rebonjour monde… wow ! 2 jours passés en silence, dans la forêt, à méditer, à s’affairer autour, à manger avec conscience, à prendre soin du lieu, à bizouner silencieusement à côté des collègues, à transformer la place en monastère zen… et à tenter de mettre de la conscience dans chaque pas, dans chaque moindre petit geste effectué… fatiguant ça être conscient ! ça doit être pour ça qu’on se divertit autant…
distraction, quel mot bizarre non ? se distraire ? de qui ? de quoi ? de soi-même ? de la vie ? de certaines idées qui envahissent le mental ? de certaines sensations ? de ce que l’on aime pas dans le monde ou en soi ? mais peut-on vraiment se distraire ? on a si peu de temps pour profiter de la vie, se distraire de soi, vraiment ?
à force de se distraire de soi, on finit par ne plus se connaître, ne plus se reconnaître, à vivre à côté de ses souliers et du fondamental, de ce qui nous rend heureux, complet, comblé, content – comme dans le sens du terme anglais contentement… un contenant plein de contenu… plein de soi… plein de Dieu… plein de vie…
un moment donné, pour certain(e)s d’entre nous, arrive un temps où l’on sent le besoin de désintéresser du reste et de s’intéresser à soi… de prendre soin de soi… être avec soi, de s’habiter… ça semble évident mais ce n’est pas toujours le cas… pas facile non plus de s’intéresser à soi, ça nous force à se regarder, s’observer, voir des choses qu’on ne voudrait pas voir, à tourner le regard en soi, vers soi, à se voir en pleine face.. et après des années à se distraire de soi, on a parfois des surprises quand on se regarde d’aussi près… et on a tendance alors à détourner le regard, et à se divertir de nouveau…
mais il me semble que c’est incontournable de se regarder vraiment, totalement… le cas pour vous aussi ?
éventuellement, on doit fermer les yeux, prendre le grand miroir et le tourner vers soi pour apprivoiser nos monstres et autres petites bibites personnelles qui vivent en nous à notre insu… et à force de se distraire de soi, ça a grandi ces ptites affaires-là…
mais comme dirait Osho, on ne peut se battre contre la noirceur, il n’y a qu’à allumer la lumière… mettre la switch à ON… et subitement, tout ce que l’on devinait dans l’ombre disparaît…
car la noirceur, les grands monstres n’existent pas vraiment si on regarde bien, que du vent, que de l’air… que de la peur d’avoir peur… mais ça prend du temps, ça prend le temps… une tonne de temps… une respiration à la fois, inspire, expire, part, revient, le temps de ne rien faire d’autre que d’être présent à ce qui se passe, ou tenter de l’être du moins, se perdre et revenir, demeurer dans la conscience, ce qui n’est pas toujours facile, surtout quand on rencontre des mottons plus denses et sombres…
mais vient le temps dans une vie où rien d’autre ne peut nous satisfaire… ça devient une quête, une rencontre ultime, une obsession, un face à face avec soi… se voir tel quel pour éventuellement se rendre compte que l’on n’existe pas en tant qu’entité déconnectée du tout, du reste… oser aller au-delà du mental qui emprisonne… mais pour ça, il faut le voir… ce mental et c’est certain qu’en méditant, on va le rencontrer…
plus possible de se divertir, de passer à côté de soi… même quand les bouts sont roughs, quand le matériau interne est moins beau, moins brillant… alors vient le temps de frotter, polir, sabler, les coins surtout, de prendre soin de soi.. et développer compassion, tolérance et empathie, envers soi initialement…et envers les autres ensuite, ce qui devrait découler directement de prendre soin de soi…
et la méditation, quelque que ce soit la technique, permet cela : être avec soi, présent, calme, en soi, en contact avec soi et avec le reste de la création, avec la nature, avec le tout… avec soi… au-delà du petit moi…
c’est ce que je nous souhaite…
et hop, jour 3 de notre séquence de 21 jours de shaking…
