re-commençons à être humain(e)

♥♥♥ – 20/9/2020
l’amour au temps du Corona… déconfinement automnal à définir

hier, l’âme et larmes aux yeux et peau de poulet à la peau, j’ai lu cette lettre très touchante d’Alain Vadeboncoeur publiée dans L’Actualité – quel beau nom de famille quand même non ? j’aime croire que fondamentalement, nous sommes tous et toutes de cette même famille des Vadeboncoeur…

https://lactualite.com/sante-et-science/lettre-amicale-a-un-conspirationniste/?fbclid=IwAR2d_nb-bKbiSacVLNUnjZ1RlraktxJepuKa9Dp3poVsHoYATmPBoR9dW40
mais d’après moi, le titre: Lettre amicale à un conspirationniste fait en sorte que les gens à qui ce message s’adresse ne le liront pas… ils se braqueront, et avec raison… car le terme conspirationniste ne veut rien dire, car les conspirationnistes n’existent pas… pas un groupe homogène du moins… qu’un concept fourre-tout, qu’une étiquette regroupant une multitudes de gens aux idées variées et diverses… des gens qui questionnent, qui s’interrogent et qui, dès qu’ils et elles ont été identifiées ainsi, n’entendent plus… trop limité…

ces titres indéfinis ne créent qu’une séparation entre nous autres et eux autres

car ni moutons ni conspis en ce bas monde…

que des humain(e)s désirant ce qu’il y a mieux pour eux et elles-mêmes et leurs proches… et le monde probablement… en quête de bonheur et de liberté, de plénitude et de sécurité… tous et toutes uniques, comme tout le monde, comme chacun chacune…

que des êtres humaines composant une même grande famille de 7 millards quelques âmes incarnées en divers endroits du monde… aux mêmes besoins et aspirations, très semblables du moins…

qu’un même coeur battant en des millards de formes et de manifestations individuelles et apparemment séparées… mais formant un grand tout… évoluant avec des concepts différents en tête mais le même amour pulsant au coeur… le même coeur, celui de la terre qui bat à l’unisson, malgré des partitions différentes… malgré des rythmes et des perceptions différentes…

à lire quelques-uns des messages destinés au bon docteur dans l’article, comme certains messages circulant sur les ondes en général ces temps-ci, je me suis dit à moi-même: my God, que le monde est devenu dur

ou peut-être que moi qui est trop candide et simple d’esprit ? et qu’il l’a toujours été aussi dur le monde (les nombreuses guerres au fil de l’histoire humaine pourrait le laisser supposer du moins) et qu’on ne fait que voir cette facette plus hard désormais… virtuelle mais tout de même réelle… du vrai monde qui écrit ça…

ou peut-être qu’il n’est dur qu’en surface et qu’au fond, le monde est mou au centre et dur seulement autour simplement pour se protéger ?

je trouve que même s’il est profondément touchant ce témoignage, son titre fait en sorte que l’esprit du message est perdu… et parce que l’article est long, il ne sera malheureusement pas lu autant qu’il le mériterait et devrait l’être car ce texte est rapprochant et unificateur… un liant en provenance d’une personne au coeur d’une crise réelle même si perçue différemment loin de son centre…

et au fond, tous ces mots, les siens comme les miens et les vôtres, simplement pour revendiquer notre humanité…

pour chercher à retrouver en soi l’humain(e), cet humain(e) qui vit en l’autre, en tous les autres…

car l’autre n’existe pas, que des milliards d’autres à voir et considérer un(e) par un(e)… du cas par cas la vie… mais difficile à concevoir ainsi… trop fragmentée la vie ainsi, et nous on préfère garder ça simple, facile à comprendre et à conceptualiser…

on aime voir le monde en bref, le séparer en deux, en moi et eux… mais il est complexe le monde… et toujours que nous, que nous…

_____

Témoignage de Jean Barbeau
Microbiologiste
Université de Montréal

Le philosophe Bertrand Russell (1872-1970) estimait que le scepticisme philosophique doit guider notre approche face aux experts.

Plus précisément, il déclarait ceci :

1) Lorsque les experts sont d’accord (consensus), l’opinion contraire ne peut être considérée comme certaine.
2) Lorsque les experts ne sont pas d’accord, aucun avis ne peut être considéré comme certain par un non-expert.
3) Lorsque les experts estiment qu’il n’existe pas de motifs suffisants pour un émettre un avis, le non-expert ferait bien de suspendre son jugement.

[Russell, Essais sceptiques,1921]

C’est exactement l’approche que j’adopte dans les domaines qui ne sont pas de mon champ d’expertise, champ qui est quand même très restreint. On ne peut se prétendre expert dans tous les champs de la microbiologie ou de l’immunologie. Trop vaste, trop complexe: une vie ne peut suffire. Donc, même dans mon domaine, je fais aussi appel à Bertrand Russell.

J’ai beau avoir passé 40 ans dans l’étude de la microbiologie et l’immunologie, je n’ai fait qu’effleuré les connaissances.

Seriez-vous étonné d’apprendre qu’après 25 ans à enseigner le MÊME cours d’immunologie, je passe près de quatre heures à revoir la matière avant CHAQUE cours, années après années, pour être sûr que je ne me trompe pas et que je ne dis pas de conneries. Pour voir si de nouvelles connaissances n’ont pas été publiées dans les derniers mois (ou semaines) qui pourraient changer ce qui est écrit dans le livre de référence (qui ne sera jamais une Bible). Et à chaque cours j’apprends; un étudiant me pose une question et je me rends compte qu’il y a encore une partie de la matière que je n’ai pas tout à fait maîtrisé. Et je me replonge dans l’étude… je me questionne, me mets en doute… et j’apprends… encore.

J’ai un collègue en physique qui enseigne depuis plus de 40 ans le même cours. Il ferme la porte de son bureau pendant des heures pour repasser la matière et s’assurer que son cours sera à la hauteur… 40 ans, mes amis.

Le prix Nobel, Richard Feynman (physique, 1965) disait que la meilleure façon de savoir si vous comprenez quelque chose c’est d’essayer de l’enseigner. En gros, si vous êtes incapable de vous faire comprendre, que vous bafouillez, bredouillez et que vous voyez le mur d’en face à travers les yeux de votre interlocuteur à la fin de votre tirade, ben vous ne comprenez pas vraiment ce que vous dites.

Alors lorsque « j’entends » sur twitter une brochette de non-experts qui pérore en moins de 40 caractères sur des sujets complexes avec des certitudes à faire péter la grenouille de la fable, et ce, parce qu’ils ont fait quelques heures de recherche sur Google, comment dire? … je m’étonne.

Je le dis encore ici : le plus grand problème ce n’est pas d’ignorer, c’est d’avoir la certitude qu’on que l’on sait, qu’on possède la vérité et qu’on se ferme comme une huitre. Si les chercheurs n’avaient que des certitudes il ne feraient par d’expériences; à quoi bon? Et l’espèce humaine se promènerait encore pieds-nus dans la savane.

3 réflexions au sujet de « re-commençons à être humain(e) »

  1. Ravi

    j’ai lu l’article du Dr Vadeboncoeur; c’est très touchant….
    j’ai lu ton article Ati: c’est très attachant….
    j’ai lu les quelques réactions au texte du Dr.: c’est très troublant
    j’ai lu le texte de Jean Barbeau: c’est très inspirant

    ça me donne juste le goût d’être encore davantage «ermite» afin de fuir ces termites… j’ai mal à mon humanité de lire ces réactions au texte du Dr. Vadeboncoeur

    coudonc me serais-je trompé de planète?

    Répondre
  2. Prashanti.

    Très beaux textes et articles , remplis d’humanité nécessaire pour faire un tel travail.
    Et malgré toutes ces insultes il est compréhensif et aimant.

    Répondre

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