voyage au coeur de l’oignon…

dix-septième offrande 25/11 (26 jours avant le 21 décembre… down it goes)

une pelure après l’autre, se poursuit ce lent et continuel dépouillement de l’âme… jusqu’au coeur, jusqu’au centre, jusqu’au grand et petit rien tout nu…

je le soupçonne de plus en plus venir et s’approcher ce rien de moi… caché sous les multiples pelures, lové au coeur de ce que je croyais être… lente décroissance personnelle… ratatinement d’égo jusqu’à plus rien, jusqu’à plus soif de moi ni de quoi que ce soit… épeurant et en même temps inévitable… la mort avant le temps… la mort du moi, la mort du soi… no-self

chercher, quêter, se dépouiller, se dépoussièrer… on pourrait croire que s’alléger, réduire, minimiser, se simplifier, soi-même et sa vie est satisfaisant, jouissif et extatique… parfois ça l’est mais souvent, la plupart du temps, c’est épeurant, paniquant, bouleversant, déstabilisant…

ne plus savoir qui l’on était, ne plus se connaître, ni se reconnaître… ne plus savoir tout court… rien, tout, pas du tout… ne plus savoir ce que l’on est, pourquoi l’on vit, où l’on s’en va… ne plus savoir à quoi l’on sert, mais a-t-on seulement déjà servi à quelque chose ? la vie est-elle utile ?

se délester des attaches et des poids du passé… les vies, les années, anciennes idées et croyances antiques… camisoles qui donnaient force… même les liens humains du passé nous filent dans le coeur, entre le coeur… connexions humaines et existentielles vivantes alors, mais superflues depuis… évanescentes maintenant…

que des fils qui nous reliaient à ce qui était, à ce qui fût… mais qui n’est plus… plus tout à fait en lien avec ce qui est actuellement d’ailleurs… et aucune idée de ce qui sera, ni même si quoi que ce soit sera… que sera sera… et qui vivra disparaîtra…

ces grandes périodes de détachement, de dépouillement et de dénuement sont pénibles et probablement essentielles puisqu’elles prennent place en nous… en nous pour libérer la voie, pour faire de la place justement… et perdre le visage à deux faces pour retrouver la face originelle…

dire au revoir, dire adieu, faire bye bye… lâcher la main que l’on tenait et qui nous rattachait à l’ancienne vie… à tout ce à quoi on s’accrochait, ce que l’on croyait constituer notre monde… évanoui, parti, fini… et tout cet espace qui reste inoccupé, vierge, libre… comme le blanc qui recouvre le sol ce matin… aujourd’hui l’hiver… prêt pour le nouveau, le frais, le beau… mais aussi peut-être que le rien, le peu, le pas, le pas ce qu’on attendait…

un pas à la fois, continuer son chemin, parfois en faisant du sur place… chaque pas sait se faire, avec justesse, au bon moment… le pas juste… un pas après l’autre, un pas dans l’autre, ou pas de pas du tout, so be it… alors rester sur place, rester de glace, face à face avec soi-même, ce soi qui fout le camp lui aussi… ce soi qui fond à vue d’oeil…

car au coeur de l’oignon, bienvenue l’inconnu… peut-être une perle, peut-être un rien… qui le sait avant d’être rendu(e) ? et sur le chemin, des larmes, de gratitude, de joie et de chagrin  car les oignons ne se ménagent aucune arme… de destruction massive du faux… coeur d’oignon jamais vu, coeur d’oignon jamais su, coeur d’oignon inconnu… que des pelures, des pelures et encore des pelures… pelures de banane, d’orange ou d’oignon ? salade de vie…

alors si vous aussi vous avez entrepris ce grand processus de dépouillement, je vous souhaite courage, persévérance et détermination… car pas facile ce lent et long et pénible suicide identitaire, couche après couche, une pelure à la fois… s’arracher à soi, à ce qui fut, à ce qui n’a peut-être jamais vraiment été anyway, mais qui n’est certainement plus maintenant…

avoir été si solidement, être si fragilement et qui sera si incertainement… voyage au coeur de l’oignon…

aho et ayoye !

art: gypsy spirit wind

10 réflexions au sujet de « voyage au coeur de l’oignon… »

  1. Avatar de Chantal DeslauriersChantal Deslauriers

    Oui, toute une salade de vie ce matin frais d’hiver…
    Divers tuques, mitaines, foulards et pelures d’oignon pour avoir chaud…
    garder le coeur au chaud… Merci Osho!
    Une petite ballade des Cantons de l’est à L’Aiglise…
    Nous voici, nous voilà… Les « grugeons du coeur » Les Courageux du Coeur pour ce
    powershaker les pelures en groupe c’est meilleurs, intenses et vivifiants…
    Aho!
    Chantal

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  2. Avatar de lili

    « avoir été si solidement, être si fragilement et qui sera si incertainement… » WOW! du grand art, bel ami!
    puissance vibratoire, séisme corporel, éveil spirituel… droit la miche… je me gorge…je me délecte… j’engrange et j’imprègne dans mes cellules ces mots tout doux qui en disent long et qui donnent un sens à mes maux à moi.
    à tout de suite!

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  3. Avatar de DaanDaan

    wow quel puissance est quel fragilite a la foi, je suis en plein dedans, pelure apres pelure ça fais mal mais cest comme ça,merci pour cette belle ecriture.

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  4. Avatar de SamanoSamano

    Un mot mon ami : CONFIANCE! Je peut, tu peux, nous pouvons avoir confiance. Nous ne sommes pas seuls… ça ressemble à un acte de foi et c’est tout à fait Ça! J’ai confiance à cette profonde intelligence du coeur… que tu incarne très souvent! Bonne Journée et savoure le Divin Silence!

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  5. Avatar de jackiejackie

    S’éplucher, s’écorcer, s’écorcher, être à vif, se mettre à nu… un long et douloureux striptease qui amène à se rappeler, à se rap-peler… le rap des pelures, le noyau change d’allure et déploie sa vraie nature…

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