1000énaire chronique(s)… compte à rebours /// 180 et ça monte – et ça descend…
132 enfants tués… intentionnellement… assassinés… un carnage de la part de barbares barbus qui se disent religieux… des fous d’Allah… quand on doit tuer pour prouver son point, pas fort le point… Wo là les boys !
je voyais hier des photos de gens tenant des affiches en lien avec cet événement et qui disaient ENOUGH ! et en moi ça criait TOO MUCH ! bien trop de morts déjà, trop de folie, trop d’extrémisme, religieux ou en quoi que ce soit… trop de trop… trop c’est trop…
mais comment on fait pour vivre en ce monde en sachant que des événements aussi sombres se produisent ? comment on continue à vivre en ce bas monde – bien bas ce monde, de plus en plus bas on dirait parfois – dans lequel on tue les enfants ? notre avenir même… peut-on se qualifier d’humain(e)s ? et comment on explique à nos enfants que c’est ce monde qu’on leur laisse ?
il faut dire on et pas eux… car c’est notre monde, nous sommes tous responsables de ces folies… un septmilliardième (1 / 7 000 000 000) de la grande responsabilité humaine… des bonnes comme des moins bonnes choses… infime partie de ce grant tout… on en fait partie, on en est une de ses nombreuses parties… petit morceau de ce grand tout…
alors qu’est-ce qu’on fait ? et comment on le fait ? on commence quand ? par où ?
car devant de tels drames qui dépasse l’entendement, des drames qui repoussent les limites du dégueulasse, de l’incompréhensible, de l’écoeurement devant la bêtise humaine, on ne peut rester insensibles…
certains repoussent ces événements, les nient, les tassent de leur conscience, les minimisent, les rationalisent en affirmant que cela se passe ailleurs et que l’on ne peut rien y faire, ce qui aussi partiellement vrai… que peut-on y faire ?
mais en même temps, on ne peut couper complètement ce que de tels événements suscitent et éveillent en nous… on se doit de garder vivante en nous cette capacité de s’indigner, cette sensibilité qui va nous forcer à trouver des solutions à ce drame humain qui se déroule devant nous… même si ailleurs sur la planète…
on peut jouer au gourou et prétendre que c’était le karma de ces enfants de mourir dans de telles circonstances, que la vie en a décidé ainsi, ce qui est évidemment le cas puisque cela s’est bel et bien produit, mais comment continuer à vivre en sachant que ces événements se produisent sur notre belle verte ? cette belle grande verte qui vire de plus en plus au brun à la lumière de tels désastres…
pas facile d’absorber de telles nouvelles et de rester ouvert(e), sensible et conscient(e) de ce qui se passe à tous les niveaux… de rester humain, humble mais en même temps responsable, et intéressé(e), et concerné(e)…
une des solutions pour ne pas être touché(e) par ces drames est d’arrêter complètement d’écouter les nouvelles, de se couper de cette source de mauvaises nouvelles…
une autre est de garder ça au niveau intellectuel, et de se trouver chanceux… de se frotter le nombril et espérer que ça continue…
mais au-delà de tout ceci, on ne peut que continuer ce chemin qui est le nôtre… notre chemin personnel, et faire du mieux qu’on peut autour de soi… et ce chemin commun, le grand chemin sur lequel nous marchons toutes et tous… ce grand chemin qui mène toujours ici, toujours à nous, toujours à maintenant… là, ici, où nous vivons tous et toutes. une respiration à la fois…
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« Inhale and God approaches you. Hold the inhalation and God remains in you. Exhale and you approach God. Hold the exhalation and surrender to God. »
~ Sri Tirumala Krishnamacharya, The Yoga of Breath via Anita Bensabat
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Je marche la tête vide de tout dans des rues pleines de rien. J’ai depuis longtemps perdu mon chemin en confiance de ce qu’il me retrouvera où que j’irai. À chaque tournant, la cacophonie des sentiments et le frémissement du vivant.
Voilà l’hiver en dedans qui vient poser sa bouche glacée sur la mienne et me réduit au silence tandis que je lis, dans ses yeux vifs, la promesse d’un autre printemps. – La joie d’être un âne
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“A human being is part of a whole called by us ‘the universe’, a part limited in time and space. He experiences himself, his thoughts and feelings as something separated from the rest, a kind of optical delusion of consciousness. This delusion is a kind of prison for us, restricting us to our personal desires and to affection for a few persons nearest to us. Our task must be to free ourselves from this prison by widening our circle of compassion to embrace all living creatures and the whole of nature in its beauty.” – Albert Einstein

Merci cher Ati. X
Pas sûr que ça va en empirant, juste se rappeler l’hypothétique massacre des Innocents relaté par l’évangile. Il y en a eu et il y en aura d’autres. Le monde piétine.
J’aime beaucoup votre humanité monsieur Dion, je ressens si souvent impuissance, indignation, peine parfois immense et je ne veux ni me désensibiliser ni expliquer, je veux continuer à me sentir connecter et solidaire de mes frères et sœurs en ce monde sans être submergée par le mal. Me vient cette phrase immense de Christiane Singer qui dit:«C’est lorsque l’on a touché sa misère profonde, le fait qu’en chacun de nous est le pire et le meilleur, quand on reconnaît que tout ce qui est en ce monde est aussi en moi. Ça aussi, c’est moi. Dans l’audace de se regarder, se produit quelque chose qui est de l’ordre de la grâce et l’on peut dire tel St-Jean : « Il est mort le juge de mes frères». Dans chaque être, aussi criminel soit-il, il y a cette icône de Dieu, même le mal contient quelque chose de divin. J’ai la même compassion profonde pour les bourreaux que pour les victimes». Elle m’est difficile aujourd’hui la compassion pour les bourreaux.
aho Manon