la mort, la mort, la mort

Marie.A.Listur
(illustration : Marie. A. Listur)

1000énaire chronique(s)… compte à rebours /// 178 et ça monte – et ça descend…

depuis quelque temps la mort me rôde autour… elle me frôle, me chatouille, se présente à moi… elle me fait des tatas dans le rétroviseur… youyou… tourlou… see you… plus ou moins soon…

mon meilleur ami se bat contre le cancer depuis l’été, ayant commencé chimio et radio récemment…

un membre de ma famille rapprochée qui souffrait trop s’est enlevé la vie il y a quelques semaines…

un bon ami qui vit en Europe et que j’ai connu dans les années 1980 a récemment fait une crise cardiaque pour ensuite passer plus de 10 jours dans un coma contrôlé, pour finalement émerger la semaine dernière…

trois rencontres avec la mort, trois approches différentes face à la grande faucheuse… l’un se bat contre, un autre la choisit et s’y lance et le troisième s’est saucé les pieds mais est revenu… lutte à la vie à la mort, oui de l’autre bord et peut-être que oui peut-être que non…

et nous, simples mortels tout ce qu’il y a de plus vivants pour le moment. mais aussi de plus en plus à moitié mort(e)s à force de la frôler, de la croiser, de l’apprivoiser de loin, on apprend à la respecter, à la contempler, à la saisir avant qu’elle ne nous saisisse nous aussi… car elle rôde… patiente, attendant le bon moment, le seul moment…

avec les années qui passent, la mort de fait de plus en plus présente, de plus en plus probable, de plus en plus proche… elle se rapproche de nous, elle fauche nos ami(e)s, les membres les plus âgés de nos familles, des connaissances connues et inconnues…

même les personnalités publiques que nous ne connaissons pas qui partent emportent avec eux et elles une partie de nous à chaque fois… sioux soon Gilles Latulippe, Jean Béliveau et Paul Buissonneau… vous entre autres mais tous les autres…

quelle coquine cette mort, quel copain ce passage obligé… on passe sa vie à l’éviter et pouf ! quand ça se passe, on est tout surpris que la mort nous attendait patiemment a bout du quai…. elle, inévitable, nous, l’évitant du mieux qu’on peut… mais en vain…

on vit souvent comme si la mort n’existait pas… on ne veut pas la voir, on ne peut pas la voir… on se bouche le nez devant la mort… car la mort se sent…

on ne parle pas de la mort habituellement… non la mort est silencieuse, la mort est aveugle, la mort est sourde parfois aussi… la mort est invisible…

mais vient un temps dans la vie où l’on décide de s’assoir avec la mort, on l’invite à prendre le thé et à se regarder les yeux dans les yeux, se regarder en pleine face… face à face avec la mort…

elle qui choisit de rappeler parfois des gens autour de nous, alors que certains la choisissent car la mort, elle peut se faire choisir aussi… pas qu’elle qui décide… pas toujours en tous cas… car oui elle peut se faire désirer la mort… on peut la prendre entre ses propres mains…

quand ça fait mal, un peu, beaucoup, trop, c’est elle qui se manifeste comme ultime réconfort, c’est vers elle que l’on se tourne pour tenter d’alléger la souffrance… souvent seulement en pensées, parfois un peu plus sérieusement… quand on ne sait plus où aller, on l’invite, pressé(e)s d’aller voir ce qui se cache l’autre côté du rideau… rarement, souvent, on ne veut pas nécessairement mourir, on ne veut qu’arrêter de souffrir, avoir mal…

en fait, on meurt tous et toutes un peu à chaque jour… à chaque soir en fait… quand on verse dans le sommeil… à chaque fois qu’on dépose notre corps sur notre lit de vie, on passe temporairement de l’autre côté du miroir, on se tasse dans le tiroir… sans savoir si on reviendra… quel acte de foi que celui de s’endormir… in God we trust…

alors madame la mort, merci de nous apprendre que tu es là, comme une mère porteuse, patiente, sécure, enveloppante, soulageante… tu nous permets de vivre totalement, en attendant de nous abandonner dans tes bras… tu es notre repos ultime au bout du chemin de la vie… pas une menace, ni une promesse, simplement une escale que nos ami(e)s et proches qui sont rendus nous ont permis d’apprivoiser…

alors madame la mort, merci de nous laisser deviner l’autre vie qui se cache derrière le miroir, l’autre vie qui se cache devant toi… merci de servir de garde fou qui nous rappelle de vivre totalement cette vie-ci, la seule que l’on nous a prêtée pour le moment…

respect pour toi ma belle faucheuse…

amor amor amor la mort… I see you

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du wow de mort:

https://www.facebook.com/video.php?v=900636406631501&set=vb.207517135943435&type=2&theater

9 réflexions au sujet de « la mort, la mort, la mort »

  1. Avatar de Édith BoutinÉdith Boutin

    Touchant… A-mor… à côté de la mort si je me souviens bien… merci Ati pour tes mots sans cesse si touchants et reflétant de belles… réflexions miroitant la Gratitude de Vivre totalement.
    Ah ah! Monsieur minuscule et Madame Majuscule… hi hi!

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  2. Avatar de RaviRavi

    des fois j’ai l’impression que la mort vient me visiter et me demande «veux-tu vraiment vivre?»;
    et elle attend ma réponse…..

    je regarde mes essaies plus ou moins fructueux, ma perspicacité à trouver mon chemin vers le retour de ma santé, et je peux dire aujourd’hui que oui «je le veux»….

    …cela m’a permis de saisir le «Notre Père» que j’ai appris par cœur à l’école, et que je me souviens encore un peu, mais que j’ai tenté d’effacer de mon disque dur, sans succès……..
    …«le» donne nous notre pain quotidien …. et bien pour moi, c’est ….«donne moi aujourd’hui ce que j’ai besoin pour aujourd’hui pour avancer sur mon chemin »

    alors je ne peux que vivre le moment présent, peut importe mes visions, mes désir pour l’après maladie, la musique, le thé, les voyages, mes amours……
    expérience de vie de lâcher prise, de gouter mes amitiés, d’admirer la beauté de la nature, de recevoir l’aide qui m’est offerte , de dire oui, d’accepter d’être très vulnérable.

    en chimio jeudi j’ai vu des personnes seules (alors que j’étais accompagné par 2 de mes filles) , des personnes pas mal plus maganée que moi, et des infirmières qui gardent le sourire, et tente de nous rendre la vie plus facile

    dans ce monde de plus en plus pollué je tente de me purifier dans les aspects de ma vie…. oufffffffff

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  3. Avatar de Prashanti.Prashanti.

    Peur , angoisse secrète qui habite mes viscères.
    Elle est ici la mort .
    Et aussi la vie.
    Souffle de vie qui m’habite encore.
    Je respire .
    Je vis.

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  4. Avatar de JohanneJohanne

    je suis en train de faire le ménage de mes courriels et je «flush» beaucoup sans lire.. annonce de baby Gap ,Joe fresh , toy u rus, kijiji… car plus le temps de me déplacer depuis que je suis grand-maman à temps plein, mais je flush car pu de money! et plus de besoin propre à ceci non plus. je flush et je me désabonne de tout ces intérêts que j’ai pas le temps de lire vraiment et qui encombre ma boîte courriel ( site de photo, lectures philosophiques, musique) que j’ai pas le temps de prendre soins et/ou de développer pour le moment et c’est ok. Rendu à ton courriel sur la mort, je l’ai ouvert. Merci pour ce texte tellement vivant, touchant!! Je suis souvent impressionner par la facilité des mots qui sort de ton cœur qui pour ma part ne te côtoie pas assez souvent à mon goût pour le ressentir et le toucher comme que j’aimerais quand je suis physiquement présente pour différente activité. La lecture de tes textes m’apporte beaucoup et me permet de me ressentir et m’invite à m’intérioriser à ce besoin en moi. je te remercie pour cette générosité d’ «éparpiller» ton âme sur le net!

    La mort nous attend tous au bout du chemin, de notre chemin car on ne sera peut-être pas pris dans les normes dites normal … qui sait? mais elle nous attend. Ça me rappelle de faire la paix avec elle de mon vivant et de ne pas laisser mon angoisse face à celle-ci de faire une course contre la montre.. car c’est énervant.. ceci me rappelle de prendre soins de moi davantage pour quand même pas courir après elle non plus prématurément en laissant le stress, la peine, les attentes et l’ego être le maître de mon chevalier. En fait, j’y pense plus souvent à cette dame imprévisible,en devenant maman à nouveau toute cette question de la mort m’interpelle bizarrement car j’aimerais bien être encore là quand ma petite fille aura 20 ans et j’aimerais bien sûr me garder jeune pour l’accompagner dans ces instants important pour «prendre un enfant par la main» qui auront lieu et aurons lieu encore. Faire la paix, quitter les côtés dépendants que j’ai qui nuit à mon cheminement, à mon épanouissement. C’est un texte qui a renforcie ma détermination de comment je veux choisir de vivre mon moment présent. Merci.

    Bonne Année Ati!

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