les mots vers le courage… 14/8/2012

à mort Roméo et Juliette…

et Blanche-Neige et son prince… et Cendrillon et le sien… et Pocahontas et son beau soldat anglais, et Barbie et Ken… et la grande majorité des happy ending des films américains…

avez-vous, vous aussi, au plus profond de vous, ce logiciel d’incrusté qui nous pousse, la plupart d’entre nous du moins, à la recherche de L’âme soeur avec un grand L ?

LA seule personne sur les 7 milliards d’humains qui pourra satisfaire nos besoins, nous rendre complet, heureux/se ? combler tous nos besoins, autant affectifs, sexuels, familiaux, amicaux et autres… pour le meilleur et pour le pire… et en plus, pour le reste de nos jours…

si vous répondez non, je vous invite à y regarder par deux fois… car en tant qu’enfants, avant même que nous en ayons été conscient(e), on nous a inoculé ce ver de tête et de coeur illusoire via les contes de fées et autres histoires fantastiques…

un germe qui fraye même éventuellement son chemin jusqu’à l’âme… après de multiples obstacles et une course tumultueuse, la rumeur veut qu’ils se retrouvèrent, furent heureux et eurent beaucoup d’enfants…

cette recherche de notre tendre moitié, consciente ou pas, du prince charmant ou de la princesse – car oui oui nous aussi les gars on a ce programme intégré malgré certains comportements un peu fanfarons face à ça – est essoufflante… nous entraînant hors de nos souliers… pour moi le premier elle l’a été longtemps… sauf qu’en ce moment précis de ma vie, cette illusion commence à perdre pas mal de son sens…

personnellement je valorise beaucoup les relations amoureuses… pour en avoir connu quelques-unes très riches et chaleureuses… elles m’ont été précieuses pour observer plusieurs zones de moi auxquelles je n’aurais probablement jamais eu accès autrement… pour la plupart des zones inconscientes et pas toujours faciles à voir en pleine face… surtout quand pointées par quelqu’une d’autre… ouch ! de voir mon besoin parfois pathologique de l’autre quand je ne peux trouver cette complétude en moi… ouch me sentir needy…

miroir miroir, montre-moi qui je suis dans tes yeux… quand la source de notre bonheur marche à côté de soi et se trouve hors de nous, ça fout la trouille car ça devient tout à coup si fragile et facile à perdre… ça insécurise, ça sort de soi, ça shake les fondations mêmes de notre autonomie… et indirectement et paradoxalement, ça nous renvoie à nous-même…

si le concept d’une seule âme soeur/frère est difficile à acheter – sans nier que certaines personnes puissent avoir un chemin de vie commun à long terme et possiblement du stock à travailler ensemble dans cette vie suite à des vies passées – je peux par contre accepter sans problème le concept d’âmes soeurs/frères multiples… et d’une grande roue qui tourne… avec des leçons particulières à apprendre avec chacun/e… pour des temps plus ou moins longs…

les sages ne disent-ils pas que finalement, nous sommes tous et toutes la même personne, différents reflets de la même présence… et en amour, il me semble que l’on ne peut passer à côté et comprendre seulement avec sa tête… faut parfois se brûler… le coeur et les trippes…

je considère précieuses les relations amoureuses… je ne sais pas si elles sont essentielles, car certains s’en passent aisément pour diverses raisons… mais elles sont certainement riches de sens… pour la plupart d’entre nous…

l’autre peut nous en apprendre tellement sur soi… malgré les risques de se perdre dans l’autre à certains moments, car cela aussi est riche d’enseignement… se perdre dans l’autre pour se re/trouver soi-même…

l’enfer ce n’est pas les autres, c’est davantage notre attente face aux autres… face à l’autre… face à L’autre…

et quand la recherche de l’amour en dehors de soi a échoué, nous devenons alors prêts à entreprendre le grand voyage en soi… dorénavant, nous devenons la porte vers le grand tout, le reste de la création… développer l’amour de soi pour soi pour qu’éventuellement, ça en vienne à déborder et englober le monde entier…

un moment donné, les yeux arrêtent de regarder vers l’extérieur pour se fermer et se tourner en soi… pour se porter vers soi et à partir de ce point de vue, la perspective change et un autre monde s’ouvre… plus vertical qu’horizontal… pas mieux ni plus facile, simplement autre point de vue… qui arrive en temps et lieu dans une vie…

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A relationship is a koan. And unless you have solved a more fundamental thing about yourself, you cannot solve it. The problem of love can be solved only when the problem of meditation has been solved, not before it. Because it is really two non-meditative persons who are creating the problem. Two persons who are in confusion, who don’t know who they are – naturally they multiply each other’s confusion, they magnify it.

Unless meditation is achieved, love remains a misery. Once you have learnt how to live alone, once you have learnt how to enjoy your simple existence, for no reason at all, then there is a possibility of solving the second, more complicated problem of two persons being together. Only two meditators can live in love – and then love will not be a koan. But then it will not be a relationship either, in the sense that you understand it. It will be simply a state of love, not a state of relationship.

– Osho

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