apprendre à genoux

11393088_10155658166920650_5380618248868779148_nmillénaire chronique(s)… compte à rebours /// 14 et ça monte – et ça descend…

traduction : quelque chose de très beau se produit chez les gens dont le monde s’écroule : une humilité, une noblesse… une forme supérieure d’intelligence émerge exactement en ce moment même où nos genoux touchent le sol..  – Marianne WIlliamson

qui a connu une telle génuflexion comprendra… mais pour cela il fut avoir vécu un peu, pour cela il faut avoir risqué, il faut avoir ouvert son coeur, il faut avoir eu un tipeu mal… pour cela, il faut avoir fait des efforts jusqu’au point où l’on se retrouve épuisé, lavé, usé… KO…

il n’est peut-être pas absolument nécessaire de passer par une telle génuflexion pour s’élever ainsi jusqu’aux cieux, mais quiconque est passé(e) par là, via un chaos plus que certain, par un certain KO qui l’a fait vaciller puis toucher le sol, a appris quelque chose fondamental dans la vie ; nous ne sommes pas toujours plus fort(e) que la vie, nous sommes faillibles, humains, nous sommes fondamentalement des êtres de terre…

quand on est (plus) jeune, on apprend à foncer dans le tas, à ouvrir de nouvelles voies et des tranchées, à tracer son propre chemin… cela requiert audace, détermination et une certains dose d’arrogance… une certaine réaction à ce qui a été fait avant… quand on est jeune, on défie souvent la vie… parfois, on gagne, et parfois on apprend…

avec les années, sans nécessairement ramollir – quoi que le corps n’échappe pas à une certaine loi gravitationnelle – on devient plus sage, du moins on tend vers une certaine sagesse… on devient plus patient, plus posé… on pense – parfois – un peu avant de foncer et de sauter, du moins on sent davantage…

mais les grandes leçons de la vie se produisent souvent quand les genoux fléchissent… quand la vie nous tombe dessus et qu’on flanche, quand on mesure le poids de la réalité terrestre… alors se passe quelque chose de surprenant : quand on a les genoux au sol, on est plus près de la mère terre, plus près de dieu et l’humilité nous ouvre des portes jusque là cachées… car il faut se pencher pour y entrer…

quand on se met à genoux, ou plutôt quand on est mis à genoux par la vie car cette génuflexion est rarement un choix volontaire, on ne fait pas qu’entendre, on écoute aussi… avec le coeur, avec ses pleurs, avec son âme… avant de prendre un envol, il faut parfois reculer de quelques pas pour prendre un élan… et la génuflexion constitue cet élan vers le ciel, cette rampe de lancement…

c’est à genoux, les mains jointes et les yeux fermés que depuis longtemps on prie…

quand tout va bien dans la vie, on apprend en s’activant, on avance en marchant vite et par en avant… mais quand ça se corse, quand le marbre frappe la van, c’est là que les choses marquantes se passent, quand elles nous dépassent… et c’est là que le poids de la réelle connaissance nous tombe dessus…

pas la petite connaissance acquise sans grands frais, celle qu’on puise dans les livres, celle qu’on peut apprendre en restant poli et défroissé… non non la grande, celle qui frippe, celle qui frappe, cell qui cogne, celle qui nous r’vire dans nos shorts et nos bobettes

cette connaissance qui nous fait perdre connaissance et qui nous fait prendre conscience de plus grand que soi, de plus fort que petit moi… celle qui nous ramène à tous nos sens, celle qui frôle la démence…

car parfois, pour retrouver l’essentiel, il faut perdre tous nos repères… les laçons de la vie ne s’enseignent pas à la légère, elles s’apprennent parfois à la dure, les genoux au plancher, le coeur ouvert, la tête au ciel…

peut-être pas absolument essentiel de plier les genoux pour aller au ciel, mais souvent ça aide de piler sur son orgueil… parfois il est nécessaire de se faire mettre en KO technique pour mieux voir les étoiles… les boxeurs savent cela… KO est OK… ça ramène au sol, ça rapproche de la terre, ça redéfinit la perspective sur le plancher des vaches sacrées… au ras des paquerettes…

car certaines leçons fondamentales dans la vie se trouvent au niveau du sol… c’est d’ici bas qu’on part vers les cieux… et c’est souvent à genoux qu’on apprend le mieux à se tenir debout…

bon voyage…

5 réflexions au sujet de « apprendre à genoux »

  1. Prashanti.

    A je nous pour su plier …. souvenir d’un moment d’une grande souffrance dans ma vie.
    A genou devant Dieu pour le dernier lâcher-prise : OUI .
    Merci pour cet article qui me touche profondément.

    Répondre
  2. Rousseau

    Tout mon être se souvient de ces moments où la vie m’a mise genou à terre, humble quêteuse de sens. Je ressens à te lire tous ces moment de vertige, de grâce, de folie, de sagesse. Je bénis chacun de ses moments qui font de moi qui je suis. Bien dit Ati, on voit que tu as marché le chemin. Amen!

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  3. Ravi

    ca me ramène au sens, à quoi et à qui je tiens, à ce qui est vraiment important, à lâcher prise de plus en plus, à faire des deuils avant le grand deuil, à profiter au max des instants que je vis, et en même temps je me vois dans tous mes mouvements , comme un regard double…..
    estou aqui

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