
seizième offrande 24/11 (27 jours avant le 21 décembre… tourlou)
soyons clair dès le début : ce titre n’est pas une question…
c’est un constat… une affirmation, un aveu, un questionnement, une invitation, une révélation, une quête… actuelle, intemporelle, éternelle… pour la première partie du moins… car évidemment, je ne peux parler pour personne d’autre que moi, ne peux pas parler pour tu ni pour vous… d’ailleurs, peut-être que pas une seule paire d’yeux ne se penchera sur ces mots…
en fait, si je ne peux parler pour autre que moi, je ne peux même pas non plus parler pour moi-même, non plus pour je… j’ai même penser intituler cette chronique pourquoi ça écrit, pourquoi ça lit… car ce n’est pas vraiment moi qui écris ces mots, et je ne sais pas vraiment si c’est vous qui les lira… je ne vous connais pas… à part quelques-un(e)s… impersonnelle relation virtuelle… des mots libres d’attaches… des mots fous de liberté…
donc pourquoi j’écris ne demande pas de réponse puisque pas une question… pourquoi j’écris comme réponse…
ces chapelets de mots ne sont qu’un miroir, une table de travail, quelque chose à perdre… bébé quêteux fait petit cadeau à maman vie… mon labo personnel grâce auquel je me mets à nu, ma table de dissection, d’éviscération, d’écartillation…
des mots comme une vente de débarras où tout est gratuit, ou le bar est ouvert… servez-vous… où les mots cachés au plus profond de ma tête et mon coeur trouvent l’air frais pour respirer, s’aérer, puis se perdre dans l’univers… et soulager l’âme de sa lourdeur, libérer l’âme de sa couleur, soutirer l’âme de la grande peur…
ces mots me servent à moi en premier lieu… oui, je suis mon principal lecteur, mon hannibal lecteur… mangeur de mots… j’écris principalement et surtout pour moi… me myself ati… en fait strictement pour moi… et pour ne plus être moi… ah ! que je suis égoïste…
ces mots sont mes mots à moi, mais en même temps, ils ne m’appartiennent pas, ne m’appartiennent plus, ne m’ont jamais appartenu… je mange et broies mes mots, parfois les bois… et les recrache… je les scrute, les dévore, regarde qui s’y cache, ce qui s’y camoufle…
ces mots révèlent ma folie, mon ombre, l’autre côté de mon miroir, mon inconscient wild et sauvage, incontournablement et inévitablement collectif car un inconscient ne peut-il qu’appartenir à soi ? allez, je vous partage un ptit bout du mien… vlan… mais ces mots ne révèlent que ce que mon censeur intérieur permet de laisser filtrer… et tout le reste que vous pouvez interpréter et moi non… on ne peut rien vous cacher… même et surtout ce qui n’existe pas…
ces quelques mots humbles mis en bouche et en doigts m’épluchent, me strip, me tease, me grignotent, me chicottent et placottent entre eux, à mon insu… ils rient de moi… ils me font me mettre à nu devant vous… impudiques mots à dire… pudiques mots à ne pas dire… encore moins lire…
oui ces mots rient de moi, moi qui pense les choisir… ces mots ont pris le contrôle de ma vie, je vis maintenant pour eux… je suis finalement devenu un esclave de mes mots, esclave de ces mots… ils m’obsèdent, me possèdent, me mènent et souvent me malmènent… ils me font la vie dure, ils me montrent qui je suis, ce que je suis car oui je suis ces mots qui sortent plus vite que moi, qui s’écrivent plus vite que mon ombre… et filent plus vite que mes doigts… ils me font dire ce que je ne veux avouer… que des lapsus ces mots dits et écrits… que des aveux ces mautadits…
des mots thérapeutiques, des mots qui libèrent, des mots qui soulagent, des mots qui tiquent et piquent, des offrandes qui se donnent et me donnent temps… qui me donnent tant… en me prenant… je me donne en mots, je vous donne ces mots qui ne m’appartiennent pas plus à moi qu’à vous… merci de les prendre si vous prenez votre temps pour les prendre et les entendre… ou pas… car les mots sont davantage intéressés à me faire voir quelque chose à moi qu’à vous… car je n’ai rien à dire vraiment… plutôt médire, plutôt me dire… et s’ils vous font du bien à vous aussi, tant mieux…
des mots pour me dire et pour me lire, comme des cartes de tarot auxquelles on peut toujours donner sens, qu’on peut toujours twister pour fitter une certaine réalité près de chez-vous… ou ailleurs… des mots qui disent ce que je veux voir… ou pas…
mourir d’écrire… et comme le dit saint steve, en se souvenant que l’on va mourir et tout perdre, et ce à tout moment, on peut alors posséder le monde… les quêteux sont nus, les quêteuses aussi… alors ils et elles peuvent s’offrir à nu… coeur et âme…
bon appétit…

Après avoir libéré l’âme de sa lourdeur, libérer l’âme de sa couleur… libérez!
Shine on you crazy diamond!
brille diamant fou