la mort ? full vie

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/////// les chroniques du ptit qui /////// la septième

traduction: si vous mangez sainement, dormez bien, faites de l’exercice et buvez beaucoup d’eau, vous allez mourir quand même

j’aime l’impertinence de cette affirmation… et j’aime la côté un peu baveux de la mort… celui qui challenge la vie, celui qui nous r’vire dans nos shorts comme dirait mon ami Stéphane… car la mort ne ménage rien ni personne… la vraie justice dit-on…

busy busy avec la mort ces jours-ci le chroniqueur, vous avez remarqué ?

c’est que la mort de mon amie Amala me touche plus que je ne le pensais, ou que j’aurais pu soupçonner… je suis bouleversé par la mort ces jours-ci… mais un bouleversement positif, créatif, inspirant, vivifiant…

la mort de cette proche amie de coeur, qui symboliquement m’avait adopté il y a plus de 30 ans, a du même coup réveillé un motton de peine non vécue il y a 12 ans lors de la mort de mon autre mère, ma mère bio, ma mimi d’amour…  le ptit gars à ses mômans avait encore du stock sur le coeur… bouhouhou…

mais pas inquiet, ni troublé par la mort le chroniqueur, au contraire… content d’être brassé et bouleversé… motivé à vivre totalement, plus que jamais, à vivre all the way… maintenant… forever…

car on n’a pas autant de temps devant nous qu’on aime le penser… ou surtout ne pas y penser car on n’aime pas beaucoup penser à la mort… surtout la nôtre… on n’a pas le temps qu’on pense avoir pour remettre à plus tard nos projets les plus chers… ce temps n’existe pas… alors maintenant la vie, que maintenant…

car sans qu’on s’en doute nécessairement, la mort nous guette, she’s just around the corner… ou dans notre dos…

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la mort nous parle dans le dos… parfois elle chuchotte, parfois elle crie… faudrait peut-être se retourner une fois de temps en temps…

car dans quelques années, quelques mois ou quelques jours, la mort viendra… inévitablement… la mort du corps bien sûr, car parait que l’âme ne meurt jamais… on verra bien un jour… mais la mort du corps quand même… et on est attaché(e)s à cette ptite bête-là nous les humains…

qu’une question de temps la mort…

et comme le temps n’existe pas, alors pas de temps à perdre justement…

mais la plupart du temps, on ne veut pas y penser à la mort, on ne veut surtout pas l’imaginer… trop macabre, trop déprimant semble-t-il… mais pourtant, pourtant…

la mort c’est le moteur intrinsèque de la vie… la mort c’est le coeur de la vie… c’est le contrejour sur lequel se reflète la lumière de la vie… la mort est l’écran sur lequel se projète la vie… sans la mort, il n’y aurait aucune raison de vivre… la vie ne serait qu’un long fleuve tranquille… et plate surtout, sans risque, sans challenge… même si la sécurité est essentielle, trop de sécurité tue la vie…

depuis que j’ai eu la chance de veiller le corps de mon amie Amala quelques heures après qu’elle ait soufflé son dernier air et que son coeur ait arrêté de battre de vie il y a quelques semaines, et encore plus particulièrement depuis dimanche dernier alors que par centaines on a célébré sa vie, quelque chose s’est passé en moi… une étincelle s’est rallumée…

j’ai senti l’âme de la vie se réveiller en moi de nouveau… j’ai entendu la vie qui m’appelle… wake-up call comme disent les mortels… rien comme la mort pour nous réveiller l’instinct de vie…

depuis, s’est installée comme une urgence de vivre en moi, quelque chose comme une impulsion de vie qui me fouette du dedans et qui me crie : enwèye mon ati, squeeze-y le jus à cette vie-là, la seule que tu as… et on s’en sortira pas vivant anyway

quelque chose comme une intransigeance existentielle devant le mensonge, devant la tiédeur, devant le wishy-washiness… la mienne probablement…

quelque chose comme une envie de mordre dans la vie, en fait, de mordre la vie elle-même… grrrrr…

après avoir senti une sorte d’élan à mourir, une certaine montée de tanathos comme on dit d’une montée de lait – car j’ai vu sur le visage de mon amie une paix que peu de vivants affichent – et après avoir temporairement senti mon corps surtout comme une entrave à la liberté plutôt que comme un moyen de l’atteindre – un switch a eu lieu… alléluia, I saw the light

en effet, au début de la retraite satori la semaine dernière, pendant quelques jours, j’ai ressenti quelque chose comme une profonde démission devant la vie, un abandon, un lâcher-prise (maudit que j’hais cette expression là ;-)…

puis petit à petit, la vie a r’kické inreset la vie… avec une vigueur nouvelle, avec un élan revivifié… la vie m’a r’kické le cul de nouveau…

alors mangeons sainement, dormons bien, faisons de l’exercice et buvons beaucoup d’eau si cela sonne juste et nous fait bien nous sentir pendant le voyage…

mais aussi tout à fait OK de manger quelques cochonneries, de dormir peu (et de faire beaucoup l’amour), de fouerrer en masse et de paresser et de boire quelques bières ou coupes de vin au lieu de l’eau car la vie est faite pour être vécue, appréciée et goutée à son max… pendant qu’elle nous passe dans le corps, profitons d’elle…

alors viva la vie ! et merci la mort…

et merci Amala de nous avoir montré comment bien faire ça, avec courage et dignité… et comme tu dis, si on a besoin, on a juste à te demander maintenant que tu n’es plus contraintes par les limites de ton corps…

3 réflexions au sujet de « la mort ? full vie »

  1. Prashanti.

    C’est vrai que lorsque la mort est ici tout près , elle nous donne l’urgence de vivre ,
    et la gratitude d’être encore vivant .
    Gracias a la vida .
    Y Gracias a la muerte .

    Répondre

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