Vivre l’ennui ? Vive l’ennui !
samedi gris, samedi de pluie… beau temps pour s’épandre, beau temps pour répandre des mots en cette chronique, beau temps pour étendre… ses mots sur le code à lignes, sur la corde à lignes…
superbe ici en forêt… quelques moineaux chantent malgré la pluie, chants d’eau… temps calme, lent, temps inutile et indispensable pour simplement apprécier ce qui est maintenant, pas de passé ni avenir… même pas de moment présent car il est déjà passé quand on le nomme… présent ? non passé ! passez Go et récoltez 200 $…
un dicton zen veut que l’on ne peut sauter dans la même rivière deux fois car la rivière est toujours changeante… Osho a poussé ce concept plus loin en affirmant que l’on ne peut pas sauter dans la rivière même une seule fois car la rivière n’est pas la même rivière entre le temps où on décide de sauter et celui où l’on saute… pensez-y ! ou pas… en tous cas pas trop ! koan oblige !
vive la pluie qui nous justifie dans notre paresse de ne pas vouloir sortir le nez… et le reste du corps qui vient avec… dehors… vive la pluie qui fait quand même sortir ceux et celles qui le veulent vraiment… gare à pluie, train-train quotidien… prend le parapluie et part à la pluie… part à la renverse, revient à l’averse, mais à la bonne adresse… parle à la pluie et écoute-là, écoute, là ! la vie s’égoute, oh la la… pluie qui rinse l’hiver de sa lourdeur, de sa blancheur, pluie qui prépare le terrain au printemps, à la vie nouvelle… pluie qui nourrit l’ennui… l’ennui qui fleurit …
et vive vivre l’ennui, quel luxe ! en ce monde où tout le monde court de par le monde, où le temps devient la valeur suprême que même l’argent ne peut acheter… au contraire, le temps c’est pas d’l’argent, l’argent c’est un manque de temps… riche du temps qui passe à rien…
s’ennuyer ? pas le temps… trop d’ouvrage pour ça… trop de choses à faire pour pouvoir un jour avoir le temps de ne rien faire, de faire rien… de n’être rien… quel luxe ! nobodiness ! ne rien faire, n’être rien… rien qui vaille… vite vite, tout faire avant de mourir… avant qu’on ne soit plus rien… qu’on ne fasse plus rien qui vaille…
vivre l’ennui qui nous indique ce point mort en soi où, plutôt que de se divertir de soi-même – télé, livre, journal, sexe, Facebook, magasinage, dope, resto, bla bla bla, etc. – on décide de s’investir en nous et de plonger en soi, sploush ! (je souligne lien avec la photo sinon vous l’auriez probablement pas vu right ?), d’explorer l’infinitude de soi, l’immensité du moi, du soi, l’incessant flot de pensées, d’émotions, de sensations… à l’affut des innombrables mouvements des innombrables organes du corps qui font la job à notre insu, sans arrêt… day in day out !
11 h 11, toujours 11 h 11, en tous cas souvent 11 h 11, au moins deux fois par jour… plus si on suit les fuseaux horaires… 11 h 11 tous les jours, day in day out ! 11 h 11 sans arrêt du temps…
OK temps de ne plus rien faire, pause en cette chronique…
je reprendrai dans quelques heures si quelqu’un manifeste ici le désir que je reprenne… je suis votre esclave, à vos ordres maîtres et maîtresses ! sinon à demain…
et je continuerai à ne rien faire aujourd’hui, autrement…
à bientôt ?

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