réaliser qu’on dort ou rêver qu’on est éveillé(e)s ?

quatorzième offrande 23/11 (28 jours avant le 21 décembre… une lune, pleine…)

on pense qu’on est totalement ici vous et moi, présent(e)s, conscient(e)s, right ? pourtant pourtant…  on dort au gaz… oui oui… moi le premier, je le constate ces jours-ci… mais c’est votre cas vous aussi, désolé de vous dire ça…

nos yeux ne voient que ce que le mental ne peut concevoir… possible de voir quoi que ce soit quand on est aveugle ? quand on a les yeux plein d’idées préconçues, de croyances sucrées et divertissantes ?  j’ai les yeux bouchés par mes croyances… je ne vois que ce que je pense… je ne vois que ce que j’entretiens comme idées… je ne vois que ce que je pense savoir… donc je ne suis que ce que je ne pense être… mais suis-je qui ou quoi que ce soit anyway ?

mon constat du moment ? toutes mes croyances et les idées que j’entretiens m’aveuglent et forgent ma prison… et je vis dans une belle cellule… une cellule que j’ai décorée avec goût, esthétisme et confort mais cellule quand même… une cellule que plusieurs d’entre vous me disent trouver belle aussi… et vous, la vôtre, votre cellule, belle aussi ?

ces temps-ci, une fois de temps en temps, j’ai des éclairs de lucidité qui s’allument, des puffs d’éveil qui montent, et subitement et hors de mon contrôle, à mon insu, je vois la lune, et puis pouf ! je me rendors… pour têter de nouveau le doigt qui la pointe… cette lune et continuer ma quête… quêteux de lune perdue dans les dunes… de sable et de mirage…

et plus j’ai des ptits bouts d’éveil, plus je me rends compte que je dors au gaz la plupart du reste du temps… frustrant mais en même temps inévitable si on veut s’éveiller un jour ça a l’air… je vois que je ne vois pas… encore ? eh oui… et encore… alors je cultive mes ptits moments d’éveil, je les collectionne… je les utilise pour bâtir mon nouvel observatoire, pour me donner soif, accroître ma faim, développer mon appétit… pis maudit que j’ai faim… je ferais à peu près n’importe quoi pour avoir une bouchée du grand snack…

et en même temps, je me doute que cette faim et cette soif me poussent dans toutes sortes de direction, que parfois je m’égare sur la route, mû par ces instincts de base… mais que faire quand pris dans cette mouvance ? on ne peut que continuer, pas à pas, même quand on ne sait pas où aller, quand on ne sait plus faire le prochain pas… continuer ou arrêter, s’arrêter, prendre son temps… attendre d’avoir une poussée, une montée de lait existentielle qui nous amène ailleurs, plus ici que jamais, nulle part… personne nulle part…

pour moi, ces temps-ci sont révélateurs quant à mes croyances illusoires, mes artifices mentaux, mes ptites luxures spirituelles… ma flashlight interne est pointée directement en moi, dans tous les ptits coins de bibi, même les pires ptits coins… et de temps en temps, parfois,  souvent, j’ai des flashs d’affaires pas jojo qui me montent au visage et au nez… et ça ne sent pas toujours bon… mais à force de tasser les ptites cochonneries sous le tapis, faut que ça finisse par sentir un jour non ? pensions-nous que ça allait disparaître ? y a des limites au compostage…

mais ai-je le choix ? avons-nous le choix vous et moi ? me semble qu’on fait bien des détours pour simplement ne pas se voir… pas ne pas sentir… pourtant y a des ptits bouts qui dépassent depuis longtemps… et on se doute bien qu’il y a des mottons à nettoyer… sauf qu’on se garroche pas là sans y être obligé(e)…

et de mon côté, ce moment est ici et now… wake up call !  alors on se relève les manches, on épluche, en fait c’est nous-même qu’on épluche, donc devrais-je dire qu’on s’épluche ? on se dépouille de ses faux trésors, de ses apparats, de ses repères, de ses parures, de ses bases mêmes existentielles mêmes… on arrache une couche à la fois, parfois y a de gros bouts qui partent d’un coup, d’autres parfois que de petits bouts sur lesquels il faut gosser longtemps.. petits bouts d’âme, petits bouts d’éternité en soi, petits bouts de soi… jusqu’à plus rien…

alors moi j’en a assez d’être aveugle, je suis prêt à voir du noir… jusqu’à ce que mon regard s’ajuste et s’affine… donc je me déconstruis, je me défais, je me mets en ptits morceaux, je me mets tous les morceaux sur la table, je me mets toutes les bittes sur le blogue, devant moi, devant vous, devant le monde… je m’étends l’âme sur le sofa virtuel, je me mets l’esprit, le sain et le moins, sous la loupe, au micro, macro et téléscope, je me zoom moi-même, je me mets le focus dessus… et je zappe…

et on verra ce que l’on verra… et je veux tout voir, surtout ce que je ne veux pas voir, savoir ce que je ne veux pas savoir… montrer surtout ce que je ne veux pas montrer… je suis mon propre rat de laboratoire que je dissèque, certains parfois avec dégoût, d’autres parfois avec jouissance… mais le plus possible avec sincérité, honnêteté et lucidité… et humanité…

wow ! beurk ! zap…

12 réflexions au sujet de « réaliser qu’on dort ou rêver qu’on est éveillé(e)s ? »

  1. Avatar de RaviRavi

    beau moment de lucidité…. et si c’était ça l’éveil……d’arrêter de chercher et de laisser la lumière se dire d’elle même…….
    hier j’étais avec un chercher en sociologie de l’UQAM qui tente de trouver comment amener des individu à s’éveiller à une dimension politique au travers leur recherche d’emploi….. j’aime bien l’écouter dans ses instropection…..
    moi aussi je suis déjà dans l’introspection et dans l’action, mais pas politique…
    son père venait de décéder…… je l’écoutais et lui réflétais que c’est un bon temps pour connecter avec son papa……. il avait les larmes aux yeux….nous étions au même endroit….
    ……….jusqu’òu je dois «casser pour me faire entendre»? n’est-ce pas le chemin du changement social que de vivre son chemin intérieur, le vrai engagement politique?
    bonne journée …..une autre journée d’animation, puis après ça relache….oufffff
    Ravi

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  2. Avatar de Chantal DeslauriersChantal Deslauriers

    C’est spécial, je venais de retrouver sur mon ancien site Facebook une phrase de Gustav Jung:
    « Qui regarde à l’extérieur rêve, qui regarde à l’intérieur s’éveille. »
    Je marche aussi sur le chemin de l’éveil en pleine recherche de qui je suis.
    Comme tu le dis si bien, oui des grands bouts je dors au gaz…
    Mais je reviens au plus direct vers mon moi profond.

    J’ai hâte de baigner de nouveau dans l’énergie de L’Aiglise… 5 heures de silence de plus pour entretenir ce lien avec moi-même entourée des autres.
    Je reste dans mon présent… Préparation à accueillir des amis ce soir dans mon nouvel espace de vie…
    Je cherche tous les moyens possibles pour reste éveillée…
    Tes chroniques sont des outils importants pour moi.
    Merci et excellente journée à toi et aux lecteurs!
    Chantal

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  3. Avatar de SamanoSamano

    Manger son ombre…ça doit être ça que Paule Lebrun voulais dire quand j’ai commencé à faire des ateliers…il y a 15 ans…Et moi tout naïf je demandais comment on fait pour Manger son ombre? et elle me répondais : » L’ombre ça se grignote…on ne peut pas la manger d’un seul coup, on risque de s’étouffer  » C’est ce que tu fait pour nous en direct avec beaucoup de lucidité et d’authenticité. Merci mon ami!

    Samano

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    1. Avatar de atisupinoatidion666 Auteur de l’article

      merci pour les bons mots, bene diction

      oui on se grignote l’ombre en gang… chacun de notre bord,,, ça vas finir par être clair en baptême 😉

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  4. Avatar de lili

    « j’ai les yeux bouchés par mes idées… » ça raisonne en moi!
    oui… oui… bien plus lucide dans sa vie onirique que diurne, la fille! ça doit expliquer pourquoi j’ai tant de mal à sortir du sommeil de ce temps-ci… quand mon mental est endormi, c’est là que je m’éveille! et quand je me réveille, que j’ouvre les yeux, je m’endors! pourquoi donc?

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