sannyas 2.0

823_541197979232633_2118462739_ntrente-septième digression de l’an 13… (s’éloigner pour se rapprocher)… 19/1

les lève-tôt qui se réveillent habituellement avec mes mots ont peut-être été surpris(es) ce matin en constatant que contrairement à mon habitude, je n’y étais pas tôt tôt tôt… mais comme vous constatez aussi, je suis revenu… tôt tôt, vous ne me voyiez pas, tôt tôt vous me lisez… les autres, vous n’avez rien vu passer… vous dormiez tranquilles… j’espère…

en effet, je n’étais pas ici tôt tôt tôt ce matin, j’étais ailleurs, mais tout de même quand même un peu ici… à 5 h, je suis allé assister à une cérémonie d’initiation spirituelle de deux amis… les deux nouveaux disciples en question étaient ici à Val-David, sous la neige, avec un feu de bois dans le foyer, alors que le maître spirituel était à Kuala Lumpur en Malaisie… en direct… live… now ici, now là-bas…

ici 5 h, petit matin, là-bas, 16 h, fin d’après-midi… mais même vie, même existence, communion de coeur et d’âme… même connexion…

et malgré les milliers de kilomètres de distance et les 11 heures de décalage, mes deux amis  étaient en communication directe avec le maître, via skype… eh oui… via skype… en contact virtuel et visuel, en communion… par l’âme bien sûr, mais aussi par les yeux et par la voix, pas seulement la ptite voix du dedans, la presque silencieuse, celle aussi qui fait du bruit, celle qui sort de la gorge, la voicale… one two testing, 10-4, 10-4…

définitivement, on n’arrête pas le progrès… être initié par un maître spirituel en temps réel à des milliers de kilomètres de distance, en temps réel… presqu’irréel… même si les moyens se transforment, la relation maître-disciple demeure, se transforme…

moi qui suis devenu disciple à une époque où l’on rencontrait encore le maître de corps à corps, où la présence physique était encore requise, la seule possible à part la télépathie d’âme… et malgré que la relation soit toujours prioritairement d’âme à âme entre un disciple et un maître, et le corps un détail, la cérémonie d’initiation de ce matin m’a inspiré réflexion… et espoir…

car beau de voir encore des gens en quête, curieux, ouverts, reconnaître en certains êtres des sources d’inspiration et leur dire oui… s’ouvrir à une transmission que peu d’entre nous vivons… et nous ne sommes ni meilleurs ni pires que ceux et celles qui ne vivent pas une telle relation… car on ne choisit pas nécessairement une relation avec un maître… car comment le non-voyant peut-il trouver le voyant… quand le/la disciple est prêt(e), la maître se révèle…

dans notre société individualiste actuelle dans laquelle on prône toujours davantage l’autonomie, l’indépendance, le me myself and I – mon oeil – de même que le faire par soi-même, un peu anachronique de se prosterner aux pieds de quelqu’un d’autre… de reconnaître en un autre être une réalisation à laquelle on aspire fondamentalement… une réalisation qui dicte notre existence… la recherche de transcendance…

pour ceux et celles qui n’ont jamais fait la rencontre d’un maître spirituel, désolé, mais vous ne pourrez pas comprendre… car la relation maître-disciple est incompréhensible… même pour nous qui la vivons…

la relation maître disciple est semblable à une relation amoureuse, mais en même temps, drastiquement différente… elle ne s’explique pas et ne s’évite pas non plus quand elle vous frappe, on ne peut que dire oui, que s’y abandonner… quand le disciple est prêt, le maître se présente… et dans cet abandon, l’univers nous rentre dedans… l’égo disparaît, temporairement… de temps en temps…

relation impossible à définir que celle d’un(e) maître et disciple, impossible à expliquer, autant aux autres qu’à soi-même… car monter en amour avec un maître spirituel relève d’une autre dimension… elle ne fait pas de sens… elle est irrationnelle, complètement folle, impossible à saisir…

bien sûr que la relation maître disciple n’est pas essentielle pour tous et toutes… on peut accéder au nirvana sans maître… bien sûr on est son propre maître… mais encore… une telle relation peut s’incarner via toute autre forme : avec un enfant, un animal, la nature, la musique, le silence et le vide… ou pas…

mais quand elle se présente à nous, on y découvre un monde plus grand que soi, on voit à l’extérieur de soi ce à quoi on aspire depuis toujours… on reconnaît sa profonde nature divine qui marche sur deux pieds devant nous, en fait qui flotte presque…

personnellement depuis que j’ai été en présence d’Osho pour la première fois, le monde ne fut plus jamais le même… je venais de pénétrer le mystère… et il n’est encore jamais le même… jamais… bien sûr que même accompagné d’un maître, on marche le chemin par soi-même, mais le maître est un éclair qui illumine temporairement le chemin à suivre, chemin qu’on parcourera seul par la suite, mais en même temps plus jamais seul… un pied dans la marge, un pied dans le divin, le coeur ici et ailleurs…

avec le maître, mort ou vif… car le corps est un détail dans ce type de relation… âme à âme…

à tous les maîtres et à tous les disciples, namasté…

Buddham saranam gacchami (I go to feet of the awakened one for refuge)
Dhammam saranam gacchami (I go to the Dhamma for refuge)
Sangham saranam gacchami (I go to the Sangha for refuge) 

4 réflexions au sujet de « sannyas 2.0 »

  1. Avatar de RaviRavi

    bien sûr que même accompagné d’un maître, on marche le chemin par soi-même, mais la maître est un éclair qui illumine temporairement le chemin à suivre, chemin qu’on parcourera seul par la suite, mais en même temps plus jamais seul… un pied dans le divin, le coeur ici et ailleurs…

    et des fois il y a un grand bout dans la noirceur…. le chemin semble long; puis il y a des espaces de repos……… ouf que cela fait du bien….. le doute également qui s’installe….. il y a la …… «que je vais appeler la foi» ……… qui aide à marcher dans la noirceur, comme un espoir convaincu …….. pas toujours facile de ne pas avoir d’attente….. et de ne pas forcer le destin….

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  2. Avatar de sylvainbretonsylvainbreton

    Je connais les 2: la relation ‘amoureuse’ de disciple/maître et le célibat spirituel.
    Tellement amoureux que j’ai dû brûler cette relation pour m’en défaire. C’est difficile et pénible de se départir de l’aimé(e).
    Et il y a quelque chose de l’autre côté.
    Mais il faut persister autant que de creuser une galerie de 100m dans la montagne.
    Quelque chose de fantastique de l’autre côté. Le-la maître s’y trouve encore, mais à nos côtés et non en face de nous.

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