don de vie, choix de mort

1510905_10205341754608564_7808967681772433128_n1000énaire chronique(s)… compte à rebours /// 187 et ça monte – et ça descend…

cette flamme brûle pour représenter le coeur de l’humanité, afin que la lumière de l’amour et de la compréhension brille dans tous les coins sombres partout sur notre précieuse terre mère… partageons la lumière

bien besoin de lumière en ce monde… la mort vient de frapper en pleine face au sein de ma famille… en effet, un membre de la famille rapprochée a choisi de mettre fin à ses jours ce week-end… une personne de coeur, une personne sensible, une personne qui souffrait, physiquement sûrement, émotivement et spirituellement aussi probablement…

la souffrance devait être rendue trop grande, elle devait durer depuis trop longtemps, jusqu’à ne plus pouvoir être endurable… la personne a fait son choix… le choix ultime, le choix final… le choix de partir par ses propres moyens… après avoir vécu du mieux qu’elle a pu…

et tout ça me porte à réfléchir, ardemment, vigoureusement, fondamentalement, conceptuellement, viscéralement, et existentiellement… surtout cette nuit, car la mort parle toujours plus fort la nuit… son chuchotement s’entend mieux…

toujours questionnant une mort choisie… une mort silencieuse, une mort qui crie… qui hurle… si la personne qui a quitté ne dit plus rien, son absence fait bien du tapage, et du carnage dans l’âme de ses proches… la mort ne dit rien mais la mort parle fort, elle frappe à bord…

toujours surprenant une telle mort par décision unanime, assez unanime du moins pour «passer à l’acte» comme on dit parfois… l’expression passage à l’acte servant d’écran pour ne pas dire se tuer ou se donner la mort

toujours stupéfiant une telle mort non accidentelle, plus ou moins planifiée… pas un accident dans le grand parcours de la vie, un acte souvent pré et médité, planifié, retardé sûrement à quelques reprises et finalement exécuté…

c’est la première fois que j’avais à annoncer à des proches que l’un des nôtres s’était enlevé la vie… ce qui m’a fait réaliser que mourir et se suicider sont deux actes distincts…

quand on hérite d’un tel rôle, on doit annoncer la mort en premier lieu, puis dans un deuxième temps, le comment, la façon…

car mourir d’une maladie ou par accident est une chose, non plus facile à annoncer j’imagine, mais mourir par choix en est une autre… car ce comment est dérangeant, enrageant, surprenant, choquant, questionnant, confrontant…

aurions-nous pu prévenir ? clairement non, il s’est passé… aurions-nous pu faire quoi que ce soit ? peut-être mais on ne l’a pas fait, on ne pouvait deviner…

alors on se retrouve chacun, chacune, face à soi-même, face à sa propre mort, face à son impuissance, face à sa colère et/ou sa tristesse… ça fluctue…

courage ou couardise le suicide ? on a chacun nos opinions à ce sujet et la réponse importe peu face au geste posé, qu’un luxe mental de pouvoir réfléchir à ça… pour la personne qui a agi, et pour ses proches, c’est une expérience réelle, un événement marquant, heurtant, choquant…

pas de bien ou de mal dans la mort, que la mort… du corps du moins car il parait que l’âme ne fait que quitter ce corps… ensuite ?

personnellement je ne peux que respecter le choix de la personne… si certaines réactions face au suicide sont teintées de colère, ce que je respecte aussi car la peine est grande et s’exprime différemment, la mienne ne peut n’en être qu’une humble empreinte de respect pour le geste posé et d’acceptation face à la décision… le choix a été assumé, posé et la vie continue… ailleurs, autrement, dans une autre forme, dans l’inconnu…

chacun, chacune, on doit maintenant intégrer cette nouvelle donne dans notre vie… une partie de la nôtre a quitté avec ce départ précipité… réfléchi peut-être depuis longtemps mais posé spontanément, en ce mois de décembre, au moment précis où il s’est produit…

je lisais récemment que l’on meurt toujours trop tôt, ou trop tard… personnellement, je trouve que l’on meurt exactement au moment où l’on doit mourir… qu’on le subisse, ou qu’on le choisisse…

la mort est inévitable, la mort est ce passage obligé par lequel nous devrons bien passé un jour ou l’autre… jusqu’à preuve du contraire, chaque personne a mouru jusqu’à maintenant… mais comme on arrête pas le progrès…

si la mort arrivera à un moment indéterminé, mais inévitable, le suicide est questionnant car il semble constituer une décision, éclairée ou pas… mais il n’est aussi pas une décision rationnelle dans le sens ou poussée jusqu’à ce point, la souffrance exige libération, allègement, un envol vers un ailleurs inconnu mais espéremment meilleur, du moins moins souffrant…

le suicide, s’il est acte silencieux et individuel, est aussi un acte violent et communautaire… la personne ne veut probablement blesser personne, personne d’autre qu’elle-même du moins, mais ce qui en résulte arrache le corps de la personne mais l’âme à ceux et celles qui restent…

alors toi qui a décidé de partir de cette vie pour en rejoindre une autre, chère âme encore proche, je suis de tout coeur avec toi même si ton corps a quitté ce navire… nous te veillerons avec présence ces jours-ci, toi qui doit intégrer une nouvelle réalité… on t’espère plus libre, plus dégagé, plus mobile de toutes les façons… on t’envoie tout notre amour, tout cet amour que l’on n’exprime pas toujours assez de notre vivant…

mais de là-haut, car c’est là qu’on t’imagine dorénavant, veille sur nous toi aussi, permet-nous de mieux comprendre, permet-nous d’accepter cette vie qui ne se comprend pas toujours, ces leçons qui tardent parfois à être comprises et saisies par nous, mortels et humains encore en cette forme…

et dis-nous que tu es OK où tu es, que ton choix était le bon, car il était le tien… et on sait bien que tu ne voulais pas faire souffrir ceux et celles que tu aimais le le plus, mieux, le mieux que tu pouvais avec la souffrance que tu portais…

j’offre tout le soutien que je suis capable à ta grande fille désormais mère elle-même, à ta conjointe et à la famille dont tu provenais, particulièrement ta mère qui a perdu plusieurs enfants déjà…

je suis certain que tu ne voulais pas blesser personne même si elles le sont grandement par ta décision, par le choix de ton geste, qu’il ait été conscient ou pas en regard de la souffrance qui t’habitait… ils en ont bien besoin… aides-les si tu le peux OK ? partage leur la lumière si tu la vois déjà cette flamme qui ne s’éteint jamais…

bon voyage et on se revoit un moment donné, au moment juste, en ce moment même, ce moment présent et éternel…

4 réflexions au sujet de « don de vie, choix de mort »

  1. Avatar de BrigitteBrigitte

    Aimer s’est laisser partir sans jugement…
    C’est à nous de vivre avec le vide de l’autre.
    La raison du pourquoi du geste poser envers l’individu qui as décider de nous quitter, restera sous le silence de nos questionnements car seul celle-ci en possède la réponse.

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  2. Avatar de SamanoSamano

    De l’amour, encore plus d’amour, toujours plus d’amour pour celui qui reste.
    Pour celui qui part. De la compassion, du silence, de la douceur.
    De la tendresse. De l’amitié et du pardon.

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  3. Avatar de RaviRavi

    quand la souffrance devient intolérable
    que la noirceur est plus noir que la nuit sans lune ni étoiles
    solitude humaine, au milieu des 7,000,000,000 d’âmes à la recherche de la lumière,
    je ne peux qu’accompagner, respecter, aimer, rendre grâce pour chaque instant, ne pas juger, et prier

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  4. Avatar de Prashanti.Prashanti.

    Geste posé pour espérer se libérer de cette intolérable souffrance.
    Que son âme repose enfin dans la paix.
    Mes sympathies à vous.

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