Archives pour la catégorie les offrandes du quêteux…

nouvelle étape, novembre 2012

voir dans le noir…

septième offrande 18/11 (32 jours avant le 21 décembre… tac !)

salut noirceur, bonjour lumière, allo lecteur/trice… salut l’ami, salut lumière…

la nuit… noire, sombre, vide, rien… puis ouvrir les yeux, même dans le noir… ouvrir les yeux surtout dans le noir car c’est là que la lumière s’y loge, s’y réfugie, s’y enfouit et s’y cache… la lumière est dans le noir comme la perle est dans l’huître… dans le noir du fond de mer…

ouvrir les yeux et tenter d’y voir, y voir clair, y voir noir, y voir de plus en plus gris de petit à petit, regarder en l’air, regarder par terre, r’garder d’travers… pour simplement fermer les yeux et voir à-travers, voir dans le noir, l’obscurité, le néant, le vide et le rien, le flou et le plein… voir dedans, voir l’obscurité, oser voir l’obscurité, oser voir son obscurité… sa noirceur et son ombre… mais pas d’ombre sans lumière… regarder pour y voir… et y perdre son regard…

plonger en soi, y boire sa noirceur, s’y perdre, s’y lover, s’y purifier, s’y mélanger, y abandonner ses sens et ses croyances…. boire la lumière, noire ou blanche, jusqu’à plus soif… jusqu’à plus croire… en soi et par choix… étancher sa soif et faire son rapport au grand boss, à soi-même, au néant… se gaver de noirceur puis se gaver de lumière, la laisser passer en soi… la laisser nous lover, nous laver, nous brûler…

toute sa vie durant, on cherche la lumière en dehors de soi, on cherche la switch… on cherche la switch ON mais c’est la switch OFF qui compte, qui sert à nous ramener en soi… alors que c’est la lumière du dedans dont a besoin pour voir… voir l’essentiel, ce qui compte et surtout ce qui ne compte pas, ce qui nous aveugle… alors que la lumière du dehors ne fait que nous boucher les yeux, nous fait penser que ce que l’on doit voir se situe à l’extérieur, dans la grande illusion quand au fond, on ne voit rien hors de soi, on ne rêve que de soi… on ne peut voir que du dedans… voir le rien du dedans… mais le chemin est sombre avant de se rendre à la lumière… et requiert courage et foi… et peut-être qu’il n’y a pas de lumière… pas de garantie…

car dehors, tout ce que l’on peut voir, c’est du dehors, de l’autre, de l’étranger, du non-moi… oh oui, on peut voir bien de la beauté en dehors, certainement, dans la nature, dans le ciel étoilé, tiens un enfant qui rit et une madame qui prie ! mais, au fond, beaucoup de distraction et de divertissement out there… au fond, ce n’est que soi que l’on voit out there anyway… alors au fond de soi…

car le vrai film, l’ultime comédie dramatique ne se passe qu’en soi, l’écran est au fond du gouffre, le géant, le grand, le creux, 3 D, Imax etc… l’écran le plus vrai et le plus épeurant… alors fermer les yeux et perdre le focus, plonger son regard et accepter de ne rien voir pour un temps… indéfiniment… éternellement… jusqu’à ce que le focus revienne… ou pas… dans cette grande comédie, nous sommes l’écran et le/la projectionneur/niste…. et l’ensemble des acteurs/trices, et producteur/trice et réalisateur/trice et le reste de l’équipe…

alors plonger son regard en soi, dans le noir, dans le sombre, dans le dense, comme en trance… et accepter cette cécité, temporaire ou permanente… pour développer un autre type de regard… fermer les yeux pour voir, finalement… voir ce qui compte, voir au-delà du conte pour enfants, cette belle grande histoire inventée qu’on n’arrête pas de faire jouer, pause play pause play… pour possiblement finalement découvrir le grand jeu qui se trame derrière l’écran… faire équipe avec le gars des vues, pas la ptite vue, la grande, la belle histoire qui ne se termine jamais… et qui n’avait d’ailleurs jamais commencé…. et qui se poursuivra toujours…

the end…

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image : thomas keller

tous et toutes connecté(e)s ? vraiment ?

sixième offrande 17/11-2 (toujours 33 jours avant le 21 décembre… poim !)

les mots poussent et toussent en ce petit samedi matin de novembre… alors écrire et lire we go again… car la question se pose, se dépose et s’impose, pas reposant…

vous, vous vous sentez lié(e) au reste du monde ? le sentez-vous ce lien ? vraiment ? souvent ? de quelle manière ? comment ? dans votre corps ? dans votre tête ? dans votre esprit ou votre âme ? dans chacune de vos cellules ? chanceux/se !

car moi je ne le sens pas ce lien… si je suis sincère, je ne me sens pas vraiment lié au reste du monde, ne l’ai jamais vraiment senti… je me sens plutôt coupé du monde, à part ce blogue… lien virtuel… assez pour faire la job ? so far so good…

en effet, pour être sincère, moi je vis dans mon monde à moi, un monde que j’ai créé depuis toujours, même avant que je ne le sache… sans même m’en rendre compte j’ai créé mon propre petit monde… un monde à part… un monde à part et à partager comme le dit le slogan de Val-David… mon monde à partager au monde…

je vis dans ma maison, dans mon bois, sur la Montée Gagnon, dans ma tête, dans mon mind, dans mon imagination, parfois dans le reste de mon corps, dans mon coeur parfois aussi, surtout quand ça bouge en dedans et que je décide de le sentir…

je ne suis que dans ma vie à moi, ma vie en solo qui, en principe, vous inclut, vous qui lisez ces quelques lignes, vous et le reste du monde… ça vous inclut mais seulement parfois, un peu abstraitement, floument…

mais un monde aussi duquel vous êtes la plupart exclu(e)s… désolé mais vous ne faites pas partie de mon monde… pas que je ne le veuille pas, tout le monde est welcome… et je ne crois pas que, moi non plus, je vis dans votre monde… chacun son monde… dans le même monde… petits mondes…

même si on se porte dans nos coeurs l’un l’autre, même si l’on pense les un(e)s aux autres, même si on s’intentionne positivement les un(e)s les autres, même si on sait avec notre tête que nous sommes une seule et grande famille d’humains et d’humaines, sommes-nous vraiment en lien réel grâce à ces idées ? gros doutes de mon côté… mais je veux y croire… sincèrement…

car pas mon expérience la plupart du temps de sentir ce lien concret avec vous, le monde… parfois, dans le temps où j’ingérais des substances, je le sentais ce lien, ou du moins je croyais le sentir… je le voulais fort… et parfois, je sentais la frontière entre moi et le reste du monde se fondre en moi, hors de moi… ou du moins je croyais le sentir…

mais à frett comme ça ce matin ? je suis plutôt full dans mon ptit monde à moi… full foule en moi-même… ce qui laisse peu de place pour vous car je prends toute la place en moi… en ce moment du moins… mon assiette est pleine de moi-même, avec moi-même… et je ne veux pas me remplir d’autre monde quand le mien est encore à trouver… et à retrouver…

puisque bien en verve et en forme ce matin, je me permets de vous lancer un défi :

convainquez-moi que nous sommes un, connecté(e)s vous et moi et tous les autres, prouvez-moi que nous formons un grand tout… car quand ça brasse en dedans, quand le feu pogne, au cul et au coeur, quand les limites se ferment sur soi, que ce soit réel ou illusion, le grand tout n’est pas la première réalité à se manifester…

tous et toutes uni(e)s dans ce grant tout ? un beau concept, sûrement… une belle idée, for sure…  mais notre expérience réelle vraiment ? parlez-en à quelqu’un(e) au seuil de la mort ? ou aux palestien(ne)s qui reçoivent des bombes sur la tête en ce moment même… alors SVP arrêtons de nous faire des accroires… ce que j’ai fait si longtemps moi-même… bull…

que de beaux mots sages sur cette grande connexion n’ai-je moi-même prononcés… qui semblaient encore plus vrais quand je les prononçais publiquement… les oreilles des autres me servaient à me croire… tout sonnait juste dans mes beaux mots… que de belles citations aussi j’ai postées sur mon mur… tout sonne juste et vrai dans ces beaux discours, mais ce n’étaient pas mes propres mots, ni les vôtres, ce sont ceux des autres… et dans ces mots des autres, tout fait sens, tout se tient…

et justement là le problème ! tout se tient, et nous retient, alors que la vraie job de bras implique plutôt de défaire, déconstruire, démolir, blaster… se libérer, se tordre le sens, se désensé, se nonsensé… couper ces liens avec le passé, avec les croyances et les idées non fondées sur l’expérience directe, vides de sens si non senties… laisser aller nos certitudes –  pas certaines du tout – et oser se mettre à nu devant la vie, devant soi-même…

tous ces beaux mots que j’ai prononcés et que je lis sur FB ne sont rien d’autres qu’une liste d’ingrédients décrivant un succulent plat à déguster, plusieurs portant d’ailleurs sur ce grand lien… mais très loin de mon expérience à moi je l’avoue… pas faux, ni insensés ces beaux mots… mais tanné du menu moi… j’ai faim ! je veux manger la vie !

car même si très appétissant ce menu, ça ne remplit pas ma panse… j’ai l’appétit plus grand que je pense, plus grand que ma panse… plus de mots empruntés, je préfère mes ptits mots à moi que les mots des autres… mon silence à moi pour remplir ma propre panse… tous ces mots des autres qui ne font que remplir mon vide à moi… ma machine à penser qui a besoin de viande fraîche pour rouler sur elle-même et s’emballer… les mots que tout le monde pense… mais encore… moi je veux les dépenser les mots…

alors si vous pouvez m’aider et me prouver que we are all one, bienvenue !  je suis sincèrement ouvert et prêt à vous croire, mais pas sur paroles empruntées… je veux vous croire sur parole, votre parole à vous, sur votre propre expérience… en fait je ne veux pas vous croire sur parole, mais plutôt goûter à votre vérité… à tout de sweet…

image : Anonymous ART of Revolution (vai Facebook)

et vous, quand vous envolerez-vous ?


cinquième offrande 17/11 (plus que 33 jours avant le 21 décembre… yo !)

ouain, heavy le chroniqueur à matin ! quand même c’est samedi, donne-nous un break le quêteux ! offre-nous un ptit sujet mollo… slack tes grandes lancées existentielles…

mais admettez que la question se pose ! samedi ou pas… d’ici, du milieu de mon motton du moment, je réalise ce matin comme jamais auparavant que moi, c’est exactement ce que j’attendais, cette période de crise-ci, pour commencer à vivre à la verticale, sans lendemain, à vivre ce moment, puis l’autre, et l’autre, et l’autre… un coup d’aile à la fois… mais on va se l’avouer, si j’avais eu le choix, je serais encore passer à côté volontiers cette fois-ci… si la distraction avait encore été une option, j’y serais allé all the way… encore une fois…

car pas si simple quand même de brûler en soi, de vivre en état de crise au quotidien… sans vouloir se pitcher en bas du nid avant que l’oisillon ne soit prêt et qu’il ait atteint maturité… mais on s’y fait… le feu brûle le superflu, le crise devient routine, la crise devient état, temporaire, semi-permanent et puis finalement, le nouvel habitat…

j’étais  dans cet état l’hiver dernier, sur le point de mourir, mais j’ai choisi de revenir dans le mode wait and see… pour me perdre de nouveau dans le rêve, d’une relation, peut-être même d’une nouvelle famille, d’une carrière, de projets futurs, d’un ailleurs meilleur, d’un plus tard pétard, plus fort, plus wow…

mais en ce second tour de piste, il semble ça ne fonctionne plus… plus possible de procrastiner, de postponer, de remettre à plus tard… la vie me le met dans la face, drett en-dessous du nez… tiens ! dans les narines le quêteux, sens ça… alors depuis quelques temps je marine dedans… et je continue… et ça brûle et ça consume… et ça s’allège…

ces jours-ci, je ne peux plus en sortir, ne veux plus m’en sortir, je plonge, j’ai le pied gauche dans la marge, le droit sur le marbre… et le chroniqueur a le nez dans sa barbe… alors plus le choix le quêteux… plus le choix d’ouvrir tes yeux, d’ouvrir ton nez, fouiller ton âme inside down et regarder, enquêter, pousser la quête à son plus bas fond… jusqu’au fond du baril, jusqu’au bout du tapis, au-delà du ati… last call… c’est le temps de vivre… terminus ti-gars et prend ton envol…

tout remettre en question sans chercher de réponse… tout lancer en l’air et voir ce qui retombera… ou pas… la route s’arrête ici… le ciel commence ici… alors simplement vivre sa vie d’oiseau ordinaire, humble nobody dans le fond de son rang, de gars dans son bois… en compagnie de latika, ma chienne du moment, ma maîtresse et môman… elle, toujours dans le moment, voulant jouer, marcher, courir la balle, totalement présente à moi, en m’en tomber sur les nerfs parfois, car tant d’amour inconditionnel faut apprendre à le prendre…

depuis quelques jours, quelques ami(e)s m’écrivent pour me réconforter, m’uplifter, m’offrir leurs pensées douces… ça me touche et je l’apprécie, et peut-être que je ne m’exprime pas clairement, mais je ne voudrais pas passer à côté de cette période pour rien au monde… je sens que pour la première fois de ma vie, je suis totalement moi, en moi, dans moi, tout moi… et plus moi du tout, beaucoup plus grand que moi… plus de toît sur la tête… je ne voudrais pas me retrouver une seconde plus tard que maintenant… le temps est infini, le temps est lent et arrêté, c’est la fin du monde, la fin de mon monde tel que je l’ai connu jusqu’à maintenant… dur, difficile mais vrai et sans détour, sans mensonge, sans mayanité, full humanité

et vous, quand cette dernière période où tout a sacré la camp ? quand ne saviez-vous plus ? quand le maintenant était en même temps presque insoutenable, incontournable et inévitable? quand le temps passait si lentement et que l’avenir avait sacré l’camp ?

je ne vous le souhaite pas nécessairement car la vie se charge de nous le livrer au parfait moment anyway… je vous souhaite seulement, si et quand ça se reproduira, d’y aller avec sincérité, lucidité, totalité… et alors, je vous comprendrai et serai avec vous… et avec votre esprit… amen !

image: the spirit that moves me (via Facebook)

nouveaux débuts en habits de fins douloureuses ?

quatrième offrande 16/11-2 (encore 34 jours avant le 21 décembre… doubidou…)

… seule la communion avec la souffrance psychologique ouvre la porte à sa libération et à sa transcendance… seule la communion avec la souffrance psychologique… tout ce qui vous fait souffrir doit être accepté, vous devez créer un dialogue avec la source de cette souffrance… il n’existe aucun autre moyen de transcender cette souffrance, la seule façon consiste à l’absorber… –  Osho: Unio Mystica, Vol 1 # 8

entre vous et moi, ne rencontrons-nous pas tous et toutes à certains moments une souffrance quelconque en nous-même ? si ça n’a jamais été votre cas, nice to meet you ! et on se reparlera tantôt…  après tout, tout/e humain(e) que l’on soit, tous/tes dans le même train… tchou tchou me & you…

personnellement, ces jours-ci sont très parlants en termes d’intensité pour moi … une douleur surprenante monte à la surface, se révèle, s’élève et me dit quelque chose… elle prend possession de mon corps en entier… allo j’écoute ! mais d’où vient donc cette souffrance qui émerge dans ma tête et dans mon corps ? se cachait-elle en moi depuis toujours pour ne se révéler que maintenant ? voulait-elle se montrer à moi depuis longtemps alors que moi je ne voulais simplement pas la laisser être ni l’entendre ? mais éventuellement, elle se montre…

donc depuis quelques jours, plus moyen de passer à côté… elle me passe dedans… je la respire, la sens me tirailler les entrailles, me jouer avec les trippes, je lui dis parfois oui, parfois non, mais comme ce non empire la situation, alors oui à la fin… communion dit Osho… alors communions toi et moi ma belle… je t’écoute… je te goûte… coûte que coûte…

nouveaux débuts déguisés sous des habits de painful endings que cet actuel épisode de vie pour bibi tel que l’affirme ce dicton de Lao Tsu ? possiblement, probablement… et à la fin pas si important… que l’expérience qui compte, et ces jours-ci, elle ne ment pas… elle sacre ment…

alors dialoguons toi et moi chère source… parle moi, j’écoute… archh, je goûte… crache, je doute… pars si tu veux mais moi je reste ici, c’est mon corps après tout… je te rentre dedans… et toi de même… dans l’dash, dans face, j’en arrache et je vacille mais je reste debout et te fais face… face à face mortel bordel… tue-moi sinon je te goberai, te boirai, t’engloberai… je te regarde en plein face, je sens tes traces en moi, je suis ta trace… vers nulle part en moi… je suis le filon vers la source… qui s’évanouit… accueillir cette source jusqu’au centre de soi… même si épeurante et terrifiante… courage courage… confiance confiance…

alors disons oui à ce combat ultime… combat extrême sans gants ni casque… George St-Pierre et moi, même combat, sauf que moi, mon adversaire est en moi… non que dis-je, pas un adversaire, un partenaire… de danse, de cha cha… pas combat mais rumba extrême…

je voudrais bien être romantique et nouvel âgeux et dire que tout est rose et gentil et beau, que tout est juste et  bon mais en ce moment, le défi est brut, cru, tough, rough et raw… et surtout bien réel… le passage se négocie serré, la courbe est obtue, ténue… tenu à deux mains le volant… ça glisse, ça dérape, ça déraille, ça travaille et ça tiraille… mais la fin justifie les moyens, les petits et les grands…

finalement, possiblement ni début ni fin, qu’un infini et interminable processus de réalisation de soi… et tant qu’il y a de la vie… résultat imprévisible et inconnu… mais looks good so far… à suivre…

la quête ? pas de A à Z mais de a minuscule à A MAJUSCULE

troisième offrande 16/11 (34 jours avant le 21 décembre youhou…)

la réalité n’est pas plate ni linéaire, pas horizontale, la mienne du moins, je ne sais pas pour vous…

ces jours-ci, la vie est verticale, pleine de hauts mais aussi de bas… et ça peut descendre creux autant que monter… roller coaster… en fait, ça aura inévitablement tendance à descendre avant de pouvoir monter car comment prendre son envol avec tous ces poids attachés aux ailes ? conditionnements, croyances, rêves, illusions, peurs, compromis, name it… et on ne veut pas tant descendre en soi vous et moi, moi le premier, je ne sais pas pour vous… du moins tant qu’on a le choix… mais la vie ne nous donne pas toujours le choix… il faut aller détacher ces poids lourds qui nous gardent au ras du sol…

j’ai toujours pensé que la vie commençait à la naissance pour se terminer sur le pas de la porte de la mort… ensuite ? mystère ! je pensais donc que la vie se déroulait via un long et plus ou moins sinueux chemin horizontal, plus ou moins prévisible, ou pas, rempli d’amitiés, de quelques amours passionnés, de quelques enfants pour certain(e)s, de quelques succès et échecs professionnels et personnels… par des rencontres marquantes, d’autres insignifiantes, bref, la ptite vie quoi !

mais bonne nouvelle, beaucoup plus rock n roll que ça la vie ! pour le meilleur et pour le vivre… personnellement, je me retrouve en ce moment dans un motton dense, vrai, riche mais intense à passer à travers de… gros motton de reality check qui ne peut que prendre le temps que doit… pas moi qui est aux commandes… finalement c’est peut-être le motton qui me passera au travers… me polira, me sablera, me rendra fin ou fou, ou mort… ou A majuscule…

plus moyen de rêver, de m’évader, de me  projeter par en avant, de m’illusionner… ça a déjà marché mais ça ne fonctionne plus… je n’en sortirai pas le même de ce motton, même pas certain que j’en sortirai d’ailleurs… le petit a se majusculise… mais il risque d’y laisser sa peau de petit a… A A ! ati est pris… je me vois de plus en plus sans voile, pas toujours beau ce que je vois… du moins je vois le petit a avec moins de voile que jamais auparavant… le striptease se continue… et ce que je vois n’est pas toujours aussi rose que je le croyais… certainement pas ce que j’aurais choisi de voir… mais je creuse… et continue de creuser… avec courage, persévérance, lucidité, les yeux grand ouverts… ça creuse creux…

plus moyen de rêver donc… j’ai perdu ce luxe… plus possible d’avancer par en avant, pas de b en vue… qu’un petit a qui devient grand, plus creux, plus vrai, et qui veut éclater et exploser pour éventuellement se fondre et se dissiper dans la vie et se discipler dans le grand maître du jeu

le quêteux veut s’ouvrir à la quête, bondir hors de soi, s’offrir, mourir à son petit a… et il est prêt à souffrir et même à mourir pour cela… car grandir implique inévitablement et incontournablement une part de souffrance… sortir de ses anciens habits, de son petit habitacle, de ses anciennes habitudes… que l’on aime ou pas…  qu’on le veuille ou non… on ne peut qu’avoir le dessert, il faut manger son steak, ses patates et ses choux de Bruxelles avant… et bien mâcher, mastiquer et goûter pour digérer le tout… rentrer dedans, se faire les dents…

la vie ordinaire donc le maintenant de l’ici, dans le novembre de l’année et de la vie, sur le neutre, à faire du sur place horizontal mais en avançant par en dedans… surtout par en bas, dans la cave… digging digging… deep cleaning... du sur place horizontal mais du creusage à l’interne, du drillage dans la mine… ce qui implique donc fouiller dans ses croyances, ses illusions, ses vieilles émotions emmagasinées, se mettre le nez dedans, réaliser que le petit a, même s’il veut devenir majuscule, est aussi confortable dans sa minisculité… car il connaît… mais ça ne suffit plus…

mais la majusculité est inconnue, imprévisible, épeurante, stretchante, étirante… elle semble prometteuse mais qu’en sait-on vraiment ? petit a depuis si longtemps… mais on avance par en-dedans tout de même, même si on ne sait pas où l’on s’en va… et qui sait, peut-être que dans ce processus de majusculisation, le petit a ne se rendra pas, il se perdra possiblement en chemin, tournera en rond dans le néant, peut-être bien que le petit a devra y laisser sa peau et qu’il ne deviendra jamais le grand A majuscule qu’il convoite… car un effort spectaculaire et un don de soi est requis… sans parler du risque… et bien qu’on prétende vouloir y arriver, les distractions et les illusions sont nombreuses… et attirantes…

mais le petit a, le petit gars n’a plus le choix… l’idée du bonheur tranquille ne suffit plus, désormais c’est la grande grande quête qui s’impose…

pas heureux l’quêteux !

deuxième offrande… 15/11-2 (toujours 35 jours avant le 21 décembre, ouah…)

je ne cherche pas le bonheur, je cherche le rien… le rien en quête de sens, en voulant vivre vrai et juste, quitte à mourir de vie… m’éclater en 10 000 morceaux au gré du temps et devenir le tout, de plus en plus mou, de plus en plus doux, de plus en plus tout…

alors je quête, je m’enquête, je m’enquiers… me questionne, me donne en pâture aux questions de sens, et de non-sens, me retourne de tout bord tout côté… je me dénude, je m’effeuille, doux striptease de l’âme qui allège… je me fouille, me nie, me renie, me prend, me méprend et me reprend… pour moi ou pour un autre… mon nom est personne…

je me doute, je me pile dessus, sans dessus dessous, m’épile l’âme, poil à poil, coupant les cheveux en quatre… frisant le folie, rasant le génie… je me trampolinnise dans les airs et redescends par terre… me sautant dessus, jumpant sur moi-même pour extraire l’essence et les sens, et faire fondre les croyances illusoires qui me masquent le visage originel…

je me dissèque, je me t’check, je me pète, les bretelles et la gueule, et reprend la quête de plus belle, je m’auto-questionne, me répondant à moi-même… ziguezaguant dans tous les sens… uniques ou pas… ni ceci, ni cela… insaisissable… et c’est la seule chose qui m’anime… me désabriller l’étoile, en moi, devant vous…

je me plasticinise, me modelant et me démodelant sans cesse… je me forme, me reforme, me déforme, moi homme aux cents formes… multiformes et difforme… je forme mes opinions pour mieux les déformer, les troquer pour du vent… vrai, frais et rafraîchissant…

où vais-je ? où erre-je ? après quoi cours-je ? non je ne cours plus, je fais du surplace… je ne suis plus moi-même, je ne me suis plus, pas plus que vous et non plus que moi… je ne suis plus, je ne sais plus, n’en pouvant plus, ne sachant plus, où et qui je suis… et ne suis pas…

et c’est très bien ainsi… car dès que je sais, je ne le suis plus, pas celui-ci, ni celui-là, encore moins celui que j’étais et a déjà été, encore moins celui que je pense que je serai… je ne suis rien, je suis tout, je ne sais rien, rien du tout… je suis fou… fou du tout, du grand tout, fou du flou, qui se précise tout à coup, par à coup…

je ne cours plus vers le bonheur, ne cours plus vers en avant, je fuis le devant de la scène… je plonge en dedans, je saute en moi, je grimpe sur le toît de mon moi… pour mieux sauter en bas, pieds nus, va nu pied… je me sacre en bas, je me sacre de tout et du sacré, ce qui ne mène pas vers le vrai, vers le juste, vers l’heure juste du temps qui passe sans cesse… et qui n’existe pas…

je ne veux plus quelque chose, je ne veux plus que rien… ne veux rien savoir, que ne plus savoir… et voir… n’être rien, ni pour vous ni pour moi… être seul, oser être seul, seulement et faire face au silence, au vide et à la solitude qui ne peut que ramener à soi devant le grand miroir de cette réalité… ne plus suivre le troupeau, ne plus faire comme le monde… être tout le monde en moi… avouer mon ignorance, ma méfiance, ma réticence et suivre la trace, pas à pas…

hi ha !

photo : thomas keller

les offrandes du quêteux…


première offrande… 15/11 (35 jours avant le 21 décembre, ouh…)

les offrandes du quêteux ? je sais, je sais, drôle de titre pour une nouvelle série de chroniques, je l’avoue bien candidement… mais il s’est imposé à moi aussi clairement que claire se peut… et dieu sait qu’elle ne se peut presque plus l’amie claire…

j’ai même voulu le changer ce titre, car un peu gênant que de se traiter publiquement soi-même de quêteux non ? mais le quêteux a tué la lune puis est revenu… il me demande de redéfinir son sens… alors OK OK ! on y va pour les offrandes du quêteux, s’il insiste, résiste et persiste le quêteux…

donc offrandes comme dans offrir ses mots, s’offrir soi-même, présenter, mettre à la disposition de, se donner, donner et redonner, même ce que l’on a pas, surtout ce que l’on a pas… pas de plus beau cadeau que de donner ce que l’on a pas… don de choix… donner ce que l’on aura donc jamais… ne laisser passer par soi et en soi que les offrandes qui passent, dépassent et surpassent… le réel don de soi…

et quêteux comme quêteur de sens, chercheur de non-sens, sniffeur de vérité, senteur de vélléité… une quête perpétuelle, constante et infinie, de vérité à nettoyer et de mensonges à détecter… une douce quête en soi, donc une quête en soie… une en/quête de sensations, de lucidité, de disparition, d’élimination ou d’illumination, une quiétude quête de jeux de mots…

offrandes d’un quêteux, ouvert, confiant, mû par la foi… intéressé par la quête et pas tant par la trouvaille en tant que telle… pas un enquêteur, qui cherche la faute en dehors de soi, pas un quêteur, trop formel… un quêteux de l’intérieur…

lundi j’ai trébuché… tombé le chroniqueur… dans un grand trou noir, creux, profond, sans fond… un trou en moi, béant, géant, tout grand… ouvert… où suis-je ? que ne vois-je ? je ne l’avais tout simplement pas vu venir ce trou à moi… peut-être y était-il déjà en moi ? en true gars, j’en fus troué de surprise !

le soleil dans les yeux, une ombre sur la bouche, bang ! le chroniqueur dans le fond du trou… du cul-de-sac… cul par-dessus tête… meilleur moyen de se réveiller que de tomber en pleine face dans le fond du trou du cul-du-sac… vous n’aurez donc besoin de le faire, tomber… je l’ai fait pour vous… un chroniqueur de tombé dans la boue, dix lecteurs/trices toujours debout… généreux le chroniqueur non ? il tombe pour ses lecteurs/trices…

suis tombé puis ai repris la route… du boutt de soi avec comme seule larme que mes mots… donc de retour car les mots coulent, fusent, pétaradent, jaillissent, émergent, caraquêtent en tabarouette dans ptite tête, pouett pouett font les mots, coulent coulent font les larmes… faut que je tapette sur ce clavier clavette… je clavette plus que je ne vous fait la jasette… et je ne vous ferai pas de jambète, promis juré… car les trous sont partout… en moi et en vous…

je n’ai vraiment rien à dire, je n’ai pas vraiment rien à dire, j’ai vraiment rien à dire, et il faut que le le dise et que je l’écrive quand même… vous n’aurez donc rien à lire… reposant non ? rien à lire… lire dans le vide pour faire le plein… donc j’écrirai quand même rien sinon il me faudra le crier et le décrier et déboucher l’encrier… rien à dire ni à cirer de ce rien ? mais je dirai rien quand même, votre rien est le mien… mon rien ? le tien ! tiens tiens… donne le quêteux…

on peut donner ce que l’on a pas… la preuve ? vous ne lisez rien right now ! je n’ai plus rien à donner car j’ai déjà donné… j’ai tout donné, n’ai rien gardé… que des idées ordonnées… des ordonnées et désordonnées… des mots bousculés et maculés… et ces mots ne s’appartiennent pas, ne m’appartiennent plus, ni à eux-mêmes ni à moi, ni à vous… des mots perdus dans l’espace pour faire de la place dans la place, dans le palace de nos carcasses et pour percer nos carapaces… parler pour parler, dire pour dire, c’est pas pour rire, c’est pas peu dire…

comme l’affiche l’indique, SVP, n’achetez rien de moi… n’achetez rien de ce que j’écris ici car tout est gratuit, donné, vendu, offert pour rien… je me suis donné et j’ai vendu mon âme à madame la vie, comme mon corps à monsieur la mort… à dieu ai donné et du diable recevrai… mourir avant de mourir pendant qu’on nous prête vie…

le quêteux se permet de donner pour que davantage lui vienne, revienne et parvienne… à lui, à vous… que rien ne vienne d’ailleurs, de nulle part, d’ici… et y retourne.. des mots à partager, à tapager, pour faire du vacarme et nous éveiller à plus fou que soi, plus doux que moi, plus saoûl que toi… et tomber dans le trou, tout droit… right true

cheers !

P.S. je ne suis pas l’ennemi de votre liberté