les chroniques du d’ssous du lit… écrire et lire pour ne pas s’endormir… /17

légères réflexions existentielles de jour de pluie sur la peine de mort et l’emprisonnement à perpétuité…

surpris du thème ? moi aussi d’ailleurs… welcome en mi cabeza, dans ma caboche…

j’ai des souris dans la maison, pas mal de souris, elles se promènent dans les murs et les armoires et grignotent mes fruits sur le comptoir… j’ai acheté des trappes traditionnelles – des trappes à schlak – mais aussi une nouvelle sorte avec du gluglu collant sur lequel les souris restent collées et finissent par mourir… deux s’y sont prises à date…

mais c’est un inhumain ces trucs… insouriscien si on peut dire… les souris restent collées sur ces bidules et meurent lentement, agonisant en silence de leur belle mort… me regardant de leurs grands yeux tristes… leur nom est mal choisi dans ce cas…

eh que je me sens cruel en les regardant ! en tous cas plus que lorsque je les trouve mortes dans une trappe… mais est-ce vraiment moins cruel dans les faits ? ce qu’on ne voit pas ne nous fait pas mal…

j’aime définitivement mieux les trappes traditionnelles car schlak ! fini ! la job est faite d’un ptit coup sec ! et on ne voit rien… mais ces nouveaux pièges à souris m’ont bousculé dans mes convictions profondes en me forçant à voir la mort que j’ai causé en pleine face et m’amenant aussi à comparer la peine de mort (mort subite et imposée par autrui s’entend) et les peines d’emprisonnement à perpétuité… drôle de lien mais lien pertinent quand même il me semble…

car pour certains, les animaux se situent au même niveau que les humains… ce qui est peu mon cas, et si je pouvais éviter de tuer les souris qui squattent mon home si doux je le ferais… vivre et laisser vivre right ? mais comme elles mangent ma nourriture, font pas mal de bruit la nuit et tassent la laine minérale de mes murs, me semble que je ne peux les laisser faire… elles vont finir par m’envahir… et en cet automne, je crois bien qu’elle comptent être mes colocs pour l’hiver…

alors ? est-il préférable de laisser mourir une souris – ou quelqu’un – lentement, parfois sur un laps de temps 40-50 ans pour certaines personnes, et/ou de mettre fin à ses jours immédiatement… je sais, je sais, sujet délicat…

évidemment, nous sommes à peu près tous et toutes contre la peine de mort – moi le premier – mais si quelqu’un condamné à la prison à vie manifestait le désir et l’intention de mourir tout de suite, d’en finir immédiatement, basta ! devrait-on lui refuser son choix ?

comme toute personne qui veut en finir avec la vie, peu importe la raison, devrait-on lui accorder ce choix ? ou devrais-je dire ce droit ? ou non et plutôt la forcer à se suicider s’il ou elle n’en peut plus ?

et si on peut justifier l’enfermement de quelqu’un pour le reste de ses jours par la protection de la société, ne crée-t-on pas aussi beaucoup de souffrance ? punition, réadaptation, réinsertion sociale, est-ce toujours possible ? la justice réparatrice inspirée des premières nations est en ce sens une alternative intéressante… mais ici aussi avec des limites cependant…

vous voyez, ici, euthanasie et peine de mort finissent par se rejoindre en quelque sorte… je ne veux pas partir de grands débats philosophiques ni sociologiques ou criminologiques et tout remettre en question mais je me questionne… ces foutus pièges à gluglu collant m’ont dérangé dans mes certitudes… et me forcent à me remettre en question…

d’autre part, la majorité des gens s’entendent pour accorder le droit de mettre fin à sa vie à toute personne en phase terminale qui en manifeste l’intention et des mesures légales viendront bientôt encadrer ces cas… mais si une personne non diagnostiquée de maladie mortelle vit une profonde dépression dont la souffrance est invisible et veut mourir, que fait-on? on l’aide – et si oui, comment ? ou si non, on la condamne à faire ça en cachette et par elle-même ?

certaines personnes se suicident lentement et sûrement à coup d’émissions de télévision insignifiantes aux yeux de certains pendant de nombreuses années, est-ce plus acceptable ?

et le facteur coût entre également en ligne de compte… car on peut tous et toutes être contre la peine de mort – ma position comprenez-moi bien – la situation n’est pas si simple… les jeunes, de moins en moins nombreux proportionnellement, auront-ils les moyens de garder en vie tous ces babyboomers vieillissants ? et tous ces condamnés à la prison à vie qui vont en s’accumulant en terme de nombre ?

on aimerait bien mieux ne pas avoir à penser à ça, ce que l’on fait la plupart du temps… mais certains doivent le faire…

pendant ce temps-là, moi je retourne à mes souris… et je compte bien trouver d’autres moyens plus humains de les éloigner…

__________

changement de sujet: non mais quelle belle journée hier ? quelques amies venues méditer le matin, le premier feu dans mon home pour chasser l’humidité, douce maison chaude, la pluie dehors et la terre qui a bu toute la journée, jouissant d’humidité… humilité et humidité, même combat ?

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