entendons-nous aho et fort

10714298_880000175366439_3755686662231345860_o1000énaire chronique(s)… compte à rebours /// 209 et ça monte – et ça descend…

m’entendez-vous ? non ? pourtant j’écris fort… je tape tape tape avec vigueur sur mon clavier… depuis 3 ans que je hurle mes mots silencieusement… passivement… humblement… humble le chroniqueur car il ne sait que trop bien que ce n’est pas parce qu’on écrit qu’on a nécessairement quelque chose à dire… en criant ou en silence…

certains n’ont rien à dire et ils le crient quand même, ils les crient quand même ces mots de rien, ils écrient quand même ce trop plein…

prenez moi par exemple… prenez mon cas… car je suis un cas… je suis très cas… j’écris, j’écris, et pourtant… je ne fais que lancer mes mots dans le vide du cyberespace sans avoir l’impression qu’ils ne fassent du bruit… ou du silence… qu’ils en fassent, ou pas, du bruit, que cela changerait-il ? mais s’ils font du silence, ils auront atteint leur but…

car mes mots ne veulent que se faire calmes, ils ne clament rien… calme chowder…

j’exprime ces quelques mots parce que ça sort, parce que ça pousse, juste parce que… et même pas besoin de pourquoi… on hurle en silence parce que les mots nous poussent au cul et nous ouvrent la bouche, et le sac à mots… un grand scrabble la vie… qu’on fasse des points ou pas avec nos gros mots, pas grave… l’idée c’est de jouer… avec les mots, avec les lettres, et le silence entre elles… car le silence est le plus payant…et qui perd gagne…

10653697_854079224624144_5858796062892994630_ncar en effet brother Dass, nous sommes fascinés par les mots, mais c’est dans le silence qu’ils cachent que nous nous rencontrons, que nous nous rejoignons…

Osho disait la même chose, il a parlé pendant des années, a prononcé des milliers de discours mais son but était de nous faire taire le mental… alors il utilisait les mots pour nous garder la tête occupée pendant qu’il s’adressait à notre âme, notre coeur, notre essence… probablement toujours la job d’un vrai maître… contourner le mental pour atteindre l’essence, le centre véritable de l’être… le sens unique…

ces centaines de chroniques que j’ai rédigées depuis des années, à quoi ont-elles servi ?

principalement à faire de la place en moi, à me libérer, à m’aérer le cerveau et le mental qui est son corollaire d’une certaine façon… un homme et son péché, un cerveau et son mental… pourtant quand on dit mental, le primer mot qui vient c’est malade… ou santé… c’est selon…

alors peut-être bien que si écrire c’est hurler en silence, lire c’est écouter haut er fort ? les yeux, les oreilles et le coeur ouverts… et l’esprit non moins… car les multiples sens des mots ne s’entendent que dans le silence de l’âme…

puisque les mots écrits sont hurlés en silence, on doit les écouter silencieusement, les lire les yeux fermés… mais le coeur ouvert… et l’esprit non moins…

mais comme moi je suis l’écriveux dans ma tête dans ses folies motesques, je ne peux me prononcer pour vous… je ne sais comment vous recevez ces mots, mes mots, nos mots… qui ne sont pas miens car vous les faites vôtres dès que vos yeux s’y posent, dès que vous les attrapez… je suis l’auteur compositeur, vous êtes l’interprète et leur prêter sens… et alors mes mots et vos mots se confondent, s’entrelacent, se fusionnent, par osmose, par alchimie… et deviennent nos mots…

car le silence découle de ces mots, le silence glisse et coule entre ces mots qui nous relient… mes doigts se délient, ma langue se déplie – et se tourne sept fois dans la bouche de mes canons à mots – avant que mes doigts ne tapent sur le clavier de la vie… et ne vous rejoignent, qu’ils ne volent jusqu’à vous, dans le fracas du silence qui nous sépare…

alors lecteurs/trices, c’est la nuit ici, c’est la nuit maintenant… et encore une fois, les mots voyagent jusqu’à vous… peut-être ont-ils servi à faire le vide, à liquider le trop plein alphabétique qui bloque la voie à Dieu… l’implosion explosive et intempestive de ces quelques centaines de mots n’a fait que vider la tasse un peu plus… la remplir un peu moins…

alors qu’un peu plus vide, qu’un peu plus propre, qu’un peu plus silencieux…

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