Archives pour la catégorie les chroniques qui tiquent et piquent

des mots pour se faire chatouiller l’âme et se gratter les méninges…

égoïsme, altruisme etc…

trente-deuxième chronique qui tique et pique… 2/11

ainsi, plus on aime nos décisions et moins on aurait besoin que les autres les aiment ? vraiment ?

en principe, ça fait beaucoup de sens non ? sur papier, facile facile… mais pas toujours évident dans son application au quotidien, surtout quand ces «autres» sont nos proches… quand ça les concerne directement… quand ça affecte intimement leur vie à eux aussi, quand ça change leur quotidien…

ne pas être préoccupé par ce que pensent les étrangers et se foutre de leurs opinions ? all right ! on achète ça sans aucun problème vous et moi, mais nos blondes chums enfants parents ami(e)s intimes etc… ? une autre histoire ça mes ami(e)s… qui nous ramène au parfois rock’n roll couple «liberté versus responsabilité»… ce qui est à la base de nos relations de tous genres : coeur, amitié, affaires, etc… on veut s’ouvrir et connecter avec l’autre, les autres, le monde, mais en même temps rester soi-même et suivre sa propre petite voix… par toujours simple à jongler ces multi balles…

me, myself and I ? bien sûr… tout part de là… s’aimer et prendre soin de soi-même… mais le bien du plus grand nombre là-dedans on en fait quoi ? où s’arrête la satisfaction de nos propres besoins et où commence celle des besoins des autres ? sur papier, simple simple, sur deux pattes, plus complexe… donc quoi faire de you, yourself and they… en lien avec le me, myself and Ime, you and we ?

en même temps, s’occuper du bien du plus grand nombre est aussi une affaire de satisfaction personnelle non ? vraiment possible de penser aux autres avant de penser à soi-même ? me semble que ça va finir par se payer ça non ? car faire plaisir aux autres, s’occuper d’autrui, aider son prochain, donner au suivant, ça comble aussi quelque chose en soi tout d’abord non ? se faire plaisir à soi en faisant plaisir aux autres… why not coconut ?

genre de discours facile à tenir en théorie mais c’est dans son application que ça se corse… quand les intérêts divergent, quand nos intentions sont semblables mais que nos moyens diffèrent… oh la belle affaire !

égoïsme : le fait qu’une personne rapporte tout à soi, ne recherche que son intérêt personnel, son plaisir, sa satisfaction… / altruisme: disposition, propension désintéressée à se consacrer et à aimer les autres… le gros mot ici est «désintéressé»… aimer les autres, ce n’est pas être  intéressé ça ?

pas simple la vie mes ami(e)s… et en même temps, pas si compliqué si on décroche de la théorie abstraite et qu’on ramène ça à du cas à cas… et bien sûr, il y a des choix à faire, pas toujours facile de trancher…

par exemple, faire des enfants, c’est de l’égoïsme ou de l’altruisme ?

en principe, élever des enfants, ça nous enseigne à donner sans – trop – compter, ça nous permet de mettre en pratique l’amour inconditionnel comme jamais avant dans notre vie… mais ça a ses limites l’amour inconditionnel…

et puis, faire des enfants peut aussi être aussi un geste égoïste et personnel: je veux avoir MES enfants, à moi, faire des petits mois… même si je ne suis pas vraiment compétent pour le faire…mais plusieurs parents sont devenus de meilleures personnes en faisant des enfants… et d’autre part, certaines personnes ne font pas d’enfants par altruisme… se sentant inaptes à prendre soin d’autrui, n’est-ce pas en effet mieux de s’abstenir ?

ah mes ami(e)s, du bien beau spaghetti mental que tout ça… allez, puisque je suis si altruiste, je vous épargne la suite et je me tais… eh que je suis bon pour vous ! ou plutôt égoïste en allant prendre soin de mes besoins… c’est selon !

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Everyone thinks as if he is the center and he has to worry about the whole world, and change the whole world, transform the whole world, create a utopia. All that you can do is just change yourself. You cannot change the world. You can create more mischief trying to change it; you can create more chaos; you can harm; and you can puzzle. Already the world is too puzzled. You can puzzle it more and confuse it more.

Please leave the world to itself. You can do only one thing, and that is, you can achieve inner silence, inner bliss, inner light. If you achieve this, you have helped the world very much. Just by changing one ignorant spot into an enlightened flame, just by changing one person from darkness into light, you have changed a part of the world. And this changed part will have its own chain reactions.     – Osho

de plus en plus bon, à de moins en moins rien…

trente-et-unième chronique qui tique et pique… 1/11-3

journée prolifique coté chroniques, ça tique et pique en câlique… tic tac tic tac en tabaslac… ça clique vite vite, les doigts me piquent… les bibittes s’invitent, ça pique ça pique… les mots sortent et fusent, ma fuse m’amuse, ma muse est jalouse… ma muse à mots, parle-t-elle trop?

comme une grande poussée, comme un besoin de rimer, de s’arrimer à cette réalité… se coller le nez sur le monde, laisser aller sa sonde, sentir, dedans dehors, y a le chien qui sort, dehors, dehors… esprit des mots, sors de ce corps, sors-y les mots bien comme il faut…

ça coule ça coule, c’est le déluge, le juge qui juge, maudit que ça urge… tiens j’sors ma luge, et free falling, en bas d’la côte… ça a pas d’allure, les mots sont durs, ils m’laissent pas de pause, ils me font dire… n’importe quoi, à n’import’qui, ne le prends pas si personnel, on a déjà souvent vu pire…mais quoi donc dire, qui n’a pas déjà été mots dits ?

quelle belle image moi ça m’inspire, à dire et à écrire… cette chevelure, ça roule en rond, ça rock, ça roll, tout comme une vrille… monte ou descend cet acrobate ? ou peut-être ni l’un ni l’autre, tout simplement suspendu dedans, le temps qui ne passe pas… ou le temps qui passe, et le fil qui casse, tombe bien bas et monte encore…

si écrire pour ne rien dire, pourquoi donc lire ? pour ne rien manquer ? ou pour manquer tout ce rien dit ? car l’art du rien ne se cultive, qu’avec patience et sa salive… ça se raffine, ça se peaufine, ça se pas fine, ça se muffin, s’écrire et ne rien dire, lire et ne rien comprendre pour ainsi tout saisir… rien à dire, tout à lire et pourquoi tout simplement ne pas en rire… délire de mots, sans saint bon sens, écrits nocents, écrits décents… écrire écrire pour ne rien dire alors pourquoi ne pas juste m’enfuir pendant qu’il n’y a pas de temps ?

une ptite chronique dans tous les sens, pour aboutir en quête de sens… sens à tunnel sensationel, y est là qui watche, bien haute la marche…

allez dehors, avec le chien, qui veut baballe, moi j’ai les mains…

photo: musafir osho

bébélala…

trentième chronique qui tique et pique… 1/11-2

après une première chronique tôt ce matin, vlan, une autre… tout de suite, immédiatement… back à back… now now now… urgence de vivre, de dire, de lire… un message transporté par les corbeaux et les corneilles des environs… message confrontant, réveillant, shocking ! autant pour moi que pour ceux et celles qui oseront lire ceci…

car nous jouons aux bébélalas et il faut que ça cesse… time to grow up boys and girls… les corbeaux nous le crient du haut des airs… temps pour nous de s’élever au-dessus de la mêlée, de notre petit moi mêlé… temps de s’élever et de surfer le ciel avec les corbeaux et les corneilles…

temps de rentrer en soi en ce novembre qui arrive, intense et intériorisant, moment de décaper les coins, les vieux fonds de chaudron collés en soi, au fond de soi… les vieilles croutes, les débris du passé… temps de devenir son propre père, sa propre mère, se prendre dans ses propres bras et bercer l’enfant qui dort en soi, en soie… pour qu’il et elle mature, s’épanouisse, grandisse et devienne le monde entier…

écrire plus que vous ne pouvez me lire, écrire plus que je ne le veux mais il le faut, ça doit se faire… les corbeaux le dictent… croa croa croa… temps de préparer la venue du nouveau monde… 21 décembre oblige…

fini l’apitoiement, fini la ratatinage existentiel, le rapetissement du soi, du moi… kapout la petitesse, on sort ses ailes, on observe et on répond, fais ce que dois… fini les plaintes et les complaintes, on prend sa vie dans ses propres mains… right now ! et on prend son envol… croa croa…

fini de blâmer les corrupteurs, les tricheurs, les malfaiteurs, les voleurs… et de se réconforter sur sa propre pureté, sa propre blancheur car tous les corbeaux sont noirs… surtout le soir… car ces gens ne sont que nous-même… multipliés, incarnés autrement, personnalités multiples du même grand moi sous le même grand toit… on regarde ces gens nous voler et on s’offusque… mais so what ! le karma est instantanné, et ils paient pour leurs actions depuis toujours, dorénavant au grand jour… on a laissé faire, prétendant que nous ne savions pas… indignons-nous surtout contre notre propre inaction… mettons nos culottes, calons nos calottes et changeons les choses… en commençant pas soi car ou et quoi d’autre ? assumons, plantons nos pieds au sol et poussons sur l’horizon… avec les corbeaux et les corneilles, volons, survolons l’horizon de plomb…

aho corbeau ! enwèye corneille !
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«All the problems you have exist, quite simply, because you don’t want to grow up. You don’t want to behave like a grown-up; you want to continue being a little baby. The fact that you don’t want to grow up, that you want to continue being a baby, explains almost everything you feel. It explains, for instance, the common pattern of people being angry at the teacher for not doing or being enough for them. They say, “Why don’t you do more for me? Why is it so difficult?” What they’re really saying is “You’re not a good mommy!” This is exactly how babies feel when mother is not being what they want. An adult does not think that way. An adult looks at the situation and asks, “What is the best way this situation can be used? What can I get out of it?” 

There is no place for complaints in this Work. What do complaints do? Complaints are used only to keep Mommy around. You complain to Mommy, and Mommy makes you feel better. When you are an adult, what’s the point in complaining? If you feel angry at your teacher or at the schedule or the parking situation, you are thinking that Mommy should be there to take care of you, to fix the situation. But you’re supposed to be learning to be adults, which means to do the best you can do in the situation. You do not come here to be given something. You come here to grow up.

http://www.ahalmaas.com/Books/diamond_heart_1.htm

photo: thomas Keller

aie toé ! … baveuse chronique

vingt-neuvième chronique qui tique et pique… 1/11

phoquing good non ? un classique… Osho en avait une version aussi pas mal spicy… voir lien ci-bas…

chronique phoquée, chronique puckée, comme un trophée olé olé… chronique baveuse, pinceuse et snappeuse, juste pour nous réveiller, vous et moi, vous en lisant, avec votre coeur et vos yeux, moi en parlant… avec mon coeur et mes doigts… vous et moi… via le coeur qui bat en même temps…

chronique baveuse comme un choc électrique à quelqu’un qui meurt on and off… tchak ! bip bip bip… Houston we have a problem, Denver we have an answer… des mots perdus pour choquer, provoquer, surcharger, survolter, prendre un verre dans le nez, manger un claque sur la gueule… par la vie… et se relever, continuer, continuer, continuer d’avancer… avancer en arrière, bougeons-nous le derrière… et levons notre verre… et le coude…

chronique douteuse, doute que coûte, chronique de schnoutt, chronique minée par le boutt, par tous les boutts, par la route qui déroute… cette route qui nous sable et nous polit corps et âme, jusqu’à ce que l’on soit sable, plage et sage… des mots joueurs et rieurs, chroniquement malades de sens, de présence et d’absence… des mots taquins, des mots tapins, coquins, swin swin… nager en plein délire de dire… swim swim… dans une mer de mots…

chronique débridée, sautée, sautante, si sauteuse, du coq à l’âme… des mots pour lire, des mots pour rire, mourir de vivre… et larmes aux yeux… larmoyants… coule coule sur ma boule… chronique fofolle, chronique frivole, chronique parole… ma parole contre la votre… ma parole avec la votre… prenez ma parole… et faites-en ce que vous voulez, mes mots sont vos mots, nos mots sont nos maux… normaux ? normal mon normand… des mots qui sautent, aux yeux et au visage, attention aux virages… brusques et justes…

chronique inutile donc essentielle, chronique futile mais sensationnelle, chronique riche qui donne mal au coeur, chronique chiche qui ne donne rien… chronique qui prend, chronique qui rend, chronique qui sent, bon ou pas… chronique ludique, chronique panique, vite vite vite qu’elle soit écrite, faut qu’elle soit dite… chronique pratique, chronique qui tique… et tac et claque comme dans une flaque… chronique qui plaque dans les 4 coins… d’la patinoire… chronique boufonne et folichonne, déconne déconne mon ptit bonhomme…

des mots pour rien, des mots pas biens, pas très très biens, mais des mots dits, ptits mots maudits… chronique qui croque, croque dans ma pomme, mac mac attaque, le ver en sort, moi j’vire de bord… des mots, des mots, encore des mots, mais donc quoi dire, faut que j’me tire…

fa que ?
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et en terminant, un ptit extra en chinois…

“Life will break you. Nobody can protect you from that, and living alone won’t either, for solitude will also break you with its yearning. 

You have to love. You have to feel. It is the reason you are here on earth. 

You are here to risk your heart. You are here to be swallowed up. And when it happens that you are broken, or betrayed, or left, or hurt, or death brushes near, let yourself sit by an apple tree and listen to the apples falling all around you in heaps, wasting their sweetness. Tell yourself you tasted as many as you could.”

— Louise Erdrich (via Keya Hutchins, thanks)
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Osho playing with the Fuck Word:

S.O.S.

vingt-huitième chronique qui tique et pique… 31/10

SOS comme Si On Savait d’avance… ce que la vie nous réserve, pas certain qu’on voudrait continuer ce chemin… car l’imprévisibilité nous permet de rester ouvert(e), curieux(se) et capable de continuer car plusieurs bonnes mais aussi mauvaises et désagréables surprises nous attendent sur le chemin de la vie et on ne veut pas connaître ça tout de suite right ? on traversera le pont quand on sera rendu à la rivière… car de toute façon, ces contre-temps constituent souvent de grandes opportunités d’apprentissage, mais ça on le découvre seulement après coup… alors ne sachons pas et continuons d’avancer…

SOS comme et Si On S‘aidait davantage… car il me semble que l’on vit pas mal en vase clos vous et moi… me me me, you you you, mais me is you too, me is we… autonome, indépendant, capable de faire seul… ne pas demander d’aide… s’ouvrir pour qu’on développe notre capacité de lancer des SOS quand on a besoin d’aide, laisser savoir au monde que parfois, on a simplement besoin… des autres, d’aide, d’un coup de main…

SOS comme Si On S‘aimait beaucoup plus vous et moi… s’aimer premièrement soi-même, pour ensuite naturellement aimer les autres car ça ne peut que grandir et couler cette ouverture et cet amour-là… en effet, pourquoi est-ce si difficile de se donner de l’amour à soi-même… on est si durs avec soi souvent non ? OK OK ! je parle pour moi, aime-toi donc ati, donne-toi bienveillance, acceptation, pardon, tolérance, clémence, aisance avec toi… love you toome and you… tiguidou…

SOS comme Si On Se donnait plus de  temps pour soi, pour méditer, pour se retirer en soi, d’ailleurs voyez le lien ci-bas, ça va vous convaincre une fois pour toute de vous mettre à la méditation…

SOS comme Si On Shakait notre torpeur, nos paresses, intellectuelle, corporelle et émotionnelle, nos livres et nos peurs en trop, nos croyances limitatives, nos jugements, notre ressentiment et tout le reste des poids à porter pour notre âme…

SOS comme Survivre Ou Souffrir si on écoute pas son coeur, sa petite voix, sa profonde pulsion de vie qui requiert écoute et courage… vivre totalement, sans compromis, toute sa vie…

SOS comme S‘ouvrir, Oser et Sauter dans le vide, à deux pieds dans la vie, sans regarder, sans prévoir, sans calculer mais en suivant sa passion, son intuition, son instinct… en prenant le risque de vivre, et être tout simplement et totalement soi-même…

SOS comme SOn S‘assumait en tant que paon, superbe oiseau à la beauté rare, et fier d’être paon… assumer qu’on est aussi nous aussi, un paon… assumer sa beauté, sa grandeur, son plein potentiel, ce qui n’exclut pas humilité ni réalisme et lucidité quant à ses limites et son humanité… accepter sa grandeur et sa petitesse…

SOS comme Si On S’ouvrait davantage, à l’inconnu en soi, aux inconnu(e)s qui ne sont en fait que de futures amitiés pas encore réalisées ni appréciées…

SOS comme Si On Suivait sa voie, son chemin, sa ligne de vie… en faisant confiance et en s’écoutant… inévitablement, directement, sincèrement…

SOS comme Save Our Soul, oui, Seigneur je sauve mon âme, et aidez-nous à passer à travers cet automne gris déjà présent et cet hiver qui s’en vient et qui annonce encore quelques descentes en soi-même, pour le meilleur et pour le vivre, avec aucune garantie de remontée… justement la beauté du voyage, le risque qu’il comporte… on se bouche le nez, on prend son respire et on saute, 1-2-3 go !

SOS comme SOSe déguisait en n’importe quoi  aujourd’hui, enjoués et innocents comme des enfants, simplement pour changer de peau, changer de vie pour quelques heures… pour jouer à être quelqu’un d’autre… joyeuse Halloween les enfants, petits et grands…

http://www.lapresse.ca/vivre/societe/201210/30/01-4588496-matthieu-ricard-moine-du-bonheur-et-scientifique-de-la-meditation.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B9_vivre_259_accueil_POS3

photo : université de médecine énergétique

ouvrir les mains ou mettre son poing sur la table ?

vingt-septième chronique qui tique et pique… 30/10-2

depuis plus d’un an et demi, je travaillais avec un groupe de collègues sur un projet présenté au gouvernement pour approbation il y a plus de 11 ans, projet qui a finalement été rejeté la semaine passée après plusieurs remises et délais… pourtant nos chances étaient bonnes nous semblait-il, le projet ayant même été formellement accordé dans le passé… mais les choses et les gouvernements changent, la vie aussi, et la décision est tombée… difficile à accepter… décision dérangeante, mais décision quand même… tadam…

décision tout de même dure à avaler pour nous, encore un peu de travers dans la gorge la décision, mais on ne peut qu’accepter pour le moment et décider si on persévère ou non… donc lâcher prise ou tenir bon… lâcher la patate ou persévérer… accepter ou continuer à se battre, débattre, garder tout de même le ptit «boutt du batt»… hum…

pas toujours facile de savoir quand continuer le combat, poursuivre la lutte ou dire OK, assez pour maintenant… I give up ! parfois la vie nous offre des murs à défoncer et d’autres fois, on doit chercher les portes ouvertes… les pionniers en ont défoncé plus d’un, des murs… et tant mieux car c’est nous qui en bénéficions… en ce sens, on peut d’ailleurs remercier les jeunes soldats partis se battre contre les nazis au début des années 1940, car plusieurs ont péri, y laissant leur vie… protégeant la nôtre…

sans que notre combat ait été aussi drastique ou dramatique, la question se pose : lâcher prise ou tenir bon ? car il me semble que nous ayons perdu le sens de l’effort, le goût des défis ces temps-ci… aller un peu plus haut, une peu plus loin… jusqu’à ce que ça devienne clair, hors de tout doute, hors du doux doute…

la question se pose concrètement notamment pour les gens aux prises avec de graves maladies, entre autre le cancer, qui pour la plupart tiennent bon et se battent, jusqu’à ce qu’ils ne soient plus vraiment plus capables… accepter la fatalité ou la repousser… jusqu’à ce que mort s’en suive de toute façon…

subtil mélange, équilibre sensible et fragile donc, entre tenir bon et lâcher prise, arrêter ou continuer… stop ou encore… car les signes ne sont pas toujours évidents à reconnaître… ça requiert sensibilité, lucidité, analyse, intuition, instinct, courage et clairvoyance même… et ça, ça ne s’apprend pas à ptite école, qu’à celle de la vie… à la longue et avec la patience…

tenir bon ou lâcher prise ? that is a very good question !

je suis l’homme invisible

vingt-sixième chronique qui tique et pique… 30/10

chronique écrite sur du temps emprunté, 48 % de batterie restant, hydro coupé, hydro très occupé probablement… alors chronique nous menant au zéro absolu… zéro %, héros pur sang… la vie prend place sur mon écran….

je suis l’homme invisible… celui qu’on ne voit pas… je suis moi, mais moi, qui suis-je ? toi t’es toi, alors lis-moi, ne te tais pas, ne t’éteins pas ordi, fil conducteur, sans fil directeur ni réducteur ni… écrire jusqu’à ce que mort s’en suive… mort de batterie, mort et survie… écrire pour donner naissance à ce jour sans courant…

je suis une boîte à mots, à mots à dire… des mots frappés, des mots tapés, une lettre à la fois, une lettre à la poste, une bouteille à la mer… mer agitée… père qui sonne et cogne… personne ne me voit, pourtant mes mots seront lus, par quelques-unes et zuns parmi vous et vouzes… gaston y a le téléfon qui sont… pas de téléphone, c’est l’fun…

mots empruntés, mots prêtées, mots donnés, mot croisés et mots cachés… mots de nuit – ou est-ce le matin déjà ? – mots lus par quelques hommes bidous, et femmes itou, quelques zombies doux, vampires de mots rouges et juteux et gorgés, qui se régalent de ces mots sans sang, sans sens… de ces mots sans viande et sans constance…

je suis l’homme invisible, celui qu’on ne voit pas, qui me mène ailleurs et ne mène nulle part, c’est lui qui mène d’ailleurs… ailleurs qui finit toujours par venir, revenir et redevenir avenir et ici… et là-bas… car à chaque fois que j’écris, c’est maintenant, c’est ici… j’ai beau sentir et observer le temps passer, couler, toujours ici le temps, toujours maintenant l’heure d’ailleurs, now or neveur, now howeveur, ici et maintenant rêveurs… rêves de réalité… lucides et crus…

la tempête fait rage à l’extérieur mais pourtant c’est un calme plat à l’intérieur, de la maison, du corps, du coeur et de la tête… un calme plat mais pas platte du tout qui clame sa place, un calme qui prend toute la place et qui me transparait jusque dans la face… faudra bien que je m’y fasse… car de plus en plus calme dans la cabane… finie la chicane… avec moi-même, avec le monde…

je suis l’homme invisible, le gars qu’on ne voit jamais, un gars qui disparaît de plus en plus et qu’on voit de moins en moins, de moins ici et de plus en plus là, de plus en plus ici et de moins en moins là, un gars qu’on ne verra plus et qui ne se voit pas ni plus lui-même… un gars privé, no trespassing… chasse interdite, défense de passer, défense d’y voir, défenses d’ivoire… tour d’ivoire et côte d’ivoire, faudra bien y voir car noir noir noir ce matin d’aujourd’hui, ce matin qui se prend encore pour la nuit…

je suis l’homme invisible, derrière lui, derrière moi-même, je ne lui vois que le dos, qu’on ne voit jamais tout à fait d’ailleurs, ni d’ici, ni là-bas… où me mène-t-il ce sympathique nobody guy, ce jazzé buddy guy ? où va-t-il, où court-il ? il ne le sait point ce fantôme de ce petit matin noir sans courant mais surtout esprit de mes nuits blanches électrisantes… les nuits d’octobre durent presque toute la journée ces temps-ci…

je le suis cet homme invisible, et je suis cet homme qui ne laisse pas de trace, cet homme qui s’efface, celui qui devient de glace et qui disparaît devant la glace… miroir miroir parle-moi, dis-moi qui je suis, montre moi celui que je suis… car je ne le vois plus… disparu, perdu, fondu, le mental… monu le mental…

invisible, invincible, illisible, indicible, je rate la cible car je vise trop l’oeil du taureau, bullseye ! yé ! droit dans la cible cette fois ! dans le coeur du taureau… l’oeil du cyclone qui gronde, qui bombe le torse et monte en trombe… finalement coming out, coming home !

l’homme invisible me parle… ou est-ce dieu ? ou moi qui radotte ? ou ma petite voix qui chuchotte ? faut que je sorte de ma grotte, c’est l’hiver qui annonce ses premières notes… ou est-ce dieu ? ou est-ce moi ? où est dieu ? où est moi ?

dieu guide-moi, dis-moi… j’écoute, je t’écoute, je m’écoute et je goûte… la vie, goutte à goutte, comme le temps qui coule, s’écoule et s’égoutte, coûte que coûte… je mange mes croutes car faut se faire fort devant la mort pour faire face à la vie avec grâce et dignité… se regarder dans le miroir, face à face avec soi-même… qui suis-je ? qui vois-je ? qu’y vois-je ? auto réflexion infinie se miroitant elle-même… moi qui voit moi qui voit moi qui voit moi qui ne voit plus… rien…

je suis l’homme invisible, celui qui n’existe pas et pourtant, tac à tac, tac à tac, les mots se frappent, les mots s’éclatent sur l’écran… de jour et de veille… les mots prennent forme dans mon sommeil… en ce début de jour qui se lève au milieu de cette journée sans courant… journée sans courant pour marcher plus lentement, pour ralentir le pas, diminuer le rythme… slacker son ponpon… je ne vois rien d’autre que le ponpon de l’homme invisible qui se livre… de dos et à reculons… mais lentement, sans courant…

tac à tac, tac à tac, homme invisible peut-être mais sûrement pas illisible ni inaudible… une présence qui ne se voit pas mais qui s’entend, une absence visuelle qui se lit… un fantôme qui tape alors qu’un fan tombe sur ces mots et s’en réjouit… ces mots écrits maintenant mais qui ne seront lus que plus tard faute de courant, en un temps incertain… des mots que le courant pourra libérer de cette pomme croquée et qui s’éteint un peu plus à chaque mot… une lente et certaine fin attend ma pomme… tic tac tic tac… le temps s’égraine… la fin est prochaine…

31 % restant… que dire de plus… cette batterie, est-ce mon pacemaker ? qui me permet de dire, d’écrire et de m’écrier… ce clavier, est-ce mon encrier ? est-ce mon coeur qui crie ou qui bat dans la pomme, la grosse ou la petite, et petit ci de rien et petit tas de pépins… de pommes et de raisins…

écrire le temps qui reste à ma batterie… I’m writing time out… les prisonniers font leur temps, moi j’écris le mien, je cries en vain… mais pour rien… pour voir ce qui sortira ce ces doigts, écrire pour passer le temps qui passe lui aussi, comme nous tous et toutes… au complet pas juste les ptits bouts… comme vous, comme moi, comme lui-même… le temps se passe de lui-même et nous passe à travers la gorge, à travers le corps, il nous file à travers l‘âme, un chapelet de mots qui égraine le temps… et qui extraie le sens de la vie… suivre le courant absent… hydro, marchands de courant virtuel ce matin…

ce courant manquant éclaire l’importance de mon lien à vous que je ne connais même pas… j’écris pour ne pas crier, j’écris pour que vous m’entendiez… j’écris pour exister, j’écris pour que vous me lisiez, pour me lire moi-même… j’écris comme certains  dessinent ou comme d’autres jouent… des notes ou des tours… de piste ou de passe-passe… je me lis donc je suis… j’écris pour voir si j’y suis… et si je suis, alors je me suis… je suis le me… je suis la vie… parfois je suis, parfois je fuis… jusqu’ici…

je suis l’homme invisible qui écrit sa vie, l’homme invincible qui écrit dans le vide, qui se poursuit lui-même… l’homme indicible qui se dit quand même… même si personne ne le lit, l’homme se dit… un homme lu, même invisible, vit… je suis lu donc je suis su et si je suis su, je sus que je fus…

26 % et encore toutes mes dents et mes touches sur l’écran et dans la bouche… un marathon de mots, est-ce un motathon ? ou plutôt des mots à tâtons qui ne font pas de sons sauf tac à tac, tac à tac… des mots pour mettre de la vie dans mes doigts, des sons et des images dans vos yeux… me voyez-vous écrire quand vous me lisez ? en tous cas moi je vous vois me lire quand je tape, tac à tac, tac à tac… allo les mots… allez les mots…

slow mots ou mots vite vite vite… 18 % et j’ai encore du jus, encore du temps… mon icône de batterie est maintenant rouge alors je me garderai quelques points de pourcentage pour me rendre au café internet et envoyer cette bouteille dans la mer virtuelle qui nous relie…

et j’en profiterai pour faire marcher latika la chienne, qui elle, est bien réelle et qui aime le beau temps, courant après la balle, avec ou sans courant…

bon calme après la tempête…

photo: worlds coolest things

perdu dans l’espace… et le temps…

vingt-cinquième chronique qui tique et pique… 29/10

je suis perdu dans la vie… et j’aime ça… yé ! tous les plans que j’ai faits ne fonctionnent pas… et ça ne me dérange pas… tout est donc possible… et peut-être que rien n’arrivera…

en fait, je devrais dire que ça ne me dérange plus que mes plans aient foutu le camp… ça ne me dérange plus depuis quelques minutes, heures, jours… ma perdition existentielle, je l’accepte, de plus en plus… la rejette, de moins en moins… je lui dis oui, si, pourquoi pas, why not, let’s go ! au pire je lui dis peut-être les jours de résistance… mais jamais plus non merci… et il ne faut jamais dire jamais… jamais !

comme le vôtre peut-être, mon scénario de vie est dans le jello, dans la grosse gadoue sale, pogné dans la grosse guimauve gluante, modifiable, prêt à changer anytime… tout ce que j’avais travaillé à préparer ne se passe pas tel que prévu… et dieu sait que ce n’est pas dans notre nature fondamentale d’être prêt à changer, ni la mienne, ni la vôtre… mais on s’y fait parce que ça vient tannant d’être frustré(e) à la longue… oui oui, vous aussi vous allez voir vous y faire de flotter dans le vide…

souvent on pense savoir ce qui s’en vient et parfois c’est justement parce qu’on pense savoir que les choses se passent comme on les pense… on fabrique d’avance l’avenir… on force la vie… on la met dans une boîte, on se garde petit et prévisible… on fait fitter l’immensité de la vie dans notre agenda… et à l’occasion, à tour de bras, l’avenir se charge de nous donner raison, mais la plupart du temps, tort tort tort… t’es mort ! on tord le temps et le plan, mais vient un temps où ça tord trop fort… trop tard… trop fort…

hier j’étais à la cérémonie de graduation de Fanny, ma fille la plus jeune, goodbye école secondaire, welcome Cégep… 150 beaux et belles jeunes pleins et pleines d’avenir… pleins d’avenir et du passé… une fête pour célébrer les 5 dernières années mais surtout une fête pour accueuillir l’avenir ensemble, le futur d’une génération, pleins et pleines ce qui s’en vient… appréhender ce qui n’est pas encore… mais qui sera très certainement… en temps et lieu… un pas à la fois…

des jeunes remplis d’avenir donc… les jeunes pousses et racines dans le passé, les deux pieds et la toge dans le présent, la tête et les plans dans l’avenir… une célébration pour déployer ses ailes et prendre son envol… pour certain(e)s, le plan se déroulera plus ou moins tel que prévu… plus moins que plus… pour d’autres, de grosses grosses surprises à venir…

je regardais ces jeunes, beaux et belles, brillant(e)s et lumineux sur scène, grands et grandes d’espoir, droits et droites d’ambition, aimé(e)s et couvée(e)s par leurs parents, parents fiers, généreux et comblés par cette progéniture en pousse… et je me demandais quels plans parmi cette allégorie de jeunes plants allaient être bouleversés, charriés, tordus, déviés…

et c’est aussi moi que je voyais sur scène, moi 35 ans plus tôt, maintenant un moi, le même moi, mais aussi si différent, 35 ans plus tard… et je me remémorais mes 17 ans, alors qu’à l’époque, je n’avais aucun plan autre que de survivre au jour le jour, conquérir le monde, à pied ou à bicyclette, simplement me connaître moi-même… comme aujourd’hui… découvrir ce monde dans lequel nous évoluons… un monde tellement différent aujourd’hui du monde d’hier… mais le même monde aussi… depuis que le monde est monde… même adolescent(e)s débordant(e)s de futur, d’avenir, de ce qui viendra… même présent que ce cadeau de la vie…

donc 35 ans plus tard, tous mes plans ont foutu le camp et j’aime ça… ça donne une liberté totale… totale liberté… liberté 51, 52, 53, 54… vivre maintenant, ici, en attendant la mort, mais sans attente, la mort qui viendra for sure… mais qu’en temps et lieu… mais quand même ici et maintenant la mort… une mort en attente, une mort latente, une mort patente, d’inquiétude, de certitude… attitude d’attente, patiente et respectueuse… du vivre maintenant, sans plan, sans attente en principe, mais pleine d’attentes quand même… mais attentes inattendues, non tendues, attentes perdues dans l’espace et le temps… soyez les bienvenu(e)s !

bienvenus dans l’ici, right now ! tous les plans dehors…

photo: andré klein (via Facebook)

et vous, combien de godasses ?

vingt-quatrième chronique qui tique et pique… 28/10

certaines personnes n’en ont pas du tout, l’enfant sur la photo n’en a qu’un, moi j’en ai une dizaine de paires et vous, combien en possédez-vous ? de paires de couvre-pieds de toutes sortes : godasses, souliers, shoeclacks, bottes, claques, babouches, chaussures, galoches, godillots, grolles, pompes, snicks, sabots, savates, tatane, etc…

la question est tellement lourde de sens que certain(e)s d’entre vous la prendront à la légère ! mais je vous force à le faire… allez, répondez ! vous en avez combien de paires de sandales et gougounes ? de pantoufles? de souliers ? de marche ou de course… de tango ou à claquette… de chaussures de soirée ou de tous les jours ? de bottes ? d’automne ou d’hiver… bottes d’eau et bottes à tuyau ? bottes de cowboy, bottes à vaches et bottes de ski ? de fond, télémark ou alpin… patins à glace, de fantaisie ou à roues alignées…

sans blague, ma question est sérieuse, ne vous défilez pas ! combien en avez-vous de paires de godasses et shoeclacks et autres habitats à pieds ? car le nombre de couvre-pieds divers que l’on possède est surprenant… comme si on nous faisait croire que l’on a besoin d’une gamme infinie de boîte à pieds toutes sortes… les contenants pédestres constituent à mes yeux le summum de l’exagération folle de notre société de consommation extrême… ma fille qui est Cégep en théâtre en avait sur sa liste d’achats à elle seule trois paires différentes seulement pour ses cours de danse…

en fait, les chaussures constituent un bien de consommation vraiment particulier, elles sont dans une classe tout à fait à part… une classe vraiment à part… un soulier n’est clairement pas qu’un soulier…

certaines femmes, quand elles ne feelent pas, vont magasiner des chaussures pour soulager leurs bleus à l’âme, dissiper leur cafard, faire passer le motton d’émotion… est-ce parce que les pieds sont à l’autre extrémité de la tête que ça soulage autant ? parce que c’est aussi près du sol ? magasiner des souliers pour nous grounder ? terre à terre magasiner le soulier ? ou peut-être qu’il existe un lien inconnu entre les pieds et le coeur… on dit qu’Imelda Marcos, la femme du dictateur philippin du temps en possédait à elle seule plus de 2700 paires ! 7 ans et 1/2 de souliers différents à chaque jour… ça frôle la maladie mentale ça madame chose…

la photo qui joint ce texte me rappelait le film Rebelle (formidable en passant, courrez-y avec vos Nike) qui se passe en Afrique dans lequel on voit des armées de jeunes faire la guerre et à qui on remet un gros tas de souliers usagés en vrac dans lequel ils doivent s’en choisir une paire pour aller à la guerre en espérant qu’ils en trouveront une paire qui leur fera… à peu près… trop grands OK mais pas trop petits ! à l’autre extrême de madame marcos…

faites l’inventaire de l’ensemble de vos couvre-pieds et vous allez voir, vous allez en apprendre sur vous-même… je suis ce que je porte… aux pieds… vous en découvrirez des pairs qui ne servent plus à rien depuis la belle lurette (salut Fred !), d’autres que vous ne portez plus depuis des années mais que vous gardez au cas où… certaines que vous portez à tous les jours ou presque, d’autres qui vous font sentir bien, des chaussures feel good… quelques pairs pour les grandes occasions… d’autres pour les petites… voilà ! même vos vieilles bottes de ski de fond à trois trous…

certaines personnes ne possèdent que le strict minimum (combien ça le strict minimum ?), d’autres les collectionnent en masse, les magasinent avec grâce… quelques-uns n’en ont que quelques paires, certaines les empilent et se font même construire des walk-in pour les entreposer… différents pieds, différents styles…

les chaussures passent de plus en plus vite… la preuve ? les cordonniers disparaissent, en effet on ne donne plus de cours de cordonnerie… le métier devra dorénavant se passer de mains à mains, de bouche à oreilles, de pied à pied… vive la tradition orale… et pédestre…

et un peu d’empathie SVP… car pas facile d’être un soulier non plus !  quelle job mes ami(e)s… on vous lace, strappe ou velcroïse serré serré, et on vous marche dessus cloquin cloquant, on vous fait courir des kilomètres, on kicke des ballons ou des roches… et on vous sacre dans le le coin de la pièce et on vous oublie… décidémment, quelle vie de souliers ! ce n’est souvent que quand ils nous font mal qu’on s’occupe de nos souliers…

de grâce, prenez soin de vos souliers ! et aimez-les ! c’est notre lien avec le monde du dessous…

l’illumination ? Basta !

vingt-troisième chronique qui tique et pique… 27/10

Personnellement, ça fait 30 ans que je cours après l’illumination; depuis que je suis ado, que dis-je depuis des millions de vies, je désire plus que tout quelque chose de plus grand, un beau gros show de lumière, un feu d’artifice magistral, quelque chose d’inconnu mais que je pressens tellement plus grandiose que cette réalité horizontale, un habitat tellement plus vaste que ce simple corps, plus gigantesque que ce monde de matière… je rêve d’absolu, d’abstraction, d’infini, de céleste, de divin…

alors je cours après l’illumination en joggant, en méditant passivement et activement, en criant, en braillant, en sautant, en flushant et en shakant, en lisant des centaines de livres sur le sujet, en écoutant des milliers d’heures de discours d’Osho, en prenant toutes sortes de potions magiques… même les millions de citations aperçues sur Facebook ne m’y m’ont pas mené… rien, rien n’y fait…

eh oui ! toujours le même moi ! ati, un gars ordinaire, plein de pensées, de désirs, d’insatisfactions, de malaises intérieurs… la plupart du temps inconscient… bien sûr avec quelques petits épisodes d’exstase et de lumière, mais en plus dorénavant doté d’un super égo spirituel boursoufflé de 30 ans de fausse humilité de disciple…un gars incapable de vivre le moment présent la plupart du temps, simplement, tout bonnement… tout ça pour ça… alors j’abandonne… car là j’en peux plus (pus pas pluss), that’s it, I give up ! basta ! stop ! kapout ! j’arrête, je dépose les armes, j’arrête d’essayer… I’m donecooked…

donc aujourd’hui, que dis-je immédiatement ! je commence à arrêter, pour débuter dès maintenant à vivre ma vie de gars ordinaire, simplement, ma simple et petite vie de gars ordinairement ordinaire… un nobody heureux… qui ne s’en va plus nulle part, qui dit oui à ce qui est, sans artifice, qui vit sa vinaigrette, sa vie de gars qui fait du place, n’essayant plus… rien d’autre que ce qui est… et attendre paisiblement la mort… pour vivre en paix… la sainte… la vraie…

car tanné de vouloir, plus plus plus, toujours plus et sans cesse toujours plus, davantage, more, autre chose, pas ça, du mieux… tanné d’aller vers quelque part que je ne connais pas et qui n’existe probablement même pas non plus, courant après un illusoire ailleurs, pourvu que ça ne soit pas ici… tanné de rêver d’un vaporeux ailleurs meilleur…

car comment plus tard pourrait être meilleur que maintenant ? meilleur que quoi ? plus doux ? plus gratifiant ? plus identique à mon idée de ce que mieux sera ? plus tard OK ! pis après ? plus tard n’est que maintenant… plus tard, je serai encore et toujours le même observateur… je réalise que je ne suis pas ce qui est regardé mais ce qui regarde, pas l’objet mais le sujet, et de toute façon l’un est l’autre… l’observateur observé… alors peu importe ce que je regarde, so be it ! si je ne suis qu’un miroir, pourquoi ne puis-je accepter toutes les images qui s’y réfléchiront sans discrimination ?

aujourd’hui, j’organise une journée de méditation ici… et je ne ferai rien… je passerai donc la journée assis sur mon cul, sans attente ni désir autre que celui de prendre du temps, ni bon ni mauvais, relaxer… arrêter et simplement être… écouter mon coeur qui tente de me chuchoter sa vérité, pendant que je cours après quoi au juste ? accepter absolument tout ce que et qui je suis, mes bibittes et mon potentiel de divin, ma petitesse et mon grandiose… ma lumière et mon ombre, surtout mon ombre en fait, car l’illumination n’est peut-être rien d’autre que la simple levée de l’ombre…