lettre de moi à ati…

734325_270846843040803_1505314431_nquinzième digression de l’an 13… (s’éloigner pour se rapprocher)… 6/1

salut ati, c’est moi…

j’ai décidé qu’on allait se parler face à face nous deux, s’parler dans face comme on dit… en fait, moi j’vais te parler, toi tu vas m’écouter, tu vas me lire en fait… un ptit pep talk juste toi pis moi…

besoin de m’adresser à toi les yeux dans les yeux… j’ai un message pour toi et tu pourras le relayer aux gens qui te lisent si tu veux, si tu penses que ça peut aider… up to you… mais c’est principalement à toi que je m’adresse… quoi ? tu décides de partager ? alors salut chez-vous ! bonjour là ! donc on sera trois… mais on garde ça entre nous OK ?

je veux te rassurer un peu en fait… car j’te passe au cash ces temps-ci hein ? le test est tough ? mais t’es capable de l’prendre, surtout t’as besoin de l’prendre et de l’entendre et de l’comprendre et de t’détendre… faut te sabler les angles, t’adoucir les coins encore un peu… je sais que c’est pas facile mais y faut c’qui faut mon homme… reste fort mais flexible devant l’adversité… dis oui…

le temps ne passe pas tu sais, c’est toi qui passe, toi qui monte maintenant plutôt qu’avancer comme auparavant… le temps c’est une invention que les humains se sont donnée pour couper la vie en ptits morceaux, plus facile à saisir… sinon l’éternité ça vous fait peur…

une autre façon de bouger maintenant, le temps devient vertical et plus horizontal… c’est comme ça pour plusieurs, pas juste pour toi… tu penses que c’est pire pour toi que pour les autres ? c’est simplement parce que tu ne vois que ton histoire… mais vous êtes plusieurs dans le même bateau… et plus vous résistez plus ça va être long… un autre axe, ça prend un peu de temps à s’habituer…

en plus, je sais que ton coeur a été pucké aussi quelques fois récemment alors prends soin, sois doux, bienveillant comme on dit… pour le moment ça va aller, j’te donne un break, mais fallait le ramollir ton coeur tu sais… t’as la tête dure des fois, tu vois pas assez large, pas assez panoramique ta vue… think big sti ati…

patiente, attend, sois patient, relax, chill, coule, flow, des termes pour toi ça mon gars… pour jouer avec, pour réfléchir, pour ruminer, pour inclure dans ta salade et ta vinaigrette… tiens toi mon taureau… c’est ça qui t’aide pas non plus, ton gros signe astrologique lourd de taureau… ça résiste au changement parfois un taureau avec les quatre pieds dans la bouette émotionnelle… faut que tu deviennes plus réceptif, plus féminin…

la porte ? elle ouvre par en-dedans pas par en-dehors !

hier justement, après quelque temps que tu tournais autour du pot, je t’ai envoyé un motton que tu devais regarder mais comme tu ne l’aurais pas choisi par toi-même, alors j’ai poussé un peu la note… désolé, mais ça prend ce que ça prend et là, ça prenait ça…

plus clair maintenant ? j’espère que oui sinon faudra retourner là… mais pas maintenant,  plus tard… pour tout de suite, prends un break… relax… la seule chose que tu fois faire est de relâcher un peu, lousser, slacker, wo man !

pour te gâter, aujourd’hui, j’ai fait le ménage de la maison et ce soir je t’invite à souper, j’ai fait des saucisses aux légumes et parmesan dans une sauce tomate dans le crockpot, alors j’t’invite à souper… y a du vin aussi, je t’offre un verre l’ami, l’ati…

allez, tchin tchin…

traduction maison : on ne voit pas les choses telles qu’elles sont, on les voit tel que nous sommes…

vite vite vide…

304_391923547562716_2047535119_nquatorzième digression de l’an 13… (s’éloigner pour se rapprocher)… 6/1

dans ma chronique précédente, je relatais cet inconfortable mood d’hier qui a passé sur ma vie comme un gros nuage… sans savoir d’où il venait ni où il allait ni ce qu’il disait… mood dans lequel j’ai décidé de demeurer et de brûler encore un peu davantage et qui, encore une fois, a finalement fini par passer, tout droit quand on ne résiste pas, comme d’habitude, et dégageant du même coup une autre couche, levant un autre voile… oushhh !

je soupçonne que ce vide que je ressens en moi, récurrent mais plus apparent et plus criant au cours de la dernière année, est liée à l’absence d’une personne significative dans mon quotidien immédiat… en fait, il y a très peu de personnes significatives dans ma vie en ce moment… dans mon environnement immédiat et quotidien je veux dire… car bien sûr mes deux filles sont importantes et mes quelques ami(e)s intimes…

non pas que je veuille absolument demeurer seul à tout prix et m’isoler… non non… aussi parfois envie de voir du vrai monde le chroniqueur, de socialiser autrement que sur la place publique virtuelle… en face en face, toutefois et non en groupe, si ce n’est que pour méditer ou chanter dans ce cas… temporairement mésadapté socio-affectivement le chroniqueur…

mais malgré une certaine attirance vers les autres qui commence à poindre timidement, je ressens en même temps encore en moi comme un profond et criant besoin fondamental de rester seul avec moi-même qui persiste… un appel à vivre en autarcie, un peu coupé du monde en quelque sorte… un face à face existentiel avec bibi… comme une grosse vague de fond qui m’incite à rester seul, en contact avec moi seulement, en silence à part ces chroniques…

en fait ce temps en solo s’étire depuis plus d’un an maintenant… je me suis en quelque sorte assigner à résidence, comme si j’avais à mariner dans cette solitude jusqu’à ce que le noeud gordien soit tranché, anéanti, éclaté… ou jusqu’à ce que le spring comes et que le grass grows by itself… ou jusqu’à ce que je réalise qu’il n’y a ni noeud gordien, ni moi… ni rien à dénouer… ni rien à faire tout simplement autre que d’être ici, flotter dans le vide… jusqu’à ?

hier, lors d’un rare passage au village qui m’a fait retourné chez-moi aussi rapidement que j’y suis allé, car encore fragile socialement le chroniqueur, un ami me disait qu’il avait rencontrer quelqu’une de spéciale récemment… surprise ! petit pincement spontané au coeur du chroniqueur… moissi, moissi, que j’ai entendu crier en moi…

et en même temps, je sais très bien que je ne suis pas prêt pour ça maintenant… je suis ouvert mais pas tout de suite… comme la conviction que ce que je cherche se trouve en moi, qu’en moi, n’appartient qu’à moi, ou bien que ce que je dois laisser aller ne m’appartient plus mais c’est seul que ça se passe… encore de la job de bras à effectuer en solo dans la cave… dans le huitième parking sous-terrain…

je crois qu’auparavant dans ma vie, j’ai toujours rempli cette vacuité intérieure à l’aide des autres – compagnes/gnons, étudiant(e)s, blondes, amantes, mes filles, ami(e)s, projets… ou encore par diverses activités les plus excitantes les unes que les autres… je n’ai jamais osé arrêter complètement pour aller voir jusqu’au fond ce qui s’y cache… maintenant je comprends pourquoi ! pas évident ces endroits-là… mais right now, zéro ambition vers l’horizon, zéro mouvement par en avant, que du sur place existentiel, que du creusage en moi, que de l’introspection décapante, hi ha !

en somme, il n’y a peut-être absolument rien à trouver dans ce vide finalement… rien à découvrir, rien à voir, rien à faire, rien à remplir… peut-être même pas de vide non plus… que de l’espace, que de la présence… que de l’inconnu impossible à tagger… et difficile à liker… mais faut aller au bout, jusqu’à ce que la cloche de récré ne sonne de nouveau…

et si vide il y a, il est clair plus que jamais auparavant que personne ne pourra le remplir pour moi… peut-être que ce vide n’existe même pas… que ce n’est ni vide ni plein… que ce n’est même pas, ou si…

peu importe, par souci d’intégrité, je ne peux que rester ici, arrêté, et accepter de faire ce qui ne me semble souvent que du sur place… zéro but, aucune direction… je ne peux que rester en contact avec ce filon qui ne mène nulle part ailleurs qu’ici… toujours ici et maintenant, c’est long ça ! nulle part ailleurs qu’ici, vers moi… et attendre… patiemment… sans attente… jusque ce que l’élan s’amorce de nouveau, jusqu’à ce que la vie m’appelle…

oui envie d’être heureux, comme la plupart d’entre vous, simplement, naturellement, mais pas nécessairement avec quelqu’un… qui me rendra heureux… le bonheur simple first et si la vie veut que ça se partage, avec une ou plusieurs, so be it !

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‎ »In the Lotus Sutra, it is said everything is emptiness — this world is empty, hell is empty, heaven is empty, God is empty, everything is emptiness. Emptiness is the nature of all things, nothingness, so be attuned to nothingness and you will achieve and a deep inner emptiness is needed;  that inner emptiness becomes the womb.  So I’m not saying stop doing, stop action; I’m not saying that. I am saying that whatsoever you are doing, let it be just an outside activity. Inside become feminine, silent, doors opened, empty, waiting… – Osho

trou noir et full béatitude…

raisingecstasytreizième digression de l’an 13… (s’éloigner pour se rapprocher)… 6/1

traduction maison : on ne peut commencer à se trouver soi-même avant d’être perdu…             – Henry David Thoreau

journée de flottement hier… journée perdue dans le temps et dans l’espace… journée blanc neige, bleu ciel et jaune soleil… superbe journée hivernale et cristalline à l’extérieur mais journée dense et sombre à l’intérieur… surprise ! journée motton foncé en soi… encore ? encore pire quand le sun shine dessus et vient éclairer encore davantage cette sombritude…

avez-vous ça vous aussi parfois ce genre de journée qui ne va nulle part ? ce genre de journée de rencontre avec de drôles de parties de soi-même qui arrive du néant, sans crier gare ? pas vraiment ce que l’on choisirait comme samedi de janvier mais si c’est ce que l’univers nous offre, on en disposera avec grâce et dignité right ?… sans passer à côté, ni éviter, ni nier ou renier… ainsi soit-il…

donc journée bouette, journée trouble, journée de grande solitude interne et externe… une journée de vide extrême qui vous remue le fond du baril… sans que l’on puisse rien y faire d’autre que de sentir, regarder, mariner dedans, plonger et explorer cet univers sous-marin qui se cache en soi… 10 000 lieux sous les mers du ptit père…

pas confortable mais en même temps tout à fait impossible de passer à côté ou d’éviter… donc dans ce temps-là, soit on met un bouchon, on se divertit et on attend que ça passe…  mais ça, ça ne marche plus heureusement, soit on fait face proactivement et volontairement, on se bouche le nez, on plonge à deux mains et saute à deux pieds…

et on creuse, et on respire dedans, et on reste là, sans fuir, avec courage, les yeux grand ouverts, le nez aussi car ça ne sent pas toujours bon that deep down et faut aller trouver la source… comme si pour aller au fond des choses, fallait risquer se salir les mains… on ne peut simplement tasser et passer à autre chose… faut creuser, déconstruire, défaire, démonter…

donc accepter sa perditude pour se retrouver, aller au fond pour déboucher sur de nouveaux mondes, de nouveaux horizons… laisser de côté nos vieux schémas pour en adopter d’autres, ce qui ne se fait pas toujours sans heurts ni douleur… deep cleaning

un jour à la fois, une respiration à la fois, un pas à la fois, un oui à la foi…

si quelqu’un peut aller totalement dans sa douleur, sa tristesse, il se rendra compte éventuellement que cette douleur, cette tristesse s’est évaporée… dans cette transformation se trouve la joie, la béatitude… la béatitude ne se trouve pas à l’extérieur de soi, en opposition à la douleur, la tristesse… au contraire la béatitude se trouve dans les profondeurs de l’être, cachée sous la douleur et la tristesse… vous devez creuser dans vos couches de douleur et de tristesse et vous trouverez un puits de joie, la source de votre béatitude… 

– Osho

article intéressant sur la verticalité et les nettoyages que ça implique… http://lapressegalactique.blogspot.ca/2013/01/notre-transition-dans-la-nouvelle-ere.html

____

ajout de dernière minute, mots de Rumi via Edward Kasimir sur un post de Clélia Marsadie

This being human is a guest house. 
Every morning a new arrival.
A joy, a depression, a meanness, 
some momentary awareness comes as an unexpected visitor.

Welcome and attend them all!
Even if they’re a crowd of sorrows,
who violently sweep your house empty of its furniture, 
still, treat each guest honorably.
He may be clearing you out for some new delight.

The dark thought, the shame, the malice,
meet them at the door laughing,
and invite them in.

Be grateful for whoever comes, 
because each has been sent as a guide from beyond.

Welcome difficulty.
Learn the alchemy true human beings know.
The moment you accept what troubles you’ve been given, 
the door opens.

Welcome difficulty as a familiar comrade. 
Joke with torment brought by the Friend.

Sorrows are the rags of old clothes and jackets 
that serve to cover,
and then are taken off.
That undressing,
and the beautiful naked body underneath
is the sweetness that comes
after grief.


-from Illustrated Rumi, p. 77

jouer à cash cash…

564985_10151183681245825_73218661_ndouzième digression de l’an 13… (s’éloigner pour se rapprocher)… 5/1

OK trève de correction, pause chronique… ati write home... vous êtes mon break, ma puff de divertissement, mon excuse pour écrire plutôt que de lire mes travaux, pour m’écrire moi, plutôt qu’en lire d’autres, pour dire et rire et relire un peu… tirelire…

tirelire ? image choc non ? photoshoppée of course ! envie de sacrer le cash à la poubelle ? un truck de cash… vive le troc… vive le libre échange, le libre échangisme… mais pour le moment, on vit à cash city... en passant, camion de poubelle ou de recyclage que celui-ci ?

je parle de cash ce matin car il y a quelques jours, un ami à moi et spécialiste des sites web (et futur blogueur lui-même ? 😉 est venu chez moi… pour me serrer la pince… à ma demande pour voir comment je pourrais rentabiliser ce blogue pour éventuellement en venir à gagner ma vie uniquement en écrivant…

non pas que je veuille devenir millionaire, mais j’aimerais bien gagner ma vie en faisant strictement ce que je préfère au monde… écrire des chroniques, vous écrire des chroniques…

j’aime toujours enseigner mais j’adore écrire… et j’aimerais éventuellement ne faire que cela… ou pas, la vie me le dira… alors comment transformer un hobby en source de revenus ? telle est l’une des questions…

donc différentes possibilités : mettre un peu de pub sur le blogue ? vraiment pas certain… inclure des liens vers des produits à vendre ? hum, pas sûr non plus… inclure des documents réservés à des membres qui paieraient un ptit quelque chose pour avoir accès à de l’extra ? ah ! déjà plus tentant… moins intrusif et moins commercialisant… et aussi quelques autres idées que je garde pour moi pour le moment…

ou peut-être que je continuerai à enseigner pour payer le loyer et à écrire pour me payer la traite…

ça soulève toutes sortes de questionnements et de réflexions en moi cette considération de – possiblement – rentabiliser ce blogue… je ne veux pas pervertir mon plaisir pur qui consiste à écrire au sujet de tout ce qui me vient en tête – et surtout n’importe quoi – sans aucune censure, en toute liberté…

même questionnement au sujet des activités de méditation que j’organise ces temps-ci chez-moi ici à l’Aiglise… j’offre tout sur une base de contribution volontaire depuis quelques années… et ça marche… mais possible d’en arriver à gagner sa vie sous cette forme ? à suivre…

alors chers lecteurs/trices, si vous avez des idées, des suggestions, des propositions, faites-moi signe, je suis curieux de vous entendre… euh vous lire !

OK back aux corrections…
soin soin…

ouch ! merci !

We fall down, but we get upneuvième digression de l’an 13… (s’éloigner pour se rapprocher)… 4/1

traduction maison : oublie ce qui t’a blessé mais n’oublie jamais ce que cela t’a appris..

c’est beau non ? et sage en plus… et tellement vrai… comme les plus simples évidences…

en effet, les plus grandes leçons de la vie nous proviennent souvent des expériences les plus difficiles, des événements les plus marquants, des défis les plus confrontants, des gens que l’on trouve les plus chiants, dérangeants et fatiguants…

les événements qui ont laissé des traces en nous, des marques sur nous, vivent encore en nous… tatouages d’apprentissage… traces au coeur, marques au corps, coups à l’âme…

les grandes leçons de vie vivent inscrites en nous… au fur et à mesure des crises, chocs, bouleversements et drames, elles se logent en nous comme des blessures de guerre, comme des souvenirs des temps durs qui nous font apprécier qu’ils sont plus mous lorsque digérés ces temps… car les leçons apprises durant les temps durs durent… toute une vie… nous suivent jusqu’à la mort du corps… résilience, alchimie, transmutation…

les bleus au coeur, les grand regrets (je sais, je sais, on ne doit pas avoir de regrets, mais au cas où, on se donne la permission OK ?), ce que l’on considère comme des erreurs, comme des gaffes monumentales, sont toutes des sources de rappel que la vie s’apprend parfois à la dure, par essai et surtout par erreurs, des erreurs qui n’en sont jamais vraiment en réalité…

ces temps-ci, je suis dans un marathon de correction des quelques 125 travaux de session de mes étudiant(e)s virtuels; je leur ai demandé, en 5-7 pages, de me parler de leur expériences de dépendance et d’addiction…

parmi celles-ci, plusieurs histoires marquées de combats, de cassages de marboulette, de souffrance, de challenges, de difficultés, de multiples pétages de yeule, de chutes et de rechutes encore plus nombreuses… toutes des expériences qui ont rendu ces hommes et ces femmes de coeur courageux, fort(e)s, pour la plupart d’actuels ou de futurs intervenants psychosociaux en devenir, riches de sagesse et d’expérience… utiliser sa bouette personnelle pour faire de l’art humain collectif…

moi-même qui a passé dans le tordeur nommé 2012, je me sens dorénavant plus mou, plus doux, plus humble et ample, plus perméable à la douleur de l’autre, à sa sensibilité, à l’humanité de mes frères et soeurs… une capacité que j’avais perdue au cours des années… je ne veux pas nécessairement retourner en arrière mais j’apprécie de plus en plus les leçons qui s’y sont cachées…

faut-il vraiment souffrir pour être belle/beau ? avoir mal pour devenir fort(e) ? pas certain de rien… et il y a là probablement des restants de catholicisme qui nous promettait le paradis à la fin de nos jours pour soutenir un maintenant exécrable dans cette croyance… mais au-delà de la philosophie, il restera toujours quelque chose des temps durs…

pas certain de rien mais en même temps, même si cela n’est pas absolument nécessaire, quand ça nous arrive d’avoir effectivement mal et de vivre des situations difficiles, de manger des claques sur la gueule par la vie ou par le monde qui l’habite, ça nous apporte quelque chose de précieux si on sait retirer l’essence de l’expérience… leçon de distillation à l’état pur…

l’adversité donne de la colonne, nous rend droit(e), digne même si parfois un peu dingue aussi… les bouts tough nous donnent du coffre, de l’étoffe…

donc je me souviens…

pas du bobo, mais de ce qui en reste… leftovers constructifs

pleine d’amour…

Every-Heartache-is-gonna-....huitième digression de l’an 13… (s’éloigner pour se rapprocher)… 4/1

nuit d’éveil, programme double chronique…

traduction maison : toute peine d’amour va vous transformer… mais ça dépend de vous si ça vous laisse plus sage ou aigri… plus faible ou plus fort… oubliez votre passé et laissez-le derrière vous et créez un avenir meilleur et plus lumineux… – Karen Kostyla

oui clairement, les peines d’amour nous transforment… non sans effort ni douleur… ça fait mal… et partie de la game… au grand jeu de l’amour, qui s’y frotte s’y pique… qui s’y consume s’y brûle… le karma et le coeur…

toute peine d’amour nous brise le coeur… nous ouvre le coeur grand ouvert – comme disent les anglais – it breaks our heart open… ça nous ouvre le coeur en le brisant… coeur ouvert à l’amour, amour conditionnel à l’inconditionnel… ouch…

en effet, en peine d’amour, on en vient à avoir le coeur tellement gros qu’il implose, en nous, hors de nous et tout partout, pour éventuellement s’approcher d’un amour pour le monde entier, en commençant par soi-même d’ailleurs… le défi d’ailleurs…

mais l’amour de soi ne revient pas facilement car avec toute peine d’amour, toute déception amoureuse, arrive son lot de défis et d’épreuves à l’amour propre, à son estime personnelle… avant d’aimer et ouvrir de nouveau, on haït et ferme en masse auparavant…

récemment, pour la première fois de ma vie, j’ai codépendu… je ne me suis pas défendu, ni débattu devant mon attachement pour une autre personne… j’ai plongé coeur le premier et tête à l’envers… j’ai abdiqué mon bon sens rationnel, mon sensuel critique, ai laissé tomber l’armure émotionnelle et j’ai dit oui à regarder cette partie de moi, vulnérable, moumoune et collante, à la remorque d’une autre, ma victime à moi qui remet son pouvoir à l’autre, qui se regarde à travers les yeux de l’autre, qui veut l’autre plus que soi… horrible !

mais essentiel, il me semble, à vivre au moins une fois dans sa vie, si ce n’est que pour se promettre de ne plus jamais recommencer… et encore… pas de garanti là car on peut essayer d’empêcher un coeur d’aimer, bon chance !

la grosse pepeine d’amour est horrible à vivre… car ça implique qu’on a remis à autrui sa source de pouvoir, ce qui constitue en quelque sorte une perte de dignité, une paralysie émotionnelle, une atrophie de l’amour propre… mais qu’on doit accepter d’avoir à vivre éventuellement car l’amour est une conduite à risque, un sport extrême…

et si on n’a jamais souffert d’amour, c’est qu’on a jamais vraiment risquer l’amour non plus je crois… pas l’amour avec un grand A et désincarné dont parle les grands sages, mais l’amour en minuscule et en italique, souligné et rouge pêtant… l’amour horizontal… le gros amour sale… celui qui sent et qui tache les mains et le coeur et qui nous fait y laisser notre peau… de banane sur laquelle on peut glisser, tomber et se la casser… et si on a jamais souffert d’amour, ben on a peut-être juste joué safe so far…

il faut souffrir pour aimer ! ouch ! qu’on aime pas ça lire ça ! faites-vous en pas, j’aime pas plus l’écrire et encore moins l’avoir vécu… pas une règle cardinale incontournable la douleur amoureuse, mais d’après moi, un passage quasi obligé pour s’attendrir le coeur, pour développer sa compassion, pour soi-même et les autres, pour se ramollir la pompe à steam… pour réanimer sa capacité d’empathie, raviver sa source de compassion…

être jaloux, insécure, à la remorque d’une autre, vouloir posséder l’autre, ne penser qu’à elle, tout le temps, plus qu’à soi, surtout quand on veut l’oublier, que de leçons d’humanité ça mes ami(e)s… ça vous dit quelque chose ? des souvenirs encore douloureux ? car ça laisse des bleus au coeur ces expériences de brisage de coeur qui ne partent jamais vraiment tout à fait… comme des séquelles permanentes de commotion cérébrale mais dans le plexus en plus de la tête… commotion cardiaque… fracture du coeur… ouch…

expériences difficiles mais riches et incontournables pour re découvrir son coeur, sa capacité de vibrer, sentir, pour sortir de l’amour de tête et plonger dans l’amour de coeur, avec tous les risques et les failles que ça comprend… boobytraps amoureuses…

oui les peines d’amour nous transforment… better or bitter ? on choisit définitivement better mais la phase bitter est naturelle, quasi inévitable, partie intégrale du processus… mais à aimer sans péril, on apprend l’amour sans gloire… oui clairement, les peines d’amour nous transforment…

petit amour deviendra grand… petit amour est en train de devenir grand… maintenant… de plus en plus grand… tout le temps…

changer… changé… danger…

163307_466964836697043_1541782079_nseptième digression de l’an 13… (s’éloigner pour se rapprocher)… 4/1

traduction maison : curieux paradoxe que lorsque je m’accepte tel que je suis, alors je peux changer…

changer ou ne pas changer, quelle question… changer ou pas ? telle est la question… est-ce même une question ? qui appelle réponse… ou non… ou pas… mais pourquoi changer ? pourquoi vouloir changer ? pour qui ? changer si, mais changer quoi ? changer qui ? quand ? maintenant ? et qui change quoi ? pourquoi changer ? et pour le remplacer par ? quoi ? pourquoi remplacer ce qui est déjà ?

que de questions, pas de réponses, que doutes et interrogations…

car si je veux me changer, est-ce le je qui change le moi ? est-ce que je peux changer moi ? puis-je simplement changer quoi que ce soit ? un je qui change le moi, n’est-ce pas quatre trente sous pour une piastre ? du ptit change… comptant content… se prendre pour du cash… qui change quoi et pourquoi ? quoi change qui et pour qui ?

changer pour changer, parce que la vie est changement, parce que la seule chose certaine dans la vie est que tout change, surtout le changement… tout passe, tout droit ou tout croche, constant changement… comptant changement, changement content content…

qu’on le veuille ou non, les temps changent, les gens changent… et restent les mêmes, demeurent pareils… du pareil au même… changer pour changer, et tout reste… et en même temps que tout change, tout demeure… rouge sur blanc tout fout le camp, blanc sur rouge rien ne bouge…

s’accepter tel quel(le) pour éventuellement pouvoir changer… hum… que koan ceci… mais qui fait sens… car si je suis assez solide pour m’accepter tel quel(le), alors je peux aussi dire oui à la transformation, à la mutation, à la transmutation… à l’alchimie du temps qui passe sur moi et qui me forge et me modèle comme le vent qui passe sur moi comme le temps qui tasse le vieux en moi…

me prendre comme je suis pour éventuellement me laisser transformer, évoluer, me laisser modeler autrement, comme la vie le veut, comme la vie le peut, comme le flot qui coule, comme le rock qui roll… the river is flowing, back to the sea… et pierre qui roule n’amasse pas mousse… au nombril du monde…

changer sans le vouloir, vouloir changer sans le pouvoir, changer simplement car la vie le veut, changer car la vie le peut, change qui peut… sauve qui peut et n’est pas chauve qui veut… à moindre de fendre les cheveux en quatre, et vive la règle de trois, deux par deux… et une souris veeer…rte…

résolutions de nouvelle année… belles promesses à tenir, ou surtout pas… changer sans le vouloir, vouloir changer sans le pouvoir, tourner en rond et revenir au point de départ et recommencer… bonne année… chaque premier janvier apporte son lot changements vains, de futures promesses non tenues, de défis à réaliser, ou probablement pas… cette année je vais…. bla bla bla…

résolutionner et projeter par en avant un passé amélioré, émettre des promesses d’un avenir meilleur, inspiré par un présent passable, incomplet, insatisfaisant… un espoir futur né d’un désespoir présent, un espoir futur pour conjuguer un passé décevant, un présent achalant… avant, maintenant, plus tard… vraiment ? ou toujours maintenant right now ?

plutôt rien à faire… simplement arrêter d’essayer de vouloir éventuellement possiblement peut-être pouvoir changer… arrêter, s’arrêter, accepter, reconnaître, assumer, intégrer, dire oui, sinon peut-être… ou non au changement…

et le changement se produira anyway, qu’on le veuille ou pas, car ce changement vient tout naturellement avec la vie qui passe, avec le vieux qui se tasse, de lui-même… pour faire place au jeune, au neuf, au nouveau, au frais, à l’actuel, au présent…

et le présent, quel cadeau !

_______
Just relax 
Stop trying to change anything
and recognize what is already hereThere may be changes
or there may be no changes 
but that is secondary to
what is always here
traduction maison :
relaxez, tout simplement
arrêtez d’essayer de changer quoi que ce soit
et reconnaissez ce qui est déjà présent
il peut y avoir des changements
ou il peut ne pas y en avoir
mais tout cela est secondaire
face à ce qui est toujours ici
~ Gangaji
_________
exemple touchant de changement :

http://www.facebook.com/photo.php?v=535184355831

bien seul…

15997_527214960624863_567295945_nsixième digression de l’an 13… (s’éloigner pour se rapprocher)… 3/1

je suis bien seul… et vous, êtes-vous bien seul(e) ?

finalement, ça s’en vient… après quelques années, j’apprends la solitude relaxe et pleine… et je prends, le temps… et je prends, l’espace… et je tend la main, au temps qui passe, à côté de moi, sous moi, par-dessus, sur moi, en moi, et à travers…

eh oui, lentement mais inévitablement, j’accepte le fait que je suis seul au monde, OK OK les nostalgiques, connectés à tout et tous et toutes, mais aussi bien seul au monde… seul, bien au monde…

bien sûr, j’ai deux filles, frère et soeurs, des ami(e)s et connaissances, des accointances, quelques complices et ami(e)s intimes, d’ex amoureuses à statut d’ami(e)s, mais fondamentalement, au-delà de ces rôles et relations, je suis seul… fondamentalement seul… comme vous… même si vous êtes en couple ou en relation multi amours…

quelle évidence d’affirmer qu’on est seul(e) non ? mais moins évident de le bien vivre, de le vivre bien, de le vivre en paix et tout court, de le vivre sans manque, sans vide, sans désir d’être en couple… assumer une solitude digne et pleine… reposer solidement sur ses deux pieds, fondamentalement…

le soir de la veille du premier de l’an, après avoir passé la journée avec ma fille en ville, j’étais seul à la maison et je réfléchissais, surtout ce que j’ai fait la veille du jour de l’an cette année, fléchir et réfléchir… si être seul(e) à la maison un samedi soir est une expérience intéressante, être seul à la maison la veille du jour du l’an l’est encore davantage… on est vraiment seul quand on est seul à la veille du jour de l’an…

donc fléchir et réfléchir à la solitude… fléchir une première fois, et fléchir de nouveau… et réfléchir est encore ce que je fais en ce début de nouvelle année… et tous les objets de réflexion sont sur la table ces jours-ci… solitude and all… je fléchis et réfléchis… je plies mes croyances, déplies mes idées, extensionne les possibilités …

eh oui, en ce début de nouvelle ère, je réfléchis à la solitude, mais aussi à ce que je suis, ce que je crois et croyais être, ce que je serai peut-être, ou pas, ou plus… je réfléchis à ce à quoi je «sers» sur cette terre et aussi beaucoup ce à quoi je ne sers plus… servir comme service… quelle est la mission à poursuivre ?

aussi anodin que le geste peut paraître pour certain(e)s d’entre vous, ma vasectomie de l’an dernier a radicalement changé ma position et ma vision sur cette vie… pas si anodin de tout à coup ne plus être en mesure de procréer, de co-créer la vie avec quelqu’une d’autre… quand même 31 ans de paternité dans le corps le jeune cinquantenaire… grosse partie de mon identité qui a sacré le camp… qui suis-je maintenant ?

regarder en arrière et réfléchir sur sa vie donc, surtout pour la laisser aller, accepter que ce qui était n’est plus et ne sera plus jamais… accepter que la période famille telle que connue est révolue, révolu comme révolution, alors apprendre à jouer un autre rôle, un rôle drôle, comme dans différent, comme dans inconnu, comme dans nouveau et frais et inhabituel… changer de rôle, vous vous êtes trompé(e)…

assumer une solitude nouvelle donc qui vient avec le fait que les enfants sont grandes maintenant et volent de leurs propres ailes, qu’elles sont leurs propres elles… papa now et bientôt grand papa peut-être…

être seul chez-moi, en moi et ressentir quelque chose comme une grande vague de compassion envers vous tous et toutes qui vivez seul(e), après avoir fondé famille ou non, vous qui vivez seul(e) et bien, vous qui vivez seul(e) et mal avec ce fait, vous qui apprenez aussi, comme moi, à apprivoiser cette solitude révélatrice, cette même solitude qui berce ma vie à moi aussi depuis quelque temps… et à assumer… et à apprécier…

au bout du compte, pas d’autre but en ce moment que d’amadouer cette dite solitude, l’apprivoiser, la mettre à sa main, la modeler pour qu’elle conforte, sécurise, rassure, comble et remplisse le vide apparent… et d’autre part, à moi aussi de me soumettre à elle, chère solitude, pour accepter que je baigne en elle, que je m’y abandonne, que je suis fondamentalement cette solitude… en solo, unique et planté solide en cette solitude… solitude, dis moi qui je suis dorénavant…

et apprendre l’amour de soi, prendre l’amour en soi et se le donner à soi en premier lieu, se nourrir soi-même, s’auto-alimenter d’amour et d’amitié… avec générosité, abandon, bienveillance… appellez ça égoïsme si vous voulez… fine with me… ou estime de soi, amour propre, fierté, dignité…

alors chers ami(e)s, en solo, en duo ou en trio, en famille, en commune ou en colocation, en amour ou y rêvant, à l’aise ou en manque, in, co ou inter dépendant, sympathique ou fatiguant, êtes-vous bien seul(e) ?

moi si…

de plus en plus…

plus qu’hier moins que demain…