depuis quelques mois, j’ai l’impression de disparaître graduellement… et inévitablement… vers une destinée déjà annoncée… déjà déterminée… mais que je ne saisis pas encore tout à fait cependant… je la pressens toutefois… it is coming…
comme la vague impression de me dissiper, de lentement me désintégrer, un peu comme les vieux africains à l’heure de la mort qui vont sagement s’assoir par eux-même dans le désert et qui lentement, sans résistance, patiemment, se laissent ensevelir par le sable… belle image non ? … retourner à la terre… en tous cas plus organique que la situation de nos aîné(e)s en résidence…
se sentir partir donc, lentement, consciemment, sûrement, doucement, naturellement et inévitablement se fondre dans l’océan de la vie qui passe en nous et hors nous… sans laisser de traces je partirai… m’effacerai, fonderai dans le tout… dont vous faites partie… donc vous et moi même destination…
comme l’impression de mourir avant de mourir, mais pas la mort du corps, la mort du moi, la mort de ce que je connais, de ce que je croyais être… de ce qu’on m’a fait croire que j’étais et que j’ai acheté parce que c’est comme ça la vie pour survivre en société : pas d’égo, égo, plus d’égo… comme l’ouverture de cette clôture invisible entre ce corps à moi et la présence qui l’habite et tout le reste de ce qui vit hors moi, en dehors de moi, en dehors de soi… plus séparé…
depuis quelques mois, je suis en retraite fermée chez moi… volontairement… ce que je cherche désormais n’est clairement plus à l’extérieur de moi… ni même à l’intérieur de moi je crois, que car je cherche n’est rien, rien d’autre que de laisser aller quelque chose, une finitude… j’ai désormais un tête à tête avec personne… un duel avec moi-même… qui n’existe même pas, en tous cas de moins en moins… et que le plus fort gagne… ou plutôt que le plus fort y laisse ses plumes… ou comme disait Osho: only loosers can win this game ! rien à acquérir, que des illusions à lâcher, que des mains à ouvrir et laisser la vie nous kidnapper…
grand besoin de toucher au fond du puits, de plonger dans la marmite, d’atteindre le fond du baril… pressentant qu’il n’y a pas de fond, ça continue de descendre et je creuse, je creuse… comme si la vie sociale était horizontale, un passé, présent, futur qui va vers l’avant… alors que la quête de soi – ou la perte du moi – s’inscrit dans un axe plutôt vertical toujours ici et maintenant… ça monte et ça descend… ça monte et ça descend… avec un point central en soi au milieu… on aime quand ça monte mais les deux viennent ensemble… et vient un point où il n’y a plus de haut ni de bas…
le point zénith de la décision lors du saut en bungee vendredi est lié de près à cette quête en soi, à cette plongée à l’intérieur… ça part de la même place, la plateforme du tremplin de 200 pieds c’est aussi en dedans de soi que ça se trouve… il me semble que ça requiert la même qualité de décision, d’engagement envers soi, la même solitude… ça ne peut que se prendre seul(e) ces décisions là… ce saut en bungee continue d’ailleurs de faire son effet pour moi, en moi, me questionnant sur le prochain saut dans la vie… oui je le veux…
je suis en attente en ce moment… et c’est tout à fait OK… j’en profite pour regarder pousser la vie en ce printemps full juicy et plein de soleil… en attente patiente mais je ne sais de quoi… de tout, de rien… j’ai mis en place des installations propres à certains événements mais il semble que la vie a décidé qu’il était encore trop tôt… même pas certain si ça se passera… donc patience, persévérance, adaptabilité, foi et confiance sont les thèmes qui demandent attention… OK donc, on va regarder ça…
ci-bas une chanson tirée du plus récent album de Gilles Vigneault, grand homme d’esprit et de mots, qu’une amie m’a passée hier… de circonstance… et si belle… tout simplement !!! merci Sita…
Je ne sais quel vent
J’aurai dans ma voile
Je ne sais quel jour
On m’appellera
Mais en attendant
Je taille la toile
Je marche à l’étoile
Sans compter mes pas
Je ne sais quel feu
Lavera mon âme
Quelle nuit d’été
Quel matin d’hiver
Mais pour vivre un peu
Je laisse une flamme
Veiller sur la trame
Du temps que je perds
Mon âme tremble
Entre vos mains
Et mon chemin vous ressemble
Je ne sais quel bois
Retiendra ma cendre
Déjà je me vois
Les bras pleins d’oiseaux
Je reste sans voix
Les mots les plus tendres
Ont toujours à vendre
La mort d’un roseau
Je ne sais quelle eau
Il me faudra boire
Je ne sais quels fers
Me faudra briser
Pour que mes yeux clos
Deviennent mémoire
Fermés sur la gloire
D’un premier baiser
Mon âme tremble
Entre vos mains
Vous ressemble
Ne me cherchez plus
Quand il sera l’heure
J’aurai déjà mis
Entre vous et moi
Tout ce qui m’a plus
Dans votre demeure
Tout ce dont je meurs
Et vis à la fois
Ne regrettez rien
Je fus ce fantôme
Je fus ce miroir
Qui vous a répondu
J’étais musicien
Des mêmes atomes
J’avais dans ma paume
Ce départ inscrit
Mon âme tremble
Entre vos mains
Et mon chemin
Vous ressemble
Mon âme tremble
Entre vos mains
Que mes chemins
Vous rassemblent
