miaow

10559702_669641073128950_2763422160621501712_nles fous mots /// ••• \\\ nombeurre sixti fort /// 5-9

traduction : tous les chats sont des libertaires… complètement dépendants des autres mais tout à fait convaincus de leur indépendance

nous sommes tous des chats, miaow miaow… oui tous et toutes des ptits minous et tites minounes vous et moi, moi zévous…

tous et toutes convaincues de notre indépendance et de notre autonomie, mais souvent inconscient(e)s de notre interdépendance envers tout ce qui vit, négligeant souvent notre interconnexion, de notre besoin face aux autres…

mais autonomie vraiment ? d’où viendra mon prochain repas ? et mes vêtements ? et ma dose d’affection et de chaleur ? non décidément, minous et minounes moi et vous…

car on a beau se penser indépendant(e) de corps, de fortune ou d’esprit, nous ne sommes qu’une infime partie de ce grand toutout… nous que petits minous… et grand grand ce tout tout…

car qu’on le réalise ou pas même si n l’oublie souvent, nous sommes intimement lié(e)s aux autres… par autres, je parle des gens, mais aussi de tout ce qui vit : animaux, minéraux, végétaux… tout ce qui vit en nous et autour de nous… dans l’infiniment petit et dans l’immensémment grand…

peut-être pas tant que ça quand on est jeunes et fringant(e)s, ambitieux et bien portant. mais en vieillissant, on s’en rend davantage compte… de ce lien d’interdépendance… avec la maturité du corps, on perd graduellement de notre minoutude…

tant que la santé va bien, tant que les revenus rentrent au poste (des dépenses), tant que les choses se déroulent relativement according to the plan, pas de panique en la cabane à minou… on ronronne, on se prélasse, on se fait allègrement les griffes sur les meubles de cuir, on ne mord pas la main qui nous nourrit…

mais dès que les fondations sont ébranlées, dès qu’un peu de sable s’insère dans l’engrenage, dès q’un chien rode dans les parages de notre minoutude, on réalise alors la fragilité de la vie et du même coup, notre interdépendance… notre besoin face au plus grand que chat…

les chats jouent cool en général, mais dans le fond, coupons-leur les vivres et ils meurent c’est pas trop long… finies les graines et les crottes qui sentent le fromage ou le saumon et la bouffe en canne qui arrivent par magie dans notre bol deux trois fois par jour et minou perd de son lustre et de sa superbe… on sort les griffes et on lève la queue… pour la ramener entre ses jambes…

et on est comme les chats souvent nous aussi… on oublie notre extrême fragilité, on oublie notre profonde humanité, on oublie que sans notre maître, ps de bouffe dans le bol… notre humanité fondamentale qui consiste à vivre, et à mourir éventuellement… à quitter ce corps auquel on a souvent même pas idée dans quelle mesure on y est lié et attaché… on tient son corps pour acquis, et la vie aussi… miaow…

on joue souvent cool aussi face à l’incertitude vous et moi, face à la mort, à la maladie, tant que les choses roulent rondement… on a l’impression d’être immortel(le) vous et moi, on joue à dieu… mais dès que la machine toussote, on est amenés à voir la fragilité qui sous-tend notre sentiment d’indépendance…

oui définitivement, miaow et re miaow…

on se croit dieux et déesses quand au fond, nous ne sommes que timinous… des gros minous, des timinous, des beaux minous, mais minous quand même…

on se pense chat sauvage, mais au fond on est chat de salon… même vous chers gros minous du 1 % qui carburez à la recherche du profit à tout prix, quitte à provoquer la guerre entre chats de ruelle… malgré vos minousdollards et vos griffes, que minous vous êtes, que minous… doux doux ! y en a pour tout l’monde… et pas parce que vous jouez avec des souris que vous n’en êtes pas moins minous… minous you too… sioux minous…

on s’imagine co-créateurs avec le bon dieu, me and god, mais au fond, la vie qui nous est prêtée nous sera éventuellement retirée… avant qu’on s’aperçoive que le prêt n’est pas éternel et qu’il porte intérêt… avant qu’on retombe sur nos pattes… et nous redeviendrons alors les vrais maîtres de la maison, de retour à la source, back home my friends… mais avant ça, vie de minou à vivre… ou 7 vies…

en attendant le retour au grand petshop, on a choisi de s’incarner pour apprendre quelques leçons… et j’imagine qu’on le fait du mieux qu’on peut à la démesure de nos moyens… mais il me revient à ma cervelle d’oiseau de ne pas oublier que minou pas minou, la vie en est une d’interdépendance et que chacun et chacune de nous est essentiel aux autres…

on vit tous et toutes ensemble dans ce beau petshop humain

miaow…

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