Sacbrlbe eisxeitentl (Scrabble existentiel)

quarantième chronique qui tique et pique… 7/11

itésrnsnat ce phnéoènme qui cnostise à puoovir lrie un mot aevc les ltetres tuoets plêe-mlêe, suaf la perimrèe et la dreiènre… puls fcaile à lrie qu’à ércrrie en tuos cas…

et il paraît que c’est pareil pour plusieurs phénomènes de la vie, on ne se souvient à peu près que du début et de la fin… on ne conserve des souvenirs que de la levée et de la tombée du rideau…

vous faites un spectacle ? assurez-vous de commencer avec un bon classique – ça campe l’ambiance dans le connu, rassurant – et de terminer par un de vos greatest hits en rappel… en espérant que les gens vous demandent un rappel…

vous donnez une conférence ? punchez en partant avec une ligne passe-partout et trouvez un autre punchline killer pour la fin… et vous renverrez les gens à la maison avec du menoum menoum en tête… vos fans se souviendront de leur soirée avec joie… succès assuré et bonheur remémoré…

mais la vie me semble un peu différente, plus complexe… évidemment, la naissance – le A minuscule – et la mort – le Z majuscule en gras, italique et sousligné – constituent  des phénomènes primordiaux, fondateurs, marquants, initiatiques… aucun doute là…

si on se souvient peu de notre naissance, on croit toutefois savoir qu’elle marque de façon débile et indélibile le reste de la route de notre vie… ça teinte, ça détermine, ça enligne, ça donne une trajectoire… mais certaines personnes qui sont venues au monde avec de nombreuses complications peuvent aussi vivre des vies remplies et hautement créatives et tripatives (salut monsieur Languirand)… vive la résilience !

quant à la mort, on en sait si peu à son sujet nous, pauvres vivants… mais on dit que l’on meurt comme on a vécu… ça fait sens non ? en fait, même si on l’oublie à peu près systématiquement et totalement avant 50 ans, processus de survie oblige, on se préparerait inconsciemment à ce passage ultime toute notre vie… on la craint à divers niveaux probablement tout le long du chemin… on l’appréhende, on la sublime, on la devine à certains moments pénibles alors qu’elle se pointe le bout du nez, ou on la déplace sur d’autres objets de peur, mais elle nous hante… last call

toutefois, dans le grand show de la vie, chaque moment est aussi important que le début et la fin…par exemple, à part ce moment-ci, alors que vous lisez ce mot, oui ce moment-ci, ici, maintenant, quoi d’autre existe ? pour vous, ce moment unique est le plus important du monde.. pour moi c’est du passé déjà mais pour c’est du maintenant… le seul qui existe, toute l’existence y réside, s’y cache… toute votre et le monde entier est concentré en ce moment…

ce moment, qui mène vers le moment suivant, toujours maintenant, toujours suivant, et qui mène lui aussi au prochain et s’y fond… qu’un collier de moments qui nous porte la vie, qui nous prend et nous amène vers le suivant qui, ultimement culminera dans la mort, versant dans l’au-delà… et qui peut-être s’enchaînera vers une nouvelle vie ultérieure… à suivre…

car en fait la prochaine naissance commencerait dès la fin de la vie précédente… après un bref passage dans le nowhere du bardo pour 49 jours et des poussières… en fait, il n’y aurait ni commencement, ni fin marquant cette vie, qu’un long et perpétuel voyage de petits moments présents… un enchaînement, une suite, une mélodie de notes, qu’un chapelet d’espaces qui s’ouvrent sur l’ici, l’ailleurs et sur tout ceci en même temps, maintenant…

intéressant aussi comment les gens qui souffrent d’alzheimer oublient tout du présent, donc faiblesse de mémoire à court terme, pour ne se souvenir que des événements du début de la vie ? mémoire sélective à sa plus simple expression ou mécanisme de défense ? oublier ce qui est actuel – trop difficile à vivre ? –  pour se souvenir de ce qui était – beau beaux les doux souvenirs…

alors la leçon consisterait-elle à plonger à fond dans chacune de ces bribes d’existence ? à vivre chaque moment comme si c’était la fin ? sounds good non ? alors on commence ça maintenant ? tout de suite ? aujourd’hui ? right now ? car c’est peut-être aujourd’hui que la mort viendra nous rappeler à elle ? on ne prendra pas le risque que ça ne soit pas vrai en tous cas !

dnoc le creaveu ne dsiitgune pas les lttrees mais viot le mot cmome un tuot ? voit-on aussi la vie comme un tout en ne distinguant pas les moments spécifiques ? la qeotiusn se psoe misa on rxalee puor la rpéosne… et on commence à vivre chacune des lettres pour ce qu’elle est, en prenant le temps, tout le temps, même si certaines lettres ne semblent pas faire de sens, même si elle on dirait que certaines sont placées à la mauvaise place dans le grand mot de la vie…

aellz, je vuos sutohiae une bnnoe juornée… une lrtete à la fois…

4 réflexions au sujet de « Sacbrlbe eisxeitentl (Scrabble existentiel) »

  1. Michel Lafrance

    On me faisait remarquer récemment qu’au cimetière, la vie des personnes est indiquée comme suit: 1950 – 2012. La naissance et la mort sont marquées avec 4 chiffres et le petit trait d’union représente la vie. Ça relativise… un trait d’union à la fois…

    Répondre
  2. Chantal Deslauriers

    Vraiment très cool les sccrabbles des lettres… J’avais déjà lu cela et vraiment, Chapeau! pour tes paragraphes inversés mais comme tu dis que c’est l’instant qui compte, j’imagine que tu devais rigoler intérieurement en faisant le jeu.
    OUI la résilence je connais ça!
    Oui à une VIE CRÉATIVE ET TRIPATIVE! J’adore!
    Je me sens un peu bousculée dans le temps ce matin car il me semble que le temps passe plus vite depuis quelques jours…
    Des synchronicités semble se placer pour que je réalise un rêve professionnel…
    Et c’est fou, les christies de peurs reviennent…
    On dirait que quand on arrive près du but de la réussite j’ai encore plus de peurs.
    Fuck! Ou flaque d’eau émotionnelle d’approche d’un but.
    Heureuse ou malheureuse je pleure facilement, mais mon plus grand bonheur depuis Flying Bull et Wakatonka c’est d’avoir de plus en plus souvent des larmes de bonheurs intenses…
    Même quand je suis seule…
    Donc Rush de préprarer mes bagages que je veux légers, simples et prête pour aller chercher des revenus même en vacances…
    Je me prépare des copies de chroniques « papiers » pour que tes écrits viennent en voyage à Cuba…
    Partage réel de beaux messages virtuels qui sont pour moi, un baume au coeur et un message à mon âme!
    Merci Ati!
    Aho
    Canthal… Ou Chatanl ou Cahntal… 😉

    Répondre

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