le vent qui nous porte, nous emporte et nous emportera

1969243_792951180734565_457358446_n2.0 virgule 36 /// 23/2/14

chronique écrite au son de cette version sublime de la chanson de Noir Désir par Sophie Hunger… comme il y a longtemps que je ne vous ai offert une chronique multimédias mots et musique, écrite (et lue ?) au son de la musique, si ça vous dit, partez ce lien (qui ouvrira dans une autre fenêtre) et on se revoit ici en mots dits écrits tout de suite après (fort possible que vous ayez envie d’écouter plus d’une fois) : http://www.youtube.com/watch?v=AyUp1rnv7rY&app=desktop

traduction :  en vieillissant, tu réaliseras de plus en plus que l’important dans la vie n’est pas ce à quoi tu ressembles ou ce que tu possèdes, mais plutôt la personne que tu es devenue

on court tous et toutes après sa queue, hommes et femmes… car la queue dont on parle ici n’existe pas en tant que telle… qu’une queue imagée, une queue de chien innatrapable… la queue dont on parle ici est le temps, le bonheur, le nirvana, soi-même, la vie, ou son sens, l’inconnu… name it…

en fait, on court et on court mais on ne sait même pas après quoi… on court for the sake of running comme disent les marathoniensla vie comme un grand marathon… et quand c’est trop, on arrête pour un bout, on s’assoit, pour reprendre son souffle, mais rapidement, on repart… ou on s’occupe pour oublier car du surplace trop longtemps, ça ennuie et ça fait peur, ça indispose chose…

cependant, à l’intérieur de nous vit un enfant qui n’a pas vieilli, qui ne vieillira jamais… une âme juvénile…

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et qui se demande ce qui s’est passé…  réalisant que le vent passe et souffle sur nous, sur la vie, que le temps n’est que vent qui nous porte, emporte et emportera… ce temps volatile, impermanent, flowing, coulant dans le grand sablier existentiel… un grain à la fois… un appel à la foi…

un enfant qui n’a pas changé ni vieilli, son âme du moins, car même si le corps et les temps changent, l’âme demeure intact… un enfant dont l’âme est installée à demeure dans le poste d’observation à partir duquel on voit le monde, à partir duquel on observe la vie…

un enfant qui se demande ce qui est arrivé… ce qui est arrivé de toutes ces années qui filent, de tout ce temps qui passe, de tous ces gens qui nous quittent l’un après l’autre… en fait il ne passe pas vraiment le temps qui semble passer car on se retrouve toujours ici, maintenant, à faire du surplace… à courir par en avant pour toujours se maintenir maintenant… tannant le temps… tout le temps maintenant le temps…

pour ça que lorsque l’on voit nos enfants vieillir, notre corps se flétrir sûrement et inévitablement, que l’on voit les choses changer autour, en surface du moins, on ne saisit pas… car notre âme ne vieillit pas… que notre corps… toujours les même yeux, toujours le/la même observateur/trice…

et avec le temps qui ne passe pas mais qui passe quand même, se produit lentement et doucement et imperceptiblement le glissement, le passage du corps vers l’âme… le transfert du permanent vers l’impermanent… ce qu’on appelle parfois la maturité… avec parfois la peur de l’inconnu et de la mort qui émerge…

alors ?

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traduction : vivez une bonne et honorable vie… alors quand tu vieilliras et te remémoreras, vous pourrez en apprécier chaque seconde… – le 14ème Dalaï Lama

car il semble bel et bien y avoir une justice en ce dit monde… on a beau courir après l’argent et la gloire et la jeunesse, chaque soir, on se rencontre de nouveau, on revient à la maison, on se dénude du superflu et on retrouve le résultat de ses pensées, de ses actions, de ses réalisations…

et plus la vie passe, plus on mesure la qualité de ce que l’on semé tout au long de sa vie… c’est ce avec on s’assoit quand on prend le temps de s’arrêter, ce avec quoi on se couche à chaque soir…

et on peut courir par en avant tant qu’on veut, vient un moment où nos jambes ne supportent plus la cadence, ou notre coeur s’alourdit, vient un temps ou les masques tombent – bien ou mal – et là on réalise… un temps, un moment où l’on se rencontre face à face, âme à âme… et ce moment vient graduellement avec le temps qui passe… sans vraiment jamais passer…

alors lecteurs/trices, je vous souhaite de vous arrêter un peu, du moins de ralentir, et de vous rencontrer, de vous pendre dans vos bras et de vous retrouver… enfant, maintenant…

le temps nous porte, nous emporte et nous a emporté jusqu’ici… bon vent et bien aimé…

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… the answer my friend is blowing in the wind, the answer is blowing in the wind…
tra la la tra la lère…

7 réflexions au sujet de « le vent qui nous porte, nous emporte et nous emportera »

  1. Avatar de Édith BoutinÉdith Boutin

    Sans mot face à ce nouveau cadeau de l’aurore avec la petite fille
    du matin qui a joint ses mains en prière et s’est mise à danser.
    Nous ralentirons – en plein déménagement – pour la vie continuer
    à valser au gré du temps, au gré du vent. M’emportent tes mots.

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  2. Avatar de jackiejackie

    *un enfant dont l’âme est installée à demeure dans le poste d’observation…* Un enfant que, trop souvent, l’on opprime ou réprime pendant des années et qui, tout à coup, sort de sa cachette et revient faire des galipettes… Je ne cours pas après la jeunesse, c’est elle qui revient au galop, mon corps peut-être s’alourdit un tantinet mais mon âme elle, s’allège de plus en plus… Oui, le vent souffle et les ailes me poussent…

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  3. Avatar de Manon RousseauManon Rousseau

    De un, merci pour la toune, cette voix à la fois pleine de sensibilité, nue et fragile m’a touchée et et de deux, merci pour la réflexion qui tombe bien. Comme je suis actuellement dans la perte de quelque chose de précieux, je suis à même de mesurer (avec beaucoup d’humilité) et de récolter ce que j’ai semé dans les cinquante dernières années pour faire face à cela. Pas toujours facile. Bouddha aurait dit: «Je vous ai dit que ce serait simple, je n’ai pas dit que ce serait facile».

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  4. Avatar de Ravi/Jean-Claude CoutureRavi/Jean-Claude Couture

    vieillir me permet d’accepter…
    de découvrir c’est quoi aimer…

    de pressentir «le sens»…
    d’expérimenter tous mes sens…

    de lâcher prise sur mes jeux de pouvoir…
    de percevoir et d’accepter celle «des autres»…

    de me laisser pénétrer par ma recherche du bonheur…
    et ce que cela représente pour chacun, chaque peuple…

    en Ukraine les gens se «battent» pour une vrai démocratie…
    ici mes semblables chialent pour… ???
    ne pas se responsabiliser…???

    probablement que cela fait partie de l’apprentissage de vieillir…
    d’apprendre à se regarder… difficile de se dire oui…
    ça doit être l’autre, je crois que c’est l’autre, c’est sur que c’est l’autre, donc
    il faut qu’il change.

    j’aime bien cette phrase d’Eckhart Tolle
    «La pollution de la planète n’est qu’un reflet extérieur d’une pollution psychique intérieure, celle de millions d’individus inconscients qui ne prennent pas la responsabilité de leur vie intérieure.»

    je crois que nous créons notre univers, que nous sommes l’Univers et que tout ce que je vois c’est moi , intérieurement, dans mes zones les plus secrètes….
    je ne sais pas si c’est de la sagesse, mais je deviens lentement un peu plus sage

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