1000énaire chronique(s)… compte à rebours /// 204 et ça monte – et ça descend…
traduction : c’est parti !
ça y est, c’est blanc… les enfants vont être contents, que dis-je ! les enfants vontêtre contents… les enfants vont être contents longtemps… on part pour 4-5 mois… on rentre dans l’blanc…
en fait, c’est le blanc qui nous rentre dedans… encore une fois, le blanc nous retrouve, le blanc nous recouvre… on retrouve le blanc, et le blanc nous ouvre, les portes de l’hiver… ben oui, le blanc nous a encore retrouvé… comme à chaque année… on a essayé de s’en cacher mais on ne s’en cachera pas, le blanc nous retrouve tout le temps… comme le temps… c’est le temps du blanc… le blanc c’est comme le temps, ça recouvre tout de blanc… éventuellement, tout deviendra blanc… le dehors mais pas le dedans…
le blanc, comme le temps, il nous recouvre de son manteau, blanc, pour un moment… remarquez, vaut blanc que gris, drabe, brun ou beige… et ça va être blanc longtemps… blanc tout le temps à peu près à ce temps-ci de l’année…
alors comme le temps du blanc est ici, pourquoi ne pas se laisser rentrer dedans par ce blanc…
faisons blanc de mémoire sur les hivers passés car tout nouveau ce blanc… jamais le même blanc… apprenons donc des ptits enfants car pour eux, le blanc est toujours flambant, flambant blanc, flambant neuf, flambant beau…
sortons nos habits de neige flambants, pétants, géants et allons jouer dedans… allons jouer dans l’blanc… nous sommes des êtres de blanc, un peuple de blanc, alors assumons cette blanchitude, cette nordique, cette virginitude..
habillons-nous pour le blanc, pour le ban, de neige, munissons-nous de nos habits flambants et prenons le blanc de flanc, prenons le blanc de face… pas de dos, ni à reculons mais assumons notre blanc de pleine face… prenons le temps du blanc, prenons le blanc à deux mains et ouvrons le chemin grand… ouvrons la porte du blanc tout grand…
alors blancs lecteurs et trices, sortons nos bottes, brunes ou noires, et nos mitaines, rouges ou bleus, et cette année, face au blanc, plutôt que de bitcher, accueillons-le, disons-lui oui, prenons le temps du blanc, mettons-nous au diapason du blanc et rentrons dedans, et laissons-le lui aussi nous rentrer dedans…
car dans le blanc, le temps est lent, le temps est blanc… vite vite, que quelques mois encore… ah non, c’est vrai, le blanc nous dit de prendre le temps…
et vlan ! v’là l’blanc…

Comme la nature nous le rappelle, il y a des temps de moisson, il y a des temps de jachère, ainsi va le cercle de la vie. La déesse Héra, gardienne de l’âtre, nous invite à diminuer le mouvement, à entrer au dedans, à aller nourrir le feu intérieur, j’accepte l’invitation. Bien installée dans ma doudou, près du poêle, je regarde tout le mouvement autour de moi et je me dis que les anciens nous trouveraient bien agités de nous voir aller à si fort rythme en cette période de jours cours et de blancs qui nous recouvre de beauté et de tranquillité. Eux, pour qui, c’était temps de repos sous une couverture de neige. Le blanc m’appelle…
bon blanc…