souffrir en beauté et s’ouvrir à la beauté

1385898_543463745742028_837933048_nchronique cinquante-sixième / 30-10-13

traduction : quand vous apprenez comment souffrir, vous souffrez bien moins…
– Thich Nhat Hanh

et quand on sait comment souffrir, est-ce qu’on souffre bien et moins ?

le thème de la souffrance n’est pas trop sexy, mais quand même, objet de chronique ce matin… chronique souffrance, souffrance chronique… quand j’ai croisé cette citation sur le «comment souffrir», elle m’a tout de suite interpellé, intrigué… savoir comment souffrir ? mais que voulez-vous bien dire monsieur Hanh ?

car l’une des choses que l’on recherche le moins dans la vie, en fait l’une des choses que l’on cherche à éviter à tout prix, c’est bien la souffrance… et ici on parle de toute souffrance, autant physique que morale, émotive, affective, spirituelle…

mais il semble que la souffrance, aussi répugnante et repoussante soit-elle, soit aussi porteuse de beauté, de croissance, d’apprentissage… mais l’expression «il faut souffrir pour être belle» résonne encore dans nos pieuses oreilles catholiques… alors ne nous parlez plus de souffrir pour l’amour du saint ciel, nous diraient nos ainé(e)s qui ont souffert de tant d’apologie de la souffrance…

mais cause toujours mon lapin dit le chroniqueur, qui cause néanmoins souffrance ce matin… car la souffrance s’est présentée à lui via cette citation/photo ci-haut et par la citation ci-bas… alors réflexion autour de cette souffrance qui peut devenir moteur de changement, cette souffrance qui peut ultimement devenir beauté…

évidemment, probablement pas absolument nécessaire la souffrance… on ne courra pas après tout de même… tout de même, certains masochistes le font… la souffrance en allume certain(e)s 😉

mais quand elle se présente dans notre vie, que faire avec la souffrance ? la refouler, la taire, la laisser tiédir d’elle-même et éventuellement disparaître… mais disparaît-elle seulement ? ou ne fait-elle pas que se cacher en nous pour resurgir dès qu’une situation actuelle la rappelle à nous ?

alors n’est-il pas plutôt nécessaire de suivre cette souffrance quand elle se présente, pour la suivre, l’investiguer, remonter à la source, ouvrir la filière pour voir et sentir où résonne cette souffrance en nous… que veut-elle nous dire… que veut-elle libérer…

car il y a souffrance actuelle, live, en direct, et souffrance passée, douleur antérieure qui peut être réveillée par des situations présentes… bien souffrir, savoir comment souffrir, définitivement, quelles expressions mystérieuses…

la souffrance est liée implicitement au corps, et à l’âme qui habite ce corps… alors tant qu’on est incarné(e), la souffrance nous guette, particulièrement en fin de vie… la plus grande crainte de plusieurs d’entre nous…

alors apprécions la vie pendant qu’elle coule doucement, pendant qu’elle se la coule douce sur notre dos… mais si et quand la souffrance émerge et se pointe le bout du nez, qu’elle devienne chemin de croissance, que la souffrance se dévoile comme miroir de notre âme, que la souffrance se transforme voie royale vers la beauté…

_____________
en prime, un texte de John O’Donohue sur la transformation de la souffrance…

Au sujet de la transformation des blessures en beauté…

la beauté qui émerge des blessures antérieures est une beauté teintée d’émotion, une beauté différente de celles des paysages et des formes parfaites mais froides… cette beauté qui a tracé son chemin à travers la douleur jusqu’à ce que les mots ou la musique émergent pour équilibrer l’appel de la faim et du désespoir…

mais toute souffrance ne trouve pas forcément son chemin jusqu’à la beauté… la plupart des souffrances restent cachées, perdues dans le silence… en effet, au sein de chaque vie humaine subsistent certaines plaies qui continuent de vivre secrètement, malgré de multiples tentatives de guérison… mais lorsque des cicatrices peuvent être transformées en beauté, une superbe transmutation se produit…

texte original anglais :

On refining woundedness into beauty

« The beauty that emerges from woundedness is a beauty infused with feeling; a beauty different from the beauty of landscape and the cold perfect form. This is a beauty that has suffered its way through the ache of desolation until the words or music emerged to equal the hunger and desperation at its heart. It must also be said that not all woundedness succeeds in finding its way through to beauty of form. Most woundedness remains hidden, lost inside forgotten silence. Indeed, in every life there is some wound that continues to weep secretly, even after years of attempted healing. Where woundedness can be refined into beauty a wonderful transfiguration takes place. »

4 réflexions au sujet de « souffrir en beauté et s’ouvrir à la beauté »

  1. Jocelyne Paquette

    Ah ! Voilà une chronique qui m’a interpellée ! J’ai le goût d’apporter ma réponse à la question : « quand elle se présente dans notre vie, que faire avec la souffrance ? »
    Ce qui m’a le plus aidé ? L’acceptation, la plus totale possible. Voilà ce qui est, ce par quoi je dois passer…
    Accepter et respirer.

    Répondre
  2. Prashanti

    Je cherche souvent le sens de cette souffrance.
    Quelle finisse par apporter de la beauté dans ma vie….Oui à ce qui est.
    Merci pour ce beau texte…. Ati.
    Avec grâce .

    Répondre

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