Les chroniques inutiles… écrire pour écrire (41)…

aimer les autres comme on s’aime soi-même ? vraiment ?

pas certain de celle-là moi ! pas nécessairement très gentil pour les autres ça…

cette petite phrase – aimer les autres comme on s’aime soi-même – relue récemment, a retenu mon attention…et continue de le faire… et me chicote, me trotte dans la tête, me bogue, tellement que je dois mettre des mots là-dessus, broder autour, pour tenter d’y voir plus clair… j’ai des doutes sur les fondements mêmes de cette affirmation… car si on devait vraiment mettre ça en pratique, pas évident que le monde irait mieux… je m’explique…

cet hiver j’ai vécu une peine d’amour… je sais, je sais, je ne suis pas spécial ni le premier, vous aussi ça vous est déjà arrivé… ben oui, ça fait mal en ta… pis on finit par s’en remettre…

moi le grand indépendant devant l’éternel, le ptit guru de l’autonomie, le joe cool des relations, le finfinaud du «j’ai pas besoin de personne pour être heureux»… j’ai découvert que derrière le «pêteux de bretelles» relationnel, se cachait un ptit gars needy needy qui avait encore besoin de sa môman, qui la cherchait hors de lui… en fait, je me suis rendu compte que j’aimais l’autre plus que moi… ce qui est évidemment impossible en théorie, on sait ça vous et moi car on peut pas donner ce qu’on a pas… et pourtant, on peut se le faire croire et prendre ça pour du cash… pour un bout de temps…

j’ai réalisé qu’en projetant mon amour en dehors de moi, sur autrui, en pensant à l’autre plus qu’à moi, en m’attachant, en tissant un lien privilégié avec l’autre en dehors de moi, j’étais comme un beigne avec un gros trou au milieu… je vivais en périphérie de moi, je vivais en l’autre, pour l’autre, mais tout ce que je donnais, ou pensais donner, c’était pour être aimé par l’autre car moi-même je ne sais pas faire ça pour moi-même, par moi-même, en moi-même… de moi à moi… l’amour reçu de l’autre, le regard amoureux de l’autre porté sur moi me nourrissait, me faisait vivre et exister… bref je ne m’aime pas…

en principe, enfant, on reçoit de l’amour de nos parents, de notre mère en particulier, ce qui nous remplit, nous comble et quand c’est plus ou moins plein, ça se met à sortir de soi,  ça r’vole autour, ça se répand naturellement… de préférence sur un quelqu’un ou une quelqu’une qui correspond à l’image qu’on se fait de Roméo ou Juliette… ça c’est la théorie…

en pratique, tout cet amour qu’on reçoit, ça c’est si on a eu la chance d’en recevoir un peu, c’est pas toujours gratuit et inconditionnel… y a prix à ça… tu m’aimes donc je te dois… alors on apprend à aimer ainsi…  avec des conditions, des attentes…

dans le fond, on ne s’aime pas tant que ça… l’amour en soi est fragile, l’amour de soi pour soi est mou…

vous voulez une preuve que vous ne vous aimez pas tant que ça ? écoutez votre voix sur votre boîte vocale… regardez des photos de vous… parlez devant un groupe… faites une gaffe en public… y a pas grand monde de plus exigeant envers soi-même que soi-même… on est durs avec soi… pas sûrs de soi… prêt à pardonner à peu près à n’importe qui mais à soi ? ça grince dans les coins…

mais y a de l’espoir… graduellement, à force de recevoir des preuves d’amour, d’amitiés, à force de donner et de recevoir, d’échanger, à force de suer à travers les relations familiales, amicales et amoureuses, avec les années qui passent, avec la sagesse qui croît, on se rend compte qu’on a pas le choix, faut que ça parte de soi… faut être égoïste, prendre soin de soi et éventuellement, l’amour finit par grandir… et trouver son chemin…

on veut tous aimer inconditionnellement… mais la marche est haute, la route est longue… avoir des enfants est probablement l’expérience qui nous permet le plus d’expérimenter cet amour sans condition… et encore… ils ne sont pas si rares les parents qui, exaspérés, les nerfs à bout, s’en remettent à la DPJ… fouttent leur enfant à la porte… abandonnent car l’amour, pour grandir doit être donnant-donnant, réciproque…

et pour conclure, quelques mots de mon bien-aimé…

«la leçon fondamentale consiste à s’aimer soi-même si totalement que l’amour déborde et finit par atteindre les autres.  Je ne suis pas contre le partage, mais je suis tout à fait opposé à l’altruisme.  Je suis pour le partage mais tout d’abord,  vous devez avoir quelque chose à partager. Alors vous ne devez rien à personne, au contraire c’est à la personne qui reçoit votre amour que vous êtes redevable.  Vous devez la remercier car elle aurait pu refuser votre amour; elle a été généreuse d’accepter. C’est pourquoi j’enseigne l’égoïsme. – Osho

l’amour n’est pas une relation, c’est une disposition intérieure.

3 réflexions au sujet de « Les chroniques inutiles… écrire pour écrire (41)… »

  1. Avatar de Mononc ClaudeMononc Claude

    Salut Ati – J’aime bien le mot de la fin:
    l’amour n’est pas une relation, c’est une disposition intérieure.
    Ça me rappel ce que dit Anthony Demello à propos de l’isolement. Il dit: The remedy for loneliness is not contact with people; the remedy is contact with reality.

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    1. Avatar de atisupinoatidion666 Auteur de l’article

      salut claude

      indeed, très juste… contact avec soi-même qui amène là j’imagine

      bon contact avec ta réalité…

      ati

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  2. Avatar de Ravi/Jean-Claude CoutureRavi/Jean-Claude Couture

    depuis longtemps j’ai réalisé que je suis incapable de dire je t’aime ….. j’ai l’impression que je siphonne pour avoir un retour…. et quand je suis amour, et que je peux dire «j’aime» , je suis en état de dire «je t’aime». Cela a un sens comme un don, une expansion en toute liberté; je suis prêt à me laisser cueillir

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