la 25, inévitablement, vers le zéro absolu…

depuis quelques mois, j’ai l’impression de disparaître graduellement… et inévitablement… vers une destinée déjà annoncée… déjà déterminée… mais que je ne saisis pas encore tout à fait cependant… je la pressens toutefois… it is coming…

comme la vague impression de me dissiper, de lentement me désintégrer, un peu comme les vieux africains à l’heure de la mort qui vont sagement s’assoir par eux-même dans le désert et qui lentement, sans résistance, patiemment, se laissent ensevelir par le sable… belle image non ? … retourner à la terre… en tous cas plus organique que la situation de nos aîné(e)s en résidence…

se sentir partir donc, lentement, consciemment, sûrement, doucement, naturellement et inévitablement se fondre dans l’océan de la vie qui passe en nous et hors nous… sans laisser de traces je partirai… m’effacerai, fonderai dans le tout… dont vous faites partie… donc vous et moi même destination…

comme l’impression de mourir avant de mourir, mais pas la mort du corps, la mort du moi, la mort de ce que je connais, de ce que je croyais être… de ce qu’on m’a fait croire que j’étais et que j’ai acheté parce que c’est comme ça la vie pour survivre en société : pas d’égo, égo, plus d’égo… comme l’ouverture de cette clôture invisible entre ce corps à moi et la présence qui l’habite et tout le reste de ce qui vit hors moi, en dehors de moi, en dehors de soi… plus séparé…

depuis quelques mois, je suis en retraite fermée chez moi… volontairement… ce que je cherche désormais n’est clairement plus à l’extérieur de moi… ni même à l’intérieur de moi je crois, que car je cherche n’est rien, rien d’autre que de laisser aller quelque chose, une finitude… j’ai désormais un tête à tête avec personne… un duel avec moi-même… qui n’existe même pas, en tous cas de moins en moins… et que le plus fort gagne… ou plutôt que le plus fort y laisse ses plumes… ou comme disait Osho: only loosers can win this game ! rien à acquérir, que des illusions à lâcher, que des mains à ouvrir et laisser la vie nous kidnapper…

grand besoin de toucher au fond du puits, de plonger dans la marmite, d’atteindre le fond du baril… pressentant qu’il n’y a pas de fond, ça continue de descendre et je creuse, je creuse… comme si la vie sociale était horizontale, un passé, présent, futur qui va vers l’avant… alors que la quête de soi – ou la perte du moi – s’inscrit dans un axe plutôt vertical toujours ici et maintenant… ça monte et ça descend… ça monte et ça descend… avec un point central en soi au milieu… on aime quand ça monte mais les deux viennent ensemble… et vient un point où il n’y a plus de haut ni de bas…

le point zénith de la décision lors du saut en bungee vendredi est lié de près à cette quête en soi, à cette plongée à l’intérieur… ça part de la même place, la plateforme du tremplin de 200 pieds c’est aussi en dedans de soi que ça se trouve… il me semble que ça requiert la même qualité de décision, d’engagement envers soi, la même solitude… ça ne peut que se prendre seul(e) ces décisions là… ce saut en bungee continue d’ailleurs de faire son effet pour moi, en moi, me questionnant sur le prochain saut dans la vie… oui je le veux…

je suis en attente en ce moment… et c’est tout à fait OK… j’en profite pour regarder pousser la vie en ce printemps full juicy et plein de soleil… en attente patiente mais je ne sais de quoi… de tout, de rien… j’ai mis en place des installations propres à certains événements mais il semble que la vie a décidé qu’il était encore trop tôt… même pas certain si ça se passera… donc patience, persévérance, adaptabilité, foi et confiance sont les thèmes qui demandent attention… OK donc, on va regarder ça…

ci-bas une chanson tirée du plus récent album de Gilles Vigneault, grand homme d’esprit et de mots, qu’une amie m’a passée hier… de circonstance… et si belle… tout simplement !!! merci Sita…

Je ne sais quel vent

J’aurai dans ma voile

Je ne sais quel jour

On m’appellera

Mais en attendant

Je taille la toile

Je marche à l’étoile

Sans compter mes pas

Je ne sais quel feu

Lavera mon âme

Quelle nuit d’été

Quel matin d’hiver

Mais pour vivre un peu

Je laisse une flamme

Veiller sur la trame

Du temps que je perds

Mon âme tremble

Entre vos mains

Et mon chemin vous ressemble

Je ne sais quel bois

Retiendra ma cendre

Déjà je me vois

Les bras pleins d’oiseaux

Je reste sans voix

Les mots les plus tendres

Ont toujours à vendre

La mort d’un roseau

Je ne sais quelle eau

Il me faudra boire

Je ne sais quels fers

Me faudra briser

Pour que mes yeux clos

Deviennent mémoire

Fermés sur la gloire

D’un premier baiser

Mon âme tremble

Entre vos mains

Vous ressemble

Ne me cherchez plus

Quand il sera l’heure

J’aurai déjà mis

Entre vous et moi

Tout ce qui m’a plus

Dans votre demeure

Tout ce dont je meurs

Et vis à la fois

Ne regrettez rien

Je fus ce fantôme

Je fus ce miroir

Qui vous a répondu

J’étais musicien

Des mêmes atomes

J’avais dans ma paume

Ce départ inscrit

Mon âme tremble

Entre vos mains

Et mon chemin

Vous ressemble

Mon âme tremble
Entre vos mains
Que mes chemins
Vous rassemblent

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