mots arrachés…

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vingt-neuvième digression de l’an 13… (s’éloigner pour se rapprocher)… 14/1

ce matin, surprise, les mots ne sortent pas facilement… l’inspiration se fait avare, elle se fait rare… alors allons-y un mot à la fois, écrivons mot par mot… tapons doigt par doigt…

ce matin, le flot des mots s’écoule au ralenti, chaque lettre peine à couler, contrairement à la neige qui se fait eau avec joie et fluidité…

ce matin, les mots dits ont peur de se montrer au grand jour, ce matin les ptits maudits jouent à cache cache avec pudeur…

ce matin, mes doigts ne trouvent pas facilement les lettres du clavier, les touches fuient mes doigts qui se font gros, croches et maladroits…

ce matin, j’aurais pu ne pas écrire, j’aurais pu ne rien dire… mais je le fais tout de même car je me fais écrivain, même si j’écris en vain…

ce matin, je me montre sous un jour plus fragile, sous un angle moins habile, avec des mots labiles, moins dociles… qui me donnent du fil à retordre, qui de silence s’enrobent…

ce matin, j’ai des freins dans les mains, ce matin, j’ai des pouces plein les mains, ce matin, j’ai des peurs plein les coins, ce matin, j’ai tous les mots en moins…

ce matin, je n’écris que pour moi, mais aussi pour te rejoindre, toi qui me prends par la main et qui pose ses yeux et leur regard sur ces ptits bouts de mots gênés qui sortent de mes doigts…

ce matin, j’écrie en silence, en nuance, je mets tous mes mots dans la balance et je vous fais une danse, cabotine, anodine, mais attention ! on ne badine avec l’amour des mots, des mots…

ce matin, j’ai peur de dire, peur de me dire, peur de me lire même, moi-même… insécure et hésitant, hésitant et méfiant… du sens des mots, du temps des flots…

ce matin, je ne peux que taper lettre par lettre, mot par mot, lentement, haletant, cherchant, peinant, tapant sans talent, silence flagrant, silence latent… tous les mots se cachant, à mon grand détriment…

ce matin, dans la pénombre, je vous montre mon ombre, je vous dévoile mes doutes, qui s’écrivent coûte que coûte, qui s’expriment goutte à goutte…

ce matin, je tire les mots du dedans de mon âme plutôt que de simplement les diriger et les organiser comme c’est le cas d’habitude lorsqu’ils coulent à gros bouillon hors de moi cabochon…

ce matin, ici à montréal, c’est le printemps indicible au coeur de l’hiver, mais c’est l’été invincible en moi…

 

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