je perds l’ambition et la paresse me gagne…

3687_514454625232498_2049557668_ntrente-et-unième offrande 3/12 (18 jours avant le 21 décembre… woopidou)

ça va mal les ami(e)s… I’m loosing it !  en effet, je perds graduellement toute ambition et je deviens de plus en plus paresseux… de moins en moins sociable et de plus en plus renfermé… je me sens devenir un hermit, un hobbit, une drôle de bibitte…

sérieux ! c’est vrai, plus le goût de grand chose le chroniqueur depuis quelque temps… même manger a perdu son attrait… et ce n’est pas vraiment un problème vous savez ce peut-être temporaire désincarnement actuel… on s’y habitue et même qu’on y prend goût… la vie ne s’en va plus nulle part… et nous non plus… c’est plus relax, mollo, terre à terre, ça se satisfait de peu…

la carrière ? j’ai le feeling d’avoir fait pas mal ce que j’avais à faire… la famille ? check ! les filles sont grandes, d’ailleurs la plus jeune devient majeure ces jours-ci… l’argent ? tant que j’ai un toit au chaud, un peu de bouffe et quelques vêtements, so far so good… des ami(e)s ? oui, sûrement quelques-uns mais pas trop et surtout pas trop à la fois, les mots m’étourdissent de plus en plus et on dirait que je deviens mésadapté socio-affectif avec le temps… méditer en silence et chanter avec les gens sont devenues mes activités sociales préférées…

une blonde ? oui, peut-être, si c’est simple, facile et que ça se passe tout seul, pas envie de chercher même si tout de même encore ouvert à partager un peu d’affection et d’intimité avec une âme de bonne volonté… l’illumination ? ça fait 30 ans que je cours après et je sais moins que jamais ce que ça peut même vouloir dire… ça semble si futile de vouloir quelque chose qui supposément est déjà notre nature profonde déjà présente et que l’on ne pourra jamais atteindre anyway… et ça m’épuise de courir désormais… je préfère la marche lente et distraite… surtout celle qui tourne en rond et qui revient sans cesse au point de départ… passez go et… faites un autre tour de piste…

sérieusement, en ce moment, y a pas grand chose d’extérieur qui m’attire, me motive, me drive et me stimule… dépression saisonnière ou détachement grandissant ? l’avenir nous le dira… mais le présent s’en fout… le beat est doux…

ce que je sais c’est que je me satisfais de plus en plus avec de moins en moins… de moins en moins curieux aussi à savoir ce que je ferai quand je serai grand… car je compte bien rapetisser et rajeunir avec le temps… que diminuer, devenir de moins en moins, disparaître, fondre, m’évaporer…

comme un lent et profond besoin qui pousse au fond de moi de laisser de plus en plus le monde se dérouler sans moi… dans le monde et hors du monde… comme un envie criant de devenir spectateur, de regarder la game se jouer d’en dehors du terrain, de perdre mes opinions, arrêter de vouloir avoir raison, sauver le monde… that’s it, I give up

si un seul désir, que devenir un homme de plus en plus simple, humble, honnête, redevenir un enfant au coeur pur et à la tête légère… ça tombe bien, ça a l’air que c’est là qu’on s’en retourne avec les années qui s’accumulent au compteur… préparer sa sortie…

nouveau ce feeling pour moi qui a toujours eu beaucoup de drive, d’ambition, de détermination et de motivation, les choses sont en train de changer et j’observe… pas encore tout à fait à l’aise dans ce nouveau laisser faire qui ressemblait jusqu’à tout récemment à de la négligence… et que je jugeais avec arrogance et mépris… mais je sens que les choses se placent lentement mais sûrement… comme si la paresse devenait moins péjorative et plus célébrative… plus assumée et appréciée…

dans cette société de performance et de vitesse, où tout doit avoir un sens et toute action servir à quelque chose, cette nouvelle disposition de laidbackitude extrême suscite en moi étonnement et curiosité… vais-je redevenir «normal» un jour ? comme avant ? vais-je vouloir de nouveau jouer la game, embarquer dans le bateau et repartir dans de nouvelles aventures pleines de promesses et d’excitation ? ou bien ce nouveau statut est-il chronique ? je vous tiendrai au courant, promis…

mais en ce moment, ce n’est clairement pas l’action qui prédomine… peut-être est-ce le fait d’habiter seul et autant à l’écart du monde dans ma forêt mais toujours est-il que les choses changent et ralentissent et je ne me reconnais plus… toutefois, quand je prends le temps de l’accepter et d’y goûter, j’aime ce changement de registre, cette décélération, cet important mouvement de slowing down amorcé…  encore un peu bizarre mais je compte bien m’y habituer plus tôt que tard…

OK faut que je me couche, ouf, j’suis fatigué 😉

13 réflexions au sujet de « je perds l’ambition et la paresse me gagne… »

  1. Avatar de RaviRavi

    bienvenue dans le club….. c’est pourquoi j’aime les chroniqueurs…. trop de choses se passent dans la vie, sur la planète….. peu pas tout savoir tout voir tout comprendre…. donc je les lis et laisse passer au travers moi…. des fois il y a des raisonnances…. d’autres fois des réactions de toutes sortes……
    mais qui suis-je pour vouloir changer l’extérieur….. déjà tout un chantier de me changer. et si la vie se chargeait de façonner ma vie…. pas de la paresse çà; de la sagesse de la profondeur

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  2. Avatar de lili

    savais-tu que le paresseux est un animal actif la nuit et qu’il dort 80% de son existence. à mon avis, ce qualificatif ne te colle pas. je pense plutôt que tu es atteint de « sagesse » chronique, cher chroniqueur!
    tourlou

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  3. Avatar de sylvainbretonsylvainbreton

    Toi dans un ermitage silencieux et paisible, moi dans le brouhaha d’une quadruple paternité, une maison en rénovation, entrepreneur au combat, la femme d’une vie, les chicks (poules) et le reste; mais la même expérience. Curieux hein?
    Bah ! Pas tant que ça. On sait bien que le bonheur et le contentement ne sont pas soumis aux intempéries de la vie.
    Pris dans cette tourmente moi aussi, je me suis demandé ce qui se passe, j’ai cherché le pourquoi ou une solution. Il n’y a rien à dire ni solution. Pourquoi une solution? Il n’y a rien à régler, mais il y a tout à vivre.
    C’est le passage, mais les bagages ne passent pas dans la guérite. Ces valises sont un peu de nous, alors les laisser à l’accueil est comme laisser un bras pour mieux passer; ON VEUT PAS, simonak. ON est prêt à mourir pour passer entier.
    Car on a cru toute notre satané (qu’est-ce que Satan à affaire là-dedans) vie que ces baluchons étaient nous, tout le monde le dit, l’humain le croit fondamentalement; on accumule le savoir, les expériences, les valeurs, les biens, les amis, les souvenirs pour s’assurer un petit bonheur mérité un jour.

    Tranquillement, une re-connaissance de soi se pointe le nez … mais c’est un autre soi !
    Sylvanowsky

    p.s. tu le sais bien que je me parle plus que je te parle …

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  4. Avatar de Chantal DeslauriersChantal Deslauriers

    Depuis env.6 mois, j’ai aussi changé de beat.
    Comme toi, moi aui était full sociable et full activités de réseautage d’affaires, j’apprécie ma vie à la campagne un peu récluse. On y goûte et on en veut de plus en plus!
    Les horaires parfois on en a pas et c’est cool ainsi.
    Il me reste encore quelques obligations professionnelles, mais je me prépare à un autre « move »
    qui va me pertmettre d’écrire et de peindre plus… Vive la créativité dans le moment.
    Redevenir « normal » c’est quoi ça?!
    Pour moi non merci la normalité et vive l’unicité et l’originalité!
    Lâche pas la patate ou les chroniques! Moi j’aime ben ça!
    Powershaking time…
    Câlin
    Chantal

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