écoute de l’autre, écoute à soi…
et m’est venue la réflexion que le zen est de l’art… une forme d’art martial… des samourais de la conscience… quand l’art rejoint la spiritualité et que le religieux est sacré…
et a poppé aussi la réflexion que l’art est multiforme, que l’art est éclaté, que l’art est partout… que l’art sort du cadre, que l’art doit sortir du cadre… comme ce projet inusité…
finalement, l’art c’est peut-être aussi et surtout la façon dont on vit notre vie… la façon qu’on pose chaque geste, le soin que l’on met à tout ce que l’on fait…
la vie est une toile… sortons nos couleurs…
dernière heure : je viens de trouver le lien vers la bande annonce du film:
