la grande pharmacie

1TCwuX19G1kPLV56bApm00fFtlRQpCH-48cYzvsFpbwles fous mots /// ••• \\\ nombeurre theurthi sèveune /// 26-7

OK trêve de guerre… pause de chaos… retour ici, à la nature pour se replanter les deux pieds sur mère… prendre refuge dans ce havre de paix… quelle chance on a de vivre ici mes ami(e)s… le minimum que l’on puisse faire pendant que le monde se chicane… apprécier l’espace paisible des environs… des privilégiés(e)s vous dites ?

depuis quelques semaines, j’ai entrepris un grand ménage du printemps des quelques âcres de ma forêt qui entoure mon ptit home… oui oui MA forêt à moi, MA comme dans c’est mon nom qui est sur les papiers légaux mais une forêt qui ne m’appartient pas, moi surtout qui lui appartient… c’est moi qui est chargé de prendre soin de cette belle grande verte… caretaker, un prenant soin

pas propriétaire de cette forêt le chroniqueur, sa propriété plutôt…

on a généralement tendance à penser, moi le premier jusqu’à récemment, que la nature peut prendre soin d’elle-même, qu’on doit la laisser aller sans intervenir, la laisser faire sa job de forêt par elle-même… mais après quelques années ici et plusieurs marches dans les bois, j’ai constaté que la nature avait besoin de mon aide… elle me le disait et moi je n’entendais pas… mais récemment j’ai vu, j’ai entendu…

car pendant mes marches, je constatais plusieurs arbres morts qui jonchaient les lieux, des arbres trop serrés qui poussaient en jaloux, ou pas du tout… quand 7-8 arbres poussent collés les uns sur les autres, ça ne fait pas des enfants forts…

alors il y a quelques semaines j’ai sorti ma scie à chaîne et vroum vroum vroum, je me suis mis à faire de la coupe ciblée… afin de faire respirer la forêt, la parsemer, l’éclaircir… et elle est contente… eh qu’elle est contente…

processus très inspirant que celui d’écouter la forêt et de la servir, de l’aider à pousser, comme on le ferait pour un(e) enfant, agir en allié… comme un jardinier dans son jardin… d’arbres…

pour les Asiatiques, il n’existe pas de distinction entre l’intérieur de la maison et l’extérieur… je commence à découvrir ce principe… car en nettoyant la forêt, c’est moi que je nettoie, c’est de mon intérieur que je prends soin… quand je prends soin de la forêt qui m’entoure, je prend soin de moi, puis de la terre, puis éventuellement de la vie en général… et en retour, la vie prend soin de moi… elle nous rembourse au centuple…

comme si couper, trimmer, émonder des parties mortes de la forêt des alentours contribuait à m’alléger moi-même, à ne conserver que ce qui est vivant en moi, à retirer les parties mortes en moi pour cultiver la vie, l’encourager, lui faire de la place, la soutenir… sylviculture générale, faire la culture de sa Sylvie intérieure…

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ySneGTq15CNQNwzirz4lh6Qk0lw_hVygepV6y4GTiEQla semaine dernière, quelques ami(e)s sont venus jouer avec moi dans les bois… ces quelques photos de mon ami Éloi (Brunelle) en témoignent… quel plaisir de jouer dans les bois ensemble… les cadets de la forêt… et mes ami(e)s sont repartis tout regaillardi(e)s, particulièrement les gens de la grand’ville pour qui le contact avec la nature est plus limité…

définitivement une belle et grande guérison que de jouer dans les bois… une grande pharmacie la forêt… un retour au bercail…

et la sylviculture est un grand maître car cette opération chirurgicale demande délicatesse, subtilité et sensibilité… qui suis-je pour intervenir sur la forêt ? pour intervenir avec la forêt…

on ne coupe pas sans responsabilité un arbre qui a mis des années à se rendre ici… on doit sentir la forêt, l’écouter et l’entendre car elle nous chuchote ce dont elle a besoin, elle nous dit ce que l’on doit faire, ce que l’on doit faire pour elle, pour la servir… pour ensuite la laisser faire… laisser faire la vie…

j’ai même remarquer que depuis que je prends soin d’elle, la forêt est plus heureuse, plus légère, plus d’oiseaux y viennent et y chantent, plus de lumière y filtre et nourrit la vie…le meilleur antidote à la guerre qui sévit un peu partout sur notre mère terre… prendre soin de la forêt donne sens à cette vie qu’on nous prête… suffit de travailler pour la vie… et la paix viendra peut-être un jour, un arbre à la fois…

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ci-joints, 2 documents relatifs aux arbres:

l’un formidablement inspirant, Forest Man, qui porte sur un homme qui a planté des arbres en Inde depuis 35 sur un espace dorénavant plus grand que Central Park:
http://laughingsquid.com/forest-man-a-short-documentary-about-an-indian-man-who-planted-a-forest-larger-than-central-park/

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l’autre, dramatiquement inquiétant, sur les feux de forêt qui sévissent au Nord:
10520822_10152567265475050_2296885188977608612_nhttps://www.hcn.org/blogs/goat/canadas-boreal-forests-are-burning-and-releasing-loads-of-carbon/view

noir et blanc, la vie, la mort, espoir et désespoir, et la vie continue…

Une réflexion au sujet de « la grande pharmacie »

  1. Avatar de Sharpie DouceSharpie Douce

    Belle chronique! Oui ça a fait du bien ce service à la forêt 🙂 J’avais été fiberglastée quand j’avais vu cette histoire sur l’homme qui s’était planté une forêt! Et il paraît que la « couche nuageuse » qu’on avait sur Montréal hier, n’était pas des nuages en fait mais des résidus des feux de forêt qui ont lieu dans le Nord 😦

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