
deuxième chronique qui tique et pique… 12/10
ah ! la paix ! la sainte paix, la paix, grande ou petite… la PaiX avec un P ou un X majuscule ou la PAIX toute en capitales… car c’est la fin qui justifie les moyens… eh qu’on la veut cette sacrée paix, cette paix sacrée !
la paix, possible de la développer ? la cultiver et la faire grandir ? la favoriser, la conserver et la préserver ? la séduire et la forcer tantôt… l’inviter et l’inventer parfois… la caresser et la cajoler pour qu’elle se sente confortable autour de soi, une paix en soie… la doudouner pour qu’elle veuille rester avec nous, déménager chez-nous, qu’elle s’installe à résidence…
la job d’une vie ça mes ami(e)s non ? être en paix… dans son corps, dans son esprit, dans son âme… mais aussi dans sa maison et son environnement immédiat… un art, une mission, une grande réalisation… l’accomplissement du travail d’une vie, la grande paye, la sainte paye… la seule justice en fait car peu importe les moyens, nous sommes tous et toutes seul(e)s face à la paix, notre paix… tous égaux devant et dans la paix…
la paix… une disposition intérieure surtout ? qui nous fait accueillir et accepter les mouvements intérieurs ou les événements extérieurs avec réalisme, curiosité, souplesse, entrain et enthousiasme… ou encore un état qui découle de qui nous sommes dans un environnement donné ? donc cultiver la paix autour de soi pour qu’elle vive en soi ? ou la semer en nous pour qu’elle irradie tout partout ? un peu des deux j’imagine…
la paix, état de calme ou de tranquillité à créer ? ou simplement une absence de perturbation, d’agitation ou de conflit ?
et si la paix n’était pas tout simplement omniprésente et sous-jacente quand les source de dérangement disparaissent ? positif ou négatif la paix ? notre background existentiel ? a-t-on quelque chose à faire pour l’acquérir cette foutue paix ? ou simplement, comme c’est le cas de la noirceur et de la lumière, les deux ne peuvent tout simplement pas cohabiter… l’un ou l’autre ? ou l’un et l’autre ? éliminer le chaos pour retrouver la paix qui se cache en arrière-plan de toute vie…
car si la vie naît du chaos, la paix en est l’utilme objectif… la fin et le moyen, la finalité et rien de moins…
peut-on être entouré(e) de chaos et demeurer en paix ? comme on peut vivre dans la ouatte et se sentir dérangé ? paix et bonheur, même combat ? peut-on être heureux en temps de guerre ? certains soldats le sont… certains ne sont en paix que dans la guerre… comme si la scène de guerre extérieure camouflait le terrain miné à l’interne…
même chose pour les petites et grandes guerre intérieures… car il faut se l’avouer, nous sommes champion(ne)s parfois pour attiser nos propres conflits et guerres à l’interne… nous voulons la guerre car nous ne savons pas vraiment comment vivre en paix… l’histoire nous le démontre clairement… les bulletins de nouvelles aussi… de même que notre propre vie…
dans les médias, les nouvelles ne sont pas bonnes et en fait, plus elles sont mauvaises, plus elles se vendent… les humains sont des junkies de la catastrophe… on aime ça quand ça brasse, quand ça rock et que ça roll… c’est quand ça craque que c’est drôle… comme si le chaos en dehors de nous nous faisait oublier celui du dedans… il nous divertit… quand on se compare on se désole… camoufler le bruit intérieur par celui de l’extérieur, plus grand, plus fort, plus fou… monte le volume jack !
mais la paix est possible, dans la guerre comme dans le calme, dans la tête comme dans le coeur.. éventuellement elle est même inévitable…
car la paix est dans le coeur, notre coeur, au fond de notre coeur, au coeur de notre vie… toujours présente, prête à être cueillie, downtown ou dans le bois, dans l’action ou la relaxation…
mais il faut savoir l’écouter, la goûter, l’apprécier, la déguster, l’assumer aussi… car vivre en paix dans un monde en guerre demande un certain twistage de la réalité… une capacité à être bien dans un monde de mal, monde mal à l’aise mais bien dans sa peau… car le monde a mal et nous sommes du monde, dans le monde… nous sommes le monde et le monde est nous… le monde est moi, et toi…
la paix demande un certain entêtement, mais surtout un encoeurement, une mise en coeur et un écoeurement du malheur et du chaos…
et chercher et surtout trouver la paix dans les petits gestes du quotidien car la paix n’aime pas nécessairement les grandes histoires fantastiques… elle se plait aussi dans la quiétude et la simplicité ordinaire du quotidien, les routines bienveillantes et chaleureuses, la capacité de voir toujours fraîche et renouvellée du même monde qui change constamment…
et la paix, c’est surtout à l’automne qu’elle se mesure en soi… en ce moment même… quand le temps de rentrer en dedans se montre le bout du nez à nouveau… quand les feuilles sont retournées au sol, quand les couleurs spectaculaires de l’automne en feu reposent en paix et en terre, quand l’ours commence à spotter sa caverne pour le grand repos…
alors pour ceux et celles pour qui ça brasse ces temps-ci, ceux et celles pour qui la paix joue à cache cache, je vous souhaite de rentrer en vous, de préparer confortablement la caverne et de prendre soin, de vous et de ceux que vous aimez, car la tempête passera, elle finit toujours par passer, et la saison de la paix reviendra, car elle est déjà là, déjà ici, déjà en vous…
so be it et ainsi soit-il ! Amen !
photo : Survivalism (via Facebook)

