courrier des lectrices du vendredi saint

733869_162615907230772_1300307759_nsoixante-seizième pop-up /// 29/3/13

traduction de l’image : alternative à la cruxifiction traditionnelle… prendre son envol…

aujourd’hui, vendredi saint, je fais place aux mots de 2 lectrices qui ont laissé des commentaires hier… en tenant pour acquis que leurs mots étaient déjà publics, je me permet de leur faire place ici… alors place aux chronicolectrices… le chroniqueur est pas mal fier de la qualité de son lectorat 😉

un partage est plus informatif (du stock là Jackie, wow !), l’autre plus personnel (touchant Manon), et les deux très riches à leur façon… merci les filles !

Texte de Jackie

Inanna, antique Déesse-Mère chez les Sumériens, devient Ishtar chez les Babyloniens…

Toutes deux, dans la mythologie, sont descendues aux enfers, y furent assassinées et suspendues à un crochet pendant 3 jours et 3 nuits et, tout comme Jésus, elles ressuscitent ensuite et retournent à leur existence… Pendant leur séjour dans le monde souterrain, la terre se met à dépérir et aucune vie ne peut germer…

Déesses puissantes, passionnées, aux multiples visages, associées à l’autonomie et à la fertilité, agissant comme guides à travers les ténèbres de la mort et de la renaissance… féminités créatrices, agissantes et courageuses.

La version grecque du mythe s’appelle Perséphone, jeune fille qui fut enlevée par Hadès, le roi des Enfers. Dans cette version, Perséphone personnifie la Koré, l’aspect de la jeune fille chez la déesse. Son mythe illustre les cycles de la nature, car lorsqu’elle séjourne dans le royaume souterrain, la nature est en sommeil, alors que son retour sur la terre s’accompagne du début du printemps.

Dana, dans la mythologie celtique irlandaise, patronne des mères, des naissances et de la création, elle symbolise la fertilité, la richesse de la nature, et protège la famille, les enfants et les animaux. On la représente souvent sous trois aspects: la Vierge, la Mère et la Vieille Femme, elle est puissance, sagesse, amour et créativité infinie.

Flore, dans la mythologie romaine, déesse des Fleurs et du Printemps… Flore, ou Flora, trouve ses racines dans la mythologie grecque, où on la nommait alors Chloris.

Shaushka, 2300 ans avant J-C chez les Hourrites
Turan, dans la mythologie étrusque
Papa, déesse mère dans les légendes polynésiennes
Astarté, dans tout le Proche -Orient, 1800 ans av. J-C.
Tanit, déesse d’origine berbère
Athtart, en ancienne Syrie

Vénus, Aphrodites… toutes associées à la croissance et à la beauté du monde naturel, responsables de la floraison printanière, représentantes des multiples aspects de la condition féminine et de la fertilité…

Pâques est une fête de printemps qui célèbre le renouveau, la renaissance, la fertilité, la victoire de la lumière sur les ténèbres. Elle est fêtée depuis l’Antiquité… même chez les juifs

Pâque: fête juive (Pessah en hébreu) signifie: passer par-dessus

La fête juive de Pâques est l’une des fêtes la plus importante dans la religion juive, elle célèbre la sortie d’Égypte, la naissance d’Israël en tant que peuple, elle est la fête de la liberté, celle de la délivrance, de la fin de l’esclavage.

D’après la Hagada (livre de textes et rituels récité les 2 premiers soirs de Pessah) chaque juif à le devoir de se considérer comme s’il était sorti lui même d’Égypte.

Pessah s’appelle aussi la fête des Matzoth. Les matzoth sont des galettes de pâte non levée qui sont consommées durant la fête en souvenir du pain non levé emporté par les hébreux à la sortie d’Égypte. Durant la fête de Pessah toute pâte levée (appelée Hamets) est interdite, les juifs ne doivent même pas en posséder.

Ouf! J’aurais jamais cru en avoir autant à dire sur Pâques ;)

Merci Jackie
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texte de Manon

Pâques, renaissance, chocolat et tralala ! (Texte écrit l’an dernier à pareil date)

Vendredi saint et journée de lune pleine, de bedon rond et de passage. J’attends dans la présence mon petit fils à naître et dans la confiance que je puisse trouver dans ce passage pascal, l’humilité d’accueillir ce qui cherche à naître et le courage d’accepter d’entrer dans le passage pour laisser mourir le vieux, l’inutile. Car toutes naissances passe par des morts, petites et grandes.

Pâques en témoigne encore, car dans tout ce qui se marchande et nous est proposé en vitrine, dans le profane se trouve encore le sacré. Le sens de cette fête qui nous vient de loin et dont le sens ne s’est pas éteint, porté tant par les rites païens que chrétiens.

Pâques, célébration du retour de la lumière après de long mois dans la pénombre et les longues nuits d’hiver. Les fleurs de printemps, les jacinthes, narcisses, tulipes, nous rappellent que ce qui fleurit et sort de terre, encore neuf et fragile, vient de l’ombre, du centre. Que chaque fleur a mis du temps, engourdie dans le sol gelé, à briser la graine qui la retenait prisonnière, défiant la terre froide, cherchant la lumière et la chaleur pour enfin sortir de terre.

L’œuf de Pâques, le poussin en chocolat, nous rappelle que pour éclore, nous devons briser les coquilles qui nous enferment (même éthymologie qu’enfer, enfermement).

Mattéo, mon petit fils, nous rappelle la patience, l’attente, avec son arrivée qui tarde… Cette naissance qui ne devrait tarder, me rappelle encore une fois que nous devons mourir de ce cocon utérin et affronter le passage pour naître en ce monde.

Päques me rappelle que tout ce qui est à naître cherche un passage. En nous et en dehors de nous, le même processus est à l’oeuvre. La nature n’est qu’un rappel de ce que nous sommes, un miroir précieux dans lequel se regarder! La nuit, le jour, l’hiver, le printemps, la dormance, la renaissance, la résurrection.

En ce week-end de Pâques, aurais-je l’audace de faire le ménage du printemps, tant au dedans qu’au dehors, de regarder ce qui cherche à émerger, à briser la vieille coquille, à accepter le passage pour naître dans la plus grande fragilité, pour ainsi fleurir de nouveau et apporter mon parfum? Quest-ce qui doit mourir pour renaître ? Quelles parties de moi sont mortes, sclérosées sous la peur, le poids des années, des habitudes, des certitudes, des obstacles rencontrées, quelles parties de moi doivent renaître ?

Voilà ce à quoi Pâques me convie.  Je me souhaites le courage de la fleur de printemps à peine éclot, qui s’offre dans toute sa fragilité, me rappelant la force et la puissance de la vie et par conséquent, que la force et la fragilité sont des sœurs siamoises.

Joyeuses Pâques !

06 avril 2012

4 réflexions au sujet de « courrier des lectrices du vendredi saint »

  1. Avatar de Chantal DeslauriersChantal Deslauriers

    Génial Ati! Merci de partager ces très beaux textes et on reconnaît ici ta grande souplesse et ta générosité. On se voit pour le shaking dans quelques heures…
    Merci Jackie, je vais te relire car j’adore la mythologie…
    Bon vendredi Seins! 😉
    Chantal

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  2. Avatar de RaviRavi

    et pour compléter…. un peu de Tantra
    le rite du «Mariage sacré» où Inana la Déesse de l’Amour s’accouple avec un mortel, Dumuzzi un berger, à la Pâques le rendant divin et Roi……….
    les épousailles intérieurs
    la Déesse qui met l’Homme au monde à lui même
    et qui dit que Dieu est un homme?

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