merci mes dames, mères si, mais dames

480762_472985006089268_492819220_ncinquantième pop-up /// 10/3/13

chronique procrastinée depuis quelques jours autour de la journée des femmes…

vendredi passé, 8 mars, journée des femmes, je voulais mentionner et souligner l’événement par une chronique mais j’en ai été incapable… bizarre le chronicoeur… gêné, timide, comme si je ne voulais pas parler à votre place en cette journée puisque c’était votre journée à vous après tout… je dis votre place car vous êtes en grande majorité des femmes à lire ces chroniques… et étrangement, le soir du 8 mars, sans que cela soit planifié, je suis allé souper avec 5 femmes qui étaient venues méditer plus tôt…

tout à l’heure (oui celle qu’on a perdu durant la nuit justement 😉 le thème de cette journée des femmes est remonté en mémoire lorsque je marchais dans le bois… c’est surtout l’image de Madame Marie-Andrée Bertrand qui occupait la place dans mes pensées, elle qui est décédée il y a deux ans juste avant la journée des femmes…

en marchant, je pensais à la chance que j’ai eu d’avoir eu tellement de femmes précieuses qui ont croisé mon chemin, qui m’ont inspiré, qui m’ont appris à peu près tout ce que je sais de la vie…

je suis un homme à femmes, mais pas dans le sens où on l’entend habituellement car les femmes les plus importantes étaient ou sont mes doyennes et jouant un rôle de mentoresses pour moi… car j’ai eu relativement peu de relations amoureuses… ces femmes je les ai surtout cotôyées dans un rapport non bliblique… elles m’ont montré, appris, enseigné la vie…

alors en hommage à ces grandes dames de ma vie, quelques mots de remerciement en ordre et en vrac…

i59comment commencer un tel tour de piste par une autre femme que celle qui nous a donné la vie, le sein et tout ce qu’elle était et avait, tout le stock de base pour voyager sa vie… la mienne était douce, forte, courageuse, avec le coeur grand comme ça… depuis son passage de l’autre bord, il y a presque 10 ans, elle veille encore sur moi, from up there, je la sens, je la sais présente… je lui parle en tous cas… merci pour tout moman… je garde court car il y a toute une chronique en son honneur sur ce blogue à: https://atidion.com/2012/10/10/les-chroniques-inutiles-ecrire-pour-ecrire-59/

Marie-Andrée Bertrand

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c’est surtout de madame Bertrand dont je parlerai dans cette chronique car c’est elle qui l’a inspirée, étant morte il y a deux ans presque jour pour jour, à la sortie d’un débat public en compagnie de Pol Pelletier et de quelques autres femmes dont j’oublie les noms sur la place des femmes dans la société… quelle soirée ça a dû être…

je pense beaucoup à elle aujourd’hui… elle me rôde autour… ma directrice à la maîtrise et au doctorat pendant presque dix ans… beaucoup de reconnaissance pour cette grande dame… car c’est elle qui m’a éduqué intellectuellement, m’enseignant à développer une rigueur rationelle et logique et une droiture philosophique sans faille… femme d’une rare qualité, on avait besoin de se tenir droit argumentairement parlant face à elle… on disait qu’il était beaucoup plus plaisant de l’avoir de son bord que le contraire lors de sa soutenance de thèse… mais l’avoir eu de son bord, ça veut dire qu’on a dû épluché considérablement son discours…

criminologue, travailleuse sociale, antiprohibitionniste avant l’heure, féministe, musicienne, psychanalyste, pionnière dans plusieurs domaines, elle a travaillé sans relâche jusqu’à la fin de sa vie… à 85 ans, elle en avait l’air et l’énergie d’une femme d’au moins 15 de moins… tristement, elle est morte sur la rue, à la sortie du débat cité plus haut…

ensemble on a travaillé, on a écrit, on a argumenté, on a débattu de tout et de rien, on a disséqué tout ce que j’ai pensé et dit personnellement, socialement, psychologiquement, politiquement et académiquement parlant pendant presque 10 ans… pas reposant d’avoir une psychanalyste comme directrice de thèse 😉 mais éclairant sur soi… une vraie machine à laver avec gros gros tordeur pour l’égo… mais hautement formateur… d’elle j’ai appris à regarder comment penser les drogues autrement… et ça continue…

la première fois que je l’ai rencontrée, j’ai été impressionné car elle était une une idole à moi depuis longtemps… antiprohibitionniste de renommée internationale, initiatrice de la Ligue Antiprohibitionniste Internationale, elle a siégé sur la commission LeDain de 1969 à 1973, y déposant un rapport minoritaire soutenant la légalisation de toutes les substances, elle avait fait sa marque dans le monde des politiques sur les drogues… dans les grandes ligues…

en farce, car gêné et intimidé, lors de notre rencontre initiale en vue de la maîtrise, j’ai lancé à la blague que j’étais son successeur… elle m’avait dit le plus sérieusement du monde : enfin quelqu’un qui se lève pour la cause… ouf, ça partait vite… merci pour tout Marie-Andrée, Madame Bertrand…

http://www.ledevoir.com/societe/justice/318284/marie-andree-bertrand-1925-2011-une-pionniere-de-la-legalisation-des-drogues-s-eteint

Jessica Rochester : quelques mois seulement après la mort de Madame Bertrand, au printemps 2011, j’ai commencé à travailler avec Madrinha Jessica Rochester afin de l’aider à finaliser le processus de légalisation de l’ayahuasca au Canada, dossier qu’elle avait instauré et mené depuis plus de 15 ans… quel travail de moine réalisé par cette femme droite et intègre au cours de ce long processus…

sans être trop attiré par le mouvement Santo Daime à l’époque, et sans connaître Jessica personnellement non plus, nous sommes partis ensemble pendant 3 semaines au Brésil à l’été 2011 afin de compléter les documents administratifs requis… belle et intense et riche rencontre… une chance que ça a bien été sinon ça aurait été long longtemps 3 semaines…

bizarremment, cette rencontre me permet encore une fois un apprentissage auprès d’une femme plus âgée que moi… quelle rigueur, quelle intégrité chez Jessica… mais je ne sais trop quoi penser du fait que j’apprends de nouveau auprès d’une femme plus âgée que moi… pas envie de m’auto-psychanalyser, je vous laisse ça à vous 😉

car ça constitue un rapport de compagnonnage assez particulier d’être un homme qui apprend auprès d’une femme plus âgée… mettons que l’on découvre si de vieux patterns machistes sont encore installés dans le disque dur..

car pour un homme, apprendre d’un homme plus vieux est relativement normal, tout au moins naturel, très différent d’apprendre auprès d’une femme… ça demande une disposition différente… difficile pour moi de nommer avec précision… simplement un constat… mais ça me permet notamment d’apprendre l’intégrité féminine…

ici, en rafale quelques femmes qui m’ont montré et me montrent encore le chemin du coeur:

Chandrika et Premdip : les deux femmes pilliers de la Humaniversity en Hollande qui soutiennent avec coeur et générosité Veeresh dans son travail depuis plus de 30 ans… fortes, sensibles, maternelles et éternellemment jeunes de coeur…

Grand-Mère Dianne Ottereyes Reid : Elder Crie que je découvre davantage depuis quelques années et que j’apprécie de plus en plus… meegwetch…

Charu : mon amie, ma blonde, ma partenaire, la mère de Fanny, une femme de coeur et de tête avec qui j’ai vécu et travaillé pendant plus de 20 ans… elle est depuis un an en processus d’acheter un endroit formidable où plusieurs rêvent d’aller y vivre… malgré quelques refus et obstacles, elle continue et je sais qu’elle va réussir à coups de tête et de coeur… lâche pas Charu, tu y es presque…

Ma Premo : ma complice de Wakatonka et Flying Bull, une femme tout simplement unique… une grande prêtresse, une grande sorcière blanche… smack smack Premo…

Chandrakala : guide du processus satori (que nous sommes une douzaine à suivre sous sa guidance tous les étés depuis des années) et des mouvemens de Gurdjieff depuis des lunes, amie de longue date, modèle d’intégrité et de zen vivant et allumé… une inspiration dans la simplicité et la détermination…

Sabera : mère de ma fille Léonie, compagne de longue route, pour qui nos routes justement se croisaient dans les astres dès nos 19 ans… on s’est vus encore récemment chez notre fille et c’est toujours aussi bon de se côtoyer…

Léonie et Fanny : mes deux filles qui m’apprennent à jouer au père et à penser en fille…

Catherine et Odette et Clelia et Nathalie et Lily et Leslie, mes amies shakeuses et méditeuses et jaseuses et mangeuses de fish & chips et buveuses de bière de Val-David… merci de m’apprendre l’amitié toute simple au féminin… quasiment des soupers de filles nos rencontres…

et finalement, merci aux lectrices de cette chronique… merci de me permettre d’être lu, de sentir que je fais une différence, de sentir que je touche des âmes et des coeurs, de sentir que je ne suis pas seul à vivre ce que je vis, à être humain… homme ou femme, humain d’abord…

vous qui avez la générosité de liker quand vous aimez, la générosité de commenter quand mes mots vous inspirent ou vous émeuvent… je vous sens ici et j’aime ça… ça m’apprend l’écriture sensible, la plume féminine, l’écriture à l’écoute de l’autre…

alors chères femmes, celles nommées plus haut et toutes les autres, merci à vous de tenir le monde ensemble… avec mes quelques jours de retard…

edgymystic

6 réflexions au sujet de « merci mes dames, mères si, mais dames »

  1. Avatar de RaviRavi

    c’est pas mal bon de te découvrir toujours de plus en plus au travers ces chroniques Ati….
    tout un challenge d’égo d’apprendre d’un homme plus jeune, qui pourrait presque être mon fils…
    …….2 chantiers «le passage de Sashi et apprendre l’amitié avec toi , moi, l’ainé d’une famille de gars»

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  2. Avatar de lili

    Bel hommage à la gente féminine!
    Je salue le féminin en toi… le monde à tant besoin d’hommes de coeur, de ta couleur!
    y faudrait te cloner, cher Ati!
    tourlou
    li

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  3. Avatar de TrishnaTrishna

    Cher Ati!
    Ton hommage est d’une intelligence de coeur qui transmet la pureté des femmes qui t’ont dignement montré le chemin. Ta mère et Madame Bertrand ont de quoi à être fières là-haut tout en sachant qu’elles ont aussi été privilégiées d’avoir un « apprenti-sage » comme toi sous leurs ailes. Tu demeures pourtant celui qui trace ta voie-voix et je suis tout aussi reconnaissante de la croiser et de l’entendre…
    En passant, il y a aussi des femmes qui apprennent des hommes, et plus jeunes parfois! Merci! 🙂
    Namaste!
    P.S.: J’adore cette photo de toi et ta mère! et merci pour le lien de l’hommes que tu lui rends, cela m’a permis de le savourer car je suis arrivée sur ton site plus tard… quoique le temps est très relatif!

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