
chronique trente-neuvième / 2-10-13
traduction : marchant, j’écoute avec plus d’acuité… tout à coup, tous mes ancêtres sont derrière moi… ne bouge pas ! disent-ils et elles… regarde ! écoute ! tu es le fruit de l’amour de milliers de personnes… – Linda Hogan (écrivaine autochtone)
cette récente et actuelle semaine full soleil, aux airs d’été des Indiens en ces premiers jours d’automne, nous a donné de multiples occasions de sortir et d’aller marcher en forêt… que c’est beau dans ces grand bois d’érables écarlates au tapis feuillu, joufflu, dodu et touffu… full feuilles partout…
comme si on se sentait redevenir hummus à l’automne, comme ces feuilles qui, à chaque automne venu, viennent ajouter une nouvelle couche à la terre, une autre épaisseur de nutriments, une autre couche au coussin nommé terre… oui, en automne, en marchant en forêt, on se sent plus que jamais faire partie prenante de la terre… on lui marche dessus mais on s’y sent dedans et on la sent en nous la terre… notre mère terre et notre père qui êtes au cieux… nous ? nous sommes aux oiseaux…
mais nous sommes surtout fils et filles de la terre… pas seulement de notre mère… nous sommes des organismes chimiques, des âmes incarnées mais dans un corps humain totalement organique, connectés aux autres êtres vivants mais aussi en étroit contact avec le sol que nous foulons…
évidemment, plus facile de sentir ce contact avec la nature en vivant ici en forêt… d’ailleurs plusieurs études portant sur ce contact direct avec la terre – ce que l’on nomme earthing – indiquent que cette connexion à la mère terre est essentielle à notre santé physique…
mais si le contact avec la terre est notamment organique et énergétique, il est aussi d’ordre spirituel… car chaque personne qui est passée ici avant nous a foulé le même sol que nous foulons encore de nos jours… avec quelques couches en plus…
ces jours-ci sont immensément beaux, superbes en tous sens… et ils permettent de retrouver ce contact avec la nature, mais aussi avec ceux et celles qui ont foulé la terre avant nous… ces ancêtres à qui nous devons le confort dont nous jouissons en ce moment, ces gens qui ont ouvert le chemin pour nous…
en ce sens, les amérindiens privilégient la reconnaissance de leurs ancêtres, de leurs grand-pères et leur grand-mères… les elders autochtones sont en général reconnus pour leur sagesse, appréciés pour l’expérience acquise… leçon de sagesse pour nous qui parkons nos vieux et nos vieilles en résidence en les bourrant de médicaments ?
donc alors oui profitons de ce – beau – temps… pour prendre le temps justement… le temps de regarder, d’écouter, mais aussi de sentir la vie, par les pores de sa peau, par la plante de ses pieds, par les odeurs environnantes qui nous chatouillent le nez… laissons le soleil nous effleurer les sens sans dessus dessous, nous chauffer le peau avant la grande rentrée, la vraie…
bon été les Indiens !

Yes!
Belle chronique encore, et merci encore pour nous rappeler d’ou nous venons
et que nous sommes toujours bien accompagné.
Je voulais te dire que lorsque tu seras prêt à une soirée lecture de tes textes,
je serais honorée de pouvoir en faire la lecture.
Une idée comme ça survenue plusieurs fois en les lisant à voix haute.
Cela pourrait être une bonne source de revenus;
surtout avec un accompagnement à la guitare… Pensez-y!
Chantal
Super belle chronique! C’est comme un poème qu’on citerait comme ça pour la beauté de la chose…et oui pourquoi pas en musique!