passé décomposé

226427_442926289117667_665420308_ncinquante-neuvième pop-up /// 16/3/13

traduction maison : ton passé n’est qu’une histoire.. et quand tu en prends conscience, il n’a plus aucune emprise sur toi

simple à dire, plus délicat à mettre en pratique celle-là… mais ça sonne tout à fait juste cependant… plein de sens, de psycho logique, évident…

car si nous vivons à la verticale, plutôt qu’à l’horizontale, dans le présent, ici maintenant et non dans le bon vieux temps, I mean totalement ici, le passé ne tient plus… car en vivant chaque moment, ici, maintenant, totalement présent, nous ne sommes plus l’accumulation de nos multiples expériences du passé… zap le passé s’évanouit net et sec… et ce n’est pas nous qui allons le ranimer ce vieux maudit, on vous en passe un papier…

il n’y a pas de secret pour dropper le passé… il suffit de ne plus s’y accrocher… il nous faut simplement vivre intensément ce moment, nul autre, que celui-ci… conscient, confiant que ce qui se produit actuellement est LA bonne chose, LA chose juste, LE seul moment vivant…

en fait il n’est pas possible d’abandonner le passé car il n’existe pas, il n’existe plus… en fait il n’a jamais existé… le passé existe seulement si on s’acharne à le recréer, se le remémorer, le faire revivre dans notre petite tête… et ça c’est beaucoup de travail… et nous, on veut plus travailler autant right ? vacances de vie…

si on s’accroche à qui l’on était, à qui l’on a été, à ce que l’on a vécu, à ce qui fut, le passé vit en nous… et il détermine alors qui l’on sera… un axe prévisible, prédictible… si on vit totalement, pouf ! fini le passé… bulldozé par le présent le passé… ah ce cher et précieux présent, beau ti cadeau ça non ?

dropper le passé ? même pas… plutôt le laisser tomber de lui-même car c’est déjà fait… si simple et pourtant, si inhabituel, si contraire à ce que l’on sait, à ce que l’on nous a appris… je me souviens ? sauvegarder la tradition ? se rappeler d’où l’on vient ? au diable les fantômes et vivre l’alzheimer existentiel… on zappe la mémoire morte… on boost la mémoire vive… sammasati… rappele-toi qui tu es… et non pas qui tu as été…

car le passé est simple, ou pas… il est imparfait, antérieur, mais surtout il est composé… et il serait bien futile de tenter de le décomposer car la tâche est infinie… car le passé peut se décomposer advitam aeternam… les psychanalystes et les psychanalysé(e)s le savent… les premiers en bénéficient, les seconds s’y empêtrent parfois longtemps et s’y perdent…

mais en même temps, s’il est souhaitable de ne pas vivre dans le passé, il serait prétentieux et insouciant de n’y prêter aucune attention à ce cher passé passé date… car un passé ignoré est un passé dangereux… bien connaître pour mieux abandonner… réaliser la désuétude du passé pour ne pas lui permettre de jouer avec nous, de nous défiler en plein visage et jouer dans notre dos à notre insu… on ne veut pas que notre passé se joue de nous… et on ne veut pas non plus jouer notre passé à répétition…

car en effet, inconsciemment, on réagit la plupart du temps en fonction de nos expériences antérieures… automatiquement, nous sommes des bêtes d’habitude, de réaction, de répétition… la voie du passé mène directement à celle de l’avenir, la même voie, simplement un peu plus en avant, nous faisant passer de a à z…

à moins de devenir conscient et de changer de track… car la conscience du présent nous fait faire quant à elle un saut quantique dans l’ici…

vivre ici ? vivre maintenant ? simple à dire, simple à faire… une respiration à la fois, un tout petit moment à la fois… et prendre le risque de se perdre dans le passé par moment, puis de revenir ici, dans le présent, simplement, tranquillement, consciemment, tout doucement, maintenant… un pas à la fois… un petit pas à la fois…

allez ! filez ! petit samedi plein d’ici à vous, samedi présent, samedi maintenant, samedi cadeau…

chronique dédiée à Michel Lafrance pour son sens aigu d’observation… 58, 59…

4 réflexions au sujet de « passé décomposé »

  1. Avatar de Michel LafranceMichel Lafrance

    Avant le décès de Monique, j’ai jasé à plusieurs reprises avec le conseiller spirituel de l’hospice (par coincidence un p’tit cousin de la fesse droite) qui m’a éveillé à l’idée de ne pas accepter les regrets par rapport à Monique, de tout simplement me dire « NON, je ne laisse pas mon esprit aller jouer dans les regrets ». Et ce fut salutaire car ça me permet de lentement tourner la page, de ne pas rester accroché à Monique et aller de l’avant avec ma nouvelle vie. Bien sûr, je conserve précieusement tous les merveilleux souvenirs de 37 ans de vie commune avec ma douce mais je n’ai pas toutes les émotions négatives du « j’aurais dû faire ceci, j’ai oublié de lui dire celà, etc ». Pour revenir à « ma » chronique de ce matin, lorsque je réussi à observer mon passé et non subir ou être victime de mon passé, ça me permet d’en tirer ses leçons, de mieux profiter de mon présent et de planifier l’avenir sans refaire les mêmes erreurs. Facile à dire, mois évident dans le concret mais ça donne une intention. Merci Ati de cette prise de conscience.

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  2. Avatar de ParipurnaParipurna

    Wow, en plein dans le « bull’s eye » cette chronique ou dans le milllll. Comme le disait aussi un grand maître spirituel : Take a position, here and now, c’est tellement plus léger, mes épaules se reposent dans le présent. Comme tu le dis si bien, pas facile, mais très faisable. Plus intéressé de raconter cette vieille cassette, d’y penser. Plus important cette histoire de vie passée. Elle m’aide ici à être qui je suis. Je regarde les flocons danser de ma fenêtre pendant mon heure de dîner au travail et c’est magnifique. Merci à la vie de me donner ces cadeaux à tous les jours.
    Merci Ati, tu en fais partie.

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