
cinquante-troisième pop-up /// 13/3/13
traduction maison : parfois on doit tomber avant de s’envoler… dans mon cas, j’ai dû trébucher dans le noir, tomber en pleine face, et me relever de nouveau… seulement pour marcher droit dans le mur…
that’s it… over la crise… pour le moment, pour maintenant… depuis un bout de temps, je peux regarder en arrière et dire que le pire est passé, je peux dire que le noeud de la crise est résolu… encore une fois, je m’en suis sorti vivant… vous aussi ?
ouf ! grosse année pour certain(e)s d’entre nous non ? c’en fut une quequ’un… pour vous aussi ? et peut-être que ce n’est pas encore terminé pour certain(e)s… alors courage, this too shall pas… plus facile à dire après que pendant celle-là, je sais je sais…
quand on sort d’une crise et que l’on peut parler de ce que l’on vient de vivre avec une certaine distance, avec un détachement, c’est que le pire est passé, le gros du motton est digéré… pour le moment… et on peut se dire que l’on s’en est sorti intact… ou du moins, avec la plupart de ses morceaux… ceux qui servent encore… pour le prochain bout de route…
parfois on veut s’envoler mais tout ce que l’on réussit à faire c’est de foncer dans le mur… parfois la vie nous force à nous mettre le nez dedans, à s’agenouiller… un peu, beaucoup, douloureusement… elle nous force à demander de l’aide, à s’incliner, à prier… et il semble que les grandes leçons de vie résident là, dans ces coins serrés, dans ces passages étroits, dans ces ptits coins nauséabonds… dans ces coins d’ombre… on découvre l’humilité…

quand on est dedans, c’est l’enfer, quand on en est sorti, le paradis ici bas…
ouf, une chance qu’un moment donné, la vie nous donne un peu plus d’air à respirer… car y a des moments où on ne savait plus si on s’en tirerait, on doutait… mais si, encore une fois, on s’en est sorti… pour le moment… car vivant, on ne s’en sortira pas complètement de cette vie… on va tous et toutes y laisser notre peau et se sauver avec notre âme… et pour le moment, so far so good… et vive la crise… et surtout le soulagement et le détachement que sa résolution apporte…
sérieusement, franchement, sincèrement, aujourd’hui je peux dire : vive la crise !
alors si, vivre les crises quand elles se présentent, les vivre totalement, jusqu’aux multiples fonds qu’elles nous font visiter, les multiples tiroirs qu’elles ouvrent, pour y découvrir les leçons difficiles, ardues, presque insoutenables par moments…
car dans la vie, même si on court pas après, les crises sont nécessaires, incontournables, inestimables même… surtout quand elles sont passées… car lorsque l’on a le nez dedans, bien difficile d’en voir et d’en apprécier les bienfaits…
dans son sens étymologique fondamental, le terme crise signifie décider, faire un choix… du latin, crise se traduit par assaut, du grec, par séparer, distinguer, choisir… on traduit aussi souvent dans les traditions orientales le terme crise par opportunité de changement…
la crise de la cinquantaine est d’ailleurs l’une des crises les plus recensées comme principale moment de transformation dans une vie humaine… la mienne a frappé à 51… et vive 52 le mois prochain… car gros gros mur de rencontré quand je regarde en arrière… comme une mort avant la mort… les enfants sont grands, il en reste moins en avant qu’en arrière, le corps commence à se manifester à nous dans sa délicatesse… le sel assaisonne de plus en plus le poivre de notre capilarité corporelle (c’est beau hein ?)…
mais en même temps, tellement libératrice, tellement épluchante cette christie de crise… un peu douloureux sur le coup de se faire éplucher la peau et l’égo comme ça mais on en sort réellement plus léger, plus pur, plus fin, plus soi…
dans une crise, on se déleste du superflu, du plus utile anymore, pour ne garder que ce qui est juste en ce moment… l’essentiel… pendant la crise, on doit laisser le vieux stock et retourner à l’essentiel justement… retrouver notre essence… qui est parfois bien peu… surtout en attendant et que le nouveau n’est pas encore arriver… ce passage à vide est quasiment incontournable… et le coeur du chemin…
les crises pour aller au fond des fonds, aux fonds du baril car parfois il y en a plusieurs de ces double fonds… on pense que ça y est, terminé ? non parti pour une autre tournée !
mais essentiel de plonger et de se salir les mains pour trouver son rêve, retrouver sa drive, retrouver la source de vie, sa passion… passer à travers les épreuves, les obstacles, les multiples murs que la vie semble dresser sur notre route, pour simplement redevenir humain…
on cherchait à éviter le pire, à s’en sauver, à s’envoler, quand dans le fond, tout ce qui est requis est de laisser tomber le passé… passé dans le tordeur pour extraire tout le vieux jus… et tout à coup, l’envol a lieu, sans que l’on cherche, sans que l’on fasse d’effort…
car parfois le serpent ne peut vraiment plus traîner les vieilles peaux, il doit s’en libérer, poursuivre sa route, continuer son chemin… continuer à chercher son rêve… en lui, en soi… et avec les autres…
quoi ? c’est l’année du serpent ? tiens donc !
– You have to look deeper, way below the anger, the hurt, the hate, the jealousy, the self-pity, way down deeper where the dreams lie. Find your dream. It’s the pursuit of the dream that heals you. – Billy Mills (Oglala Lakota)