la grande jalousie

11133753_10206177504747137_3119147648705442250_nmillénaire chronique(s)… compte à rebours /// 102 et ça monte – et ça descend…

traduction : la jalousie n’est qu’amour et haine simultanés

ah cette sacrée jalousie… et quand je dis sacrée, je dis sacrée… jalousie du sacré, sacrément jaloux, jalousie de sacrement…

celle qu’on ressent envers ceux et celles qui sont illuminé(e)s…

celles et ceux qui ont atteint le point de non-retour…

les «ceuzes» qui ont décliqué, qui ont laissé leur identité de côté… les sans égos

tous celles et ceux qui ont pogné la joke, qui ont défroqué de leur statut de petit humain séparé du grand tout, du grand toutou qu’on nomme aussi dieu, ou création, ou univers, ou la vie…

ceux et celles qui justement sont redevenus universels plutôt que morcelés et multiversels, celles et ceux qui se sont réunifié(e)s en un point concentrique au milieu de nulle part… qui ont retrouvé le grand spot de vide plein en eux-même…

bien sûr, il y a de nombreuses jalousies, les «ptites jalousies» – non non pas les pâtisseries – les jalousies plus mondaines, plus insignifiantes, celles dont les objets sont atteignables… celles qui nous font courir et nous essouffler quand on est encore jeunes… genre avoir un beau corps, connaître la gloire, un beau smile, un joufflu compte de banque… name it…

mais avec le temps, et la sagesse, ces objets de désir tombent les uns après les autres, en même temps que la fermeté de notre chair et la tangibilité de nos illusions…

non, la jalousie dont je parle ce matin est la «grande jalousie»… l’ultime jalousie… celle dont l’objet ne se pogne jamais, celle qu’on sait futile et innateignable, celle qui ne fait pas de sens… mais qu’on ne peut seulement tasser du revers de la main… même celle de dieu…

car comment atteindre un état qui implique que l’on disparaisse ? que l’on redevienne rien ? que l’on ne soit plus ?

beau catch 22 non ?

pour nous qui sommes dans la grande course vers le grand nul part et l’ultime rien…

nous qui voulons y arriver avant que ça se passe sur notre lit de mort…

nous qui voulons faire des ptits Eckart Tolle ou autres baba de nous-même…

nous les prétendus quêteux spirituels…

nous qui voulons n’être qu’amour infini et inconditionnel…

la jalousie, no way José…

amour et haine simultanés la jalousie donc ? hum… ça sonne une cloche et ça résonne en quelque part ça dans mon ptit creux ça…

le chemin de tout être en quête de détachement et d’élévation spirituelle est parsemé de hauts et de bas, d’envie et de laisser aller, d’efforts et de lâcher prise (ah ce terme-là, tout le monde l’utilise mais personne ne sait vraiment ce que c’est)…

par étape, on court, on veut, on essaie et lorsque trop essoufflé(e), on lâche le gaz, on slack, on arrête… puis on repart… pour un bout de temps…

un peu bipolaire cette quête game spirituelle… on sait que le désir même est l’entrave à la réalisation mais en même temps, sans désir initial, sans bougie d’allumage pour nous mettre sur le chemin vers le grand nul part, sans égo qui veut se saborder éventuellement, on ne chercherait pas, on ne se s’inquisitionnerait pas… la grande inquisition…

alors allons-y donc si ça nous dit, mettons-nous le nez dans cette apparente dualité qu’est la jalousie… car la jalousie peut être un excellent indicateur de quelque chose qui nous allume, qui nous attire, qui nous fera avancer…

mais pour ça faut être honnête et oser… oser aller jouer dans ses zones d’ombre, ses zones sombres…

dis-moi de quoi tu es jaloux et je te dirai vers où tu vas…

on sait avec notre tête que le désir, la jalousie et la haine ne mènent nulle part, mais ce désir de réalisation est essentiel pour nous lancer sur le chemin…. et éventuellement, on réalisera bien que le chemin est le but en soi… en temps et lieu… mais au début de la course, OK de se laisser séduire par le but… car c’est lui qui nous permet de nous mettre en route…

quand toutes nos tentatives auront échoué, quand tous nos efforts nous auront ramené au point de départ, qui est toujours ici, toujours maintenant, toujours dans nos propres culottes, peut-être que nous aurons compris et que nos réaliserons que tout est ici, tout est imparfaitement imparfait, tout est OK car tout est… jalousie incluse…

Une réflexion au sujet de « la grande jalousie »

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