vite vite vide…

304_391923547562716_2047535119_nquatorzième digression de l’an 13… (s’éloigner pour se rapprocher)… 6/1

dans ma chronique précédente, je relatais cet inconfortable mood d’hier qui a passé sur ma vie comme un gros nuage… sans savoir d’où il venait ni où il allait ni ce qu’il disait… mood dans lequel j’ai décidé de demeurer et de brûler encore un peu davantage et qui, encore une fois, a finalement fini par passer, tout droit quand on ne résiste pas, comme d’habitude, et dégageant du même coup une autre couche, levant un autre voile… oushhh !

je soupçonne que ce vide que je ressens en moi, récurrent mais plus apparent et plus criant au cours de la dernière année, est liée à l’absence d’une personne significative dans mon quotidien immédiat… en fait, il y a très peu de personnes significatives dans ma vie en ce moment… dans mon environnement immédiat et quotidien je veux dire… car bien sûr mes deux filles sont importantes et mes quelques ami(e)s intimes…

non pas que je veuille absolument demeurer seul à tout prix et m’isoler… non non… aussi parfois envie de voir du vrai monde le chroniqueur, de socialiser autrement que sur la place publique virtuelle… en face en face, toutefois et non en groupe, si ce n’est que pour méditer ou chanter dans ce cas… temporairement mésadapté socio-affectivement le chroniqueur…

mais malgré une certaine attirance vers les autres qui commence à poindre timidement, je ressens en même temps encore en moi comme un profond et criant besoin fondamental de rester seul avec moi-même qui persiste… un appel à vivre en autarcie, un peu coupé du monde en quelque sorte… un face à face existentiel avec bibi… comme une grosse vague de fond qui m’incite à rester seul, en contact avec moi seulement, en silence à part ces chroniques…

en fait ce temps en solo s’étire depuis plus d’un an maintenant… je me suis en quelque sorte assigner à résidence, comme si j’avais à mariner dans cette solitude jusqu’à ce que le noeud gordien soit tranché, anéanti, éclaté… ou jusqu’à ce que le spring comes et que le grass grows by itself… ou jusqu’à ce que je réalise qu’il n’y a ni noeud gordien, ni moi… ni rien à dénouer… ni rien à faire tout simplement autre que d’être ici, flotter dans le vide… jusqu’à ?

hier, lors d’un rare passage au village qui m’a fait retourné chez-moi aussi rapidement que j’y suis allé, car encore fragile socialement le chroniqueur, un ami me disait qu’il avait rencontrer quelqu’une de spéciale récemment… surprise ! petit pincement spontané au coeur du chroniqueur… moissi, moissi, que j’ai entendu crier en moi…

et en même temps, je sais très bien que je ne suis pas prêt pour ça maintenant… je suis ouvert mais pas tout de suite… comme la conviction que ce que je cherche se trouve en moi, qu’en moi, n’appartient qu’à moi, ou bien que ce que je dois laisser aller ne m’appartient plus mais c’est seul que ça se passe… encore de la job de bras à effectuer en solo dans la cave… dans le huitième parking sous-terrain…

je crois qu’auparavant dans ma vie, j’ai toujours rempli cette vacuité intérieure à l’aide des autres – compagnes/gnons, étudiant(e)s, blondes, amantes, mes filles, ami(e)s, projets… ou encore par diverses activités les plus excitantes les unes que les autres… je n’ai jamais osé arrêter complètement pour aller voir jusqu’au fond ce qui s’y cache… maintenant je comprends pourquoi ! pas évident ces endroits-là… mais right now, zéro ambition vers l’horizon, zéro mouvement par en avant, que du sur place existentiel, que du creusage en moi, que de l’introspection décapante, hi ha !

en somme, il n’y a peut-être absolument rien à trouver dans ce vide finalement… rien à découvrir, rien à voir, rien à faire, rien à remplir… peut-être même pas de vide non plus… que de l’espace, que de la présence… que de l’inconnu impossible à tagger… et difficile à liker… mais faut aller au bout, jusqu’à ce que la cloche de récré ne sonne de nouveau…

et si vide il y a, il est clair plus que jamais auparavant que personne ne pourra le remplir pour moi… peut-être que ce vide n’existe même pas… que ce n’est ni vide ni plein… que ce n’est même pas, ou si…

peu importe, par souci d’intégrité, je ne peux que rester ici, arrêté, et accepter de faire ce qui ne me semble souvent que du sur place… zéro but, aucune direction… je ne peux que rester en contact avec ce filon qui ne mène nulle part ailleurs qu’ici… toujours ici et maintenant, c’est long ça ! nulle part ailleurs qu’ici, vers moi… et attendre… patiemment… sans attente… jusque ce que l’élan s’amorce de nouveau, jusqu’à ce que la vie m’appelle…

oui envie d’être heureux, comme la plupart d’entre vous, simplement, naturellement, mais pas nécessairement avec quelqu’un… qui me rendra heureux… le bonheur simple first et si la vie veut que ça se partage, avec une ou plusieurs, so be it !

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‎ »In the Lotus Sutra, it is said everything is emptiness — this world is empty, hell is empty, heaven is empty, God is empty, everything is emptiness. Emptiness is the nature of all things, nothingness, so be attuned to nothingness and you will achieve and a deep inner emptiness is needed;  that inner emptiness becomes the womb.  So I’m not saying stop doing, stop action; I’m not saying that. I am saying that whatsoever you are doing, let it be just an outside activity. Inside become feminine, silent, doors opened, empty, waiting… – Osho

7 réflexions au sujet de « vite vite vide… »

  1. Avatar de PrashantiPrashanti

    De loin , je veille …
    Courage à regarder within. Être seul et vivant …. la vie.
    Solitude qui respire, qui étouffe et je rend grâce.

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  2. Avatar de RaviRavi

    10/10…… mais besoin de sortir la tête de l’eau de temps à autre, comme en plongée sous-marine….. et d’autres fois , me sauver en courant, au loin……….. retenu par ces cordes invisibles de l’attachement de toutes sortes (famille surtout, confort aussi…..)

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