voir dans le noir…

septième offrande 18/11 (32 jours avant le 21 décembre… tac !)

salut noirceur, bonjour lumière, allo lecteur/trice… salut l’ami, salut lumière…

la nuit… noire, sombre, vide, rien… puis ouvrir les yeux, même dans le noir… ouvrir les yeux surtout dans le noir car c’est là que la lumière s’y loge, s’y réfugie, s’y enfouit et s’y cache… la lumière est dans le noir comme la perle est dans l’huître… dans le noir du fond de mer…

ouvrir les yeux et tenter d’y voir, y voir clair, y voir noir, y voir de plus en plus gris de petit à petit, regarder en l’air, regarder par terre, r’garder d’travers… pour simplement fermer les yeux et voir à-travers, voir dans le noir, l’obscurité, le néant, le vide et le rien, le flou et le plein… voir dedans, voir l’obscurité, oser voir l’obscurité, oser voir son obscurité… sa noirceur et son ombre… mais pas d’ombre sans lumière… regarder pour y voir… et y perdre son regard…

plonger en soi, y boire sa noirceur, s’y perdre, s’y lover, s’y purifier, s’y mélanger, y abandonner ses sens et ses croyances…. boire la lumière, noire ou blanche, jusqu’à plus soif… jusqu’à plus croire… en soi et par choix… étancher sa soif et faire son rapport au grand boss, à soi-même, au néant… se gaver de noirceur puis se gaver de lumière, la laisser passer en soi… la laisser nous lover, nous laver, nous brûler…

toute sa vie durant, on cherche la lumière en dehors de soi, on cherche la switch… on cherche la switch ON mais c’est la switch OFF qui compte, qui sert à nous ramener en soi… alors que c’est la lumière du dedans dont a besoin pour voir… voir l’essentiel, ce qui compte et surtout ce qui ne compte pas, ce qui nous aveugle… alors que la lumière du dehors ne fait que nous boucher les yeux, nous fait penser que ce que l’on doit voir se situe à l’extérieur, dans la grande illusion quand au fond, on ne voit rien hors de soi, on ne rêve que de soi… on ne peut voir que du dedans… voir le rien du dedans… mais le chemin est sombre avant de se rendre à la lumière… et requiert courage et foi… et peut-être qu’il n’y a pas de lumière… pas de garantie…

car dehors, tout ce que l’on peut voir, c’est du dehors, de l’autre, de l’étranger, du non-moi… oh oui, on peut voir bien de la beauté en dehors, certainement, dans la nature, dans le ciel étoilé, tiens un enfant qui rit et une madame qui prie ! mais, au fond, beaucoup de distraction et de divertissement out there… au fond, ce n’est que soi que l’on voit out there anyway… alors au fond de soi…

car le vrai film, l’ultime comédie dramatique ne se passe qu’en soi, l’écran est au fond du gouffre, le géant, le grand, le creux, 3 D, Imax etc… l’écran le plus vrai et le plus épeurant… alors fermer les yeux et perdre le focus, plonger son regard et accepter de ne rien voir pour un temps… indéfiniment… éternellement… jusqu’à ce que le focus revienne… ou pas… dans cette grande comédie, nous sommes l’écran et le/la projectionneur/niste…. et l’ensemble des acteurs/trices, et producteur/trice et réalisateur/trice et le reste de l’équipe…

alors plonger son regard en soi, dans le noir, dans le sombre, dans le dense, comme en trance… et accepter cette cécité, temporaire ou permanente… pour développer un autre type de regard… fermer les yeux pour voir, finalement… voir ce qui compte, voir au-delà du conte pour enfants, cette belle grande histoire inventée qu’on n’arrête pas de faire jouer, pause play pause play… pour possiblement finalement découvrir le grand jeu qui se trame derrière l’écran… faire équipe avec le gars des vues, pas la ptite vue, la grande, la belle histoire qui ne se termine jamais… et qui n’avait d’ailleurs jamais commencé…. et qui se poursuivra toujours…

the end…

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image : thomas keller

9 réflexions au sujet de « voir dans le noir… »

  1. Avatar de sylvainbretonsylvainbreton

    Bien dit ! Tout est dans l’acceptation, du clair ou du noir, du beau ou du laid; car dans notre façon de voir les choses sur une échelle de jugement, le bien et le mal de ce satané arbre de la connaissance véhiculé comme ce conte pour enfants que tu décris, en vérité il n’y a pas de vision comparative donc tout EST, simplement, ni bon, ni mauvais …
    C’EST LÀ, pardi, c’est là, alors prenons-le.

    Ce qui est beau dans ce que tu écris c’est que cela accepte tous les grands désespoirs, les grandes chutes de vie, les trous sans fond de la surconsommation d’hallucinogène ou d’alambic, de paris excessifs ou de chagrin sans fond.

    – « Au fond du puit ‘men’, au fond … la sortie. »

    Tous visent la guérison, l’apaisement, le réconfort … la doudou après le mauvais rêve sur le conte du bonhomme sept heures. Le rejet et non l’acceptation. « Il fait noir, ok ! Voyons voir ce qui ne se voit pas. »

    Quoi que je n’aime pas trop proposer les paroles de sage, celle-ci se rapproche ton texte:
    Krishnamurti: « Personnellement je sens qu’il n’existe pas de pouvoir extérieur à l’homme, tout pouvoir en apparence extérieur se situe en réalité dans l’homme. Ce qui est associé à la notion « Dieu » est déjà là dans l’homme, pas d’autres pouvoirs en dehors de lui. Il n’existe aucun pouvoir hors de l’homme. En lui.

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  2. Avatar de atisupinoatidion666 Auteur de l’article

    beau compliment que de me faire coller des mots de Krishnamurti à côtés des humbles miens… vendredi 8 h 30 à la vagabonde pour que nos boîtes à mots se croisent ?

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  3. Avatar de sylvainbretonsylvainbreton

    un face à face à la « il était une fois dans l’ouest » … tout dans le regard, l’esprit alerte, le sifflement de la vie dans les cactus – ok !!

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  4. Avatar de Sharpie DouceSharpie Douce

    Très belle chanson de Fred Pellerin : J’apprends à me tenir debout : http://www.youtube.com/watch?v=HpRCFvTPI3o
    « C’est dans la pénombre que la lumière est belle », « c’est dans le brouillard qu’une rencontre est belle » « Et puis une défaite qui vaut toutes les victoires » « C’est dans le silence qu’une réponse est belle »
    C’est pas un sage, c’est un poète!!! Alors j’ai le droit de te le citer 🙂

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