technojunky

734674_142048045950033_1142730442_nquatre-vingt-dixième pop-up /// 10/4/13

facebook, twitter, cellulaires, texto, télévision, tablettes, téléphones intelligents, le web at large, nommez-le, on surf dessus un peu, beaucoup, passionnément, trop parfois… on l’utilise, on s’y branche et parfois, on ne peut plus s’en passer… parfois, souvent, on est soudés à l’appareil…

outils de travail pour les un(e)s, moyens de communication pour les autres, ces nouveaux gadgets électroniques de communication sont super pratiques… et un brin addictifs par moment…

je ne sais pas pour vous mais moi, j’y passe une bonne partie de mon temps libre… parfois plus que je ne le voudrais même…

j’y passe du temps notamment pour trouver des illustrations qui pourront inspirer et accompagner mes chroniques, pour alimenter mon blogue et ma page facebook, pour communiquer avec mes ami(e)s et aussi avec mes étudiant(e)s virtuels (je donne un cours universitaire en ligne, eh oui, je suis un e-prof)… je surf aussi dès que je rencontre un terme inconnu et trouve via google, je regarde quelques séries sur tou.tv (car je n’en ai pas une vraie, une télé)… notamment…

heureusement, les madames nues aux gros attributs ne m’intéressent pas, pas plus que ne le font les jeux en ligne, ni les sites de gambling virtuel, ni les sites de rencontre… mais tout de même, arrivent parfois des moments où il est difficile de lâcher la mamelle virtuelle… et je soupçonne que nous sommes quelques-un(e)s dans cette situation…

la cyberdépendance – je sais je sais, un gros mot que nous n’aimons pas et dont nous ne souffrons pas right ?  est un phénomène de plus en plus répandu… et de plus en plus insidieux… je n’ai pas de chiffres précis mais une forte proportion des jeunes sont accros à leur technomachine quelconque… technojunky generation… pas si dramatique comme phénomène, mais préoccupant tout de même parfois… questionnant… intriguant…

pour enseigner et intervenir en toxicomanie depuis plus de 20 ans, je constate un élargissement des comportements compulsifs et addictifs…

initialement, la toxicomanie concernait l’alcool et les drogues (licites et/ou illicites), ensuite sont venus s’y ajouter les jeux de hasard (en chair et en os puis en ligne), puis la nourriture, la sexualité virtuelle, les relations affectives, le travail à outrance (aussi nommé workaholisme)… et depuis une dizaine d’années, on compte dans le lot des manies plus ou toxiques l’utilisation des multiples outils technologiques de communication… décidémment, les comportements de manies toxiques pullulent…

contrairement aux substances psychoactives, ces comportements d’habitude à la base des relations interpersonnelles semblent moins porter préjudice à leurs utilisateurs… les effets secondaires se dissimulent plus facilement, certains étant même intégralement liés au monde du travail…

je ne considère pas la situation pire ou mieux qu’avant, que différente… on parle moins au téléphone, on se texte davantage… on ne s’envoie plus de lettres, on se courielle… on se voit moins en face à face, on se skype… on ne va plus au club vidéo, on s’abonne à netflix et on clenche la série de 12 épisodes en une fin de semaine… pas pire, que différent… mais tout de même questionnant…

très peu d’entre nous nous déclarerons cyberdépendants, moi le premier – j’ai le contrôle quand même 😉 à ne pas me déclarer tel quel… mais quand même… on y est pratiquement à tous les jours, quelques minutes ou quelques heures par jour… c’est d’ailleurs là qu’on se rencontre le plus souvent vous et moi… parfois on se met en auto sevrage pour quelques heures ou quelques jours… mais on sent alors l’appel, le manque…

une jeune étudiante a développé un sondage en ligne dont vous entendrez parler bientôt car un programme spécial sera éventuellement offert dans certains établissements pour les accrochés qui désirent décrocher justement…

vous pouvez compléter ce sondage, très éclairant… ça l’aidera elle dans sa démarche de quête d’information et ça vous éclairera vous aussi sur vos habitudes… ça l’a été pour moi, éclairant…

https://docs.google.com/forms/d/14JeH-xFE-9EWbbWgwBgviiph4PujKtuI_Avb1dXTb48/viewform

et un autre site intéressant :

http://www.centrecyber-aide.com 

on s’en reparle c’est certain…

3 réflexions au sujet de « technojunky »

  1. Avatar de sylvainbretonsylvainbreton

    TRÈS pertinent comme réflexion.

    La dépendance est à toute sorte de niveaux et certaines facettes de cette habitude presque incontrôlable sont moins belles que d’autres. Certaines ne se disent pas, d’autre sont comiques ou ‘normales’.
    Certes, l’alcool, le jeux d’argent, la drogue, le sexe (cyber ou payant surtout) font souvent des ravages sur ceux qui nous entourent tout comme sur nous même.
    Mais une dépendance, quelle qu’elle soit, qu’elle nous affliges ou non, n’est elle pas une compensation à un manque, ou même une manière de vivre qui amène à reporter à demain ce que nous devrions affronter aujourd’hui?
    Je ne sais pas, je regarde les miennes, elles sont multiples, et parfois nous cohabitons avec plaisir, parfois c’est la guerre et le plus fort tend à éliminer l’autre.

    Je crois que la dépendance dans le sucre, dans le jeux, dans l’excitation des sens, dans le cyber, dans la techo, dans la spiritualité, dans la solitude, dans le nouvelagisme, dans l’écologie bio-tellurique-cosmo-magnétique, le ‘weed’ ou dans le n’importe quoi est le refus d’avancer.

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  2. Avatar de france amalafrance amala

    Je partage tout a fait votre avis a tous les deux particulièrement ‘,la dépendance à…………est le refus d’avancer.
    d’ailleurs un petit livre publié en 2004 par michel lemieux sociologue  »La télé cannibale » que j’avais alors acheté parce que m,y reconnaissant m’avait vraiment ouvert les yeux .la photo de la page couverture est très parlante ;à lire si ce sujet vous touche http://www.ecosociete.org/t089.php
    je vais d’ailleurs le relire car je suis pas mal téléphage et c’est à mon humble avis une drogue forte même si légale!

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