les chroniques du d’ssous du lit… écrire et lire pour ne pas s’endormir… /24

chronique nocturne, la lune doit sûrement tendre vers sa plénitude mensuelle… la lune a ses lunes… la lune dans tous ses états…

quelle image inspirante que celle qui accompagne ce texte ? la musique qui rend libre… la musique qui donne des ailes… qui permet l’évasion… la musique qui transforme du temps supposémment perdu en créativité, en liberté, en libération, en beauté, en plaisir des sens…

parfois je me demande d’ailleurs ce que vivent les sourds de naissance ? on dit qu’on ne peut manquer ce que l’on ne connaît pas… mais je me demande s’ils entendent eux aussi une certaine forme de musicalité intérieure… un om quelconque ? une certaine vibration pleine de son en eux ?

cette image me rappelle qu’il y quelques années, j’allais au pénitencier pour guider des méditations (accompagnées de musique of course, celle de Krishna Das) avec et pour les détenus, j’avais intitulé mon projet la grande évasion – informellement seulement, car formellement je ne crois pas que ça aurait passé auprès des autorités administratives 😉

à l’époque, aller en prison m’a permis de mesurer et d’apprécier ma liberté, surtout à ma sortie quand les portes s’ouvraient et que j’en ressortais… on n’apprécie jamais vraiment quelque chose autant que lorsqu’on le perd… même si ce n’est que temporairement… liberté liberté…

à l’occasion j’allais faire un tour «en d’dans» avec mon ami Ben qui est quadraplégique donc prisonnier de son corps… il avait un grand impact chez les détenus, en effet, bien difficile de se plaindre auprès de lui… et mon ami Ben profitait aussi de son contact avec les détenus car lorsqu’il sortait, lui aussi, il se sentait libre d’une certaine façon…

tout ça pour dire que certains détenus – les détenus des murs mais aussi ceux de l’intérieur, car certains murs sont invisibles – utilisent leur temps, abondant, pour apprendre, créer, changer… et pour plusieurs d’entre eux, la musique permet cette évasion, créant un trou dans les nuages… c’est aussi d’ailleurs le cas de mon ami Ben – auparavant musicien – qui, prisonnier de son corps, trippe totalement musique… je suis certain qu’il danse dans sa tête quand il écoute… que des ailes lui poussent par les oreilles jusqu’à l’âme…

et tout ça pour dire aussi que la musique, que ce soit par son écoute ou en jouant d’un instrument, nous permet de nous évader, peu importe nos contraintes, nos murs, nos lourdeurs au coeur, la musique nous donne des ailes, nous allège, la patte et la pensée, le coeur et l’humeur…

la musique ne fait pas qu’adoucir les moeurs… elle guérit aussi des peines d’amour, des blues et des trous noirs de l’âme, elle soulage les downs de corps et d’esprit… ainsi soit-il et ainsi sonne-t-elle…

cet hiver j’ai eu le coeur gros… et j’ai écrit une chanson de coeur brisé… un gros blues down, triste et cochon… j’ai réussi à transformer un bleu au coeur en arc-en-ciel de bouche et d’oreile, mon ptit coeur brisé et à moitié mort en blues juicy et vivant, alchimie alchimie quand tu résonnes… je vous la jouerai quand on se verra…

mais ça m’a pris du temps à oser me commettre avec cette chanson, moi qui jugeait les tristes chansons d’amour et de coeurs brisés un peu pathétiques… mais quel soulagement de prendre sa douleur et d’en faire un ode à la vie, un ode à l’amour… avouer que l’on a mal au coeur, le dire et le chanter… pour éventuellement le rire et le danser…

la musique ne connaît pas de barrière de langue ni de style… c’est d’ailleurs le plus grand héritage que je crois avoir laissé à mes filles : leur capacatié d’aimer plusieurs types de musique… ce qui requiert ouverture d’esprit pour dépasser le «ah, ça s’est pas mon genre de musique ! »… pôvres eux-autres qui vivent ainsi… que de beaux et bons sons manqués…

si on se laisse faire, la musique nous prend sur ses ailes, nous transporte, nous évapore, nous liquéfie, nous kicke les fesses, nous berce, nous flatte les oreilles et le reste…

la musique est folle, douce, rock n roll, classique ou baroque, elle est twist, valse, tango ou cha cha cha… populaire… ou pas… elle est blues ou rouge, verte mais jamais drabe, même dans les ascenceurs, elle est de toutes les couleurs…

la musique est gratuite, elle est partout, même et surtout dans la nature où les oiseaux s’évertuent à remplir le silence de leur ptits pit pit mélodiques…

et même ce silence est musique à nos oreilles… plein de vide, plein de son, subtil, limpide, direct au coeur… silence en dehors qui appelle silence en dedans…

vive la musique pour l’espace et la vastitude qu’elle offre, vivre la musique pour la richesse d’écoute… car même quand on s’exprime musicalement, les oreilles sont au poste, jamais très loin du coeur…

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