la vie, l’amor…

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••• LES CHRONIQUES DU GRAND N’IMPORTE QUOI ••• soixantétreizième

hier, comme de nombreux et nombreuses ami(e)s, connaissances et proches de notre amie Amala (France pour sa famille), j’ai passé la journée très habité par notre amie unique, notre reine de coeur, notre purple reine…

et vous avez été nombreux et nombreuses à lire ma chronique qui lui était destinée et et me dire avoir été touché(e)s… c’est effectivement le mot touché qui fut mentionné par plusieurs d’entre vous… comme si, via quelques mots, on pouvait veiller ensemble sur notre amie commune – ou n’est-ce pas plutôt elle qui veille sur nous ? comme si on pouvait se toucher par les ondes…

par sa présence plus fragile que jamais en ce moment, par l’expérience qu’elle vit actuellement, par son possible et éventuel passage prochain, notre amie touche directement notre âme et notre coeur… encore et encore… par son grand coeur, notre amie nous réunit en notre coeur à chacun, en notre coeur commun… elle fait de nous un choeur vibrant à l’unisson…

hier, avant d’écrire ma chronique, je me demandais si je devais mettre des mots sur la rencontre de dimanche et sur les impressions que ça avait laissées en moi… ou pas… car

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mais malgré cela, j’aime aussi dire les mots qu’il faut, déposer des mots qui peuvent nous relier, nous aider à nous faire sentir un… j’aime les mots qui peuvent nous faire du bien…

alors j’en ai finalement dits des mots et j’ai senti que ces quelques mots étaient aussi un peu vos mots… mes mots sont devenus nos mots alors…

des mots et pas des maux, car je nous sens de plus en plus à l’aise – du mois, de moins en moins mal à l’aise –  avec la mort qui s’approche de plus en plus de nous, via nos ami(e)s et connaissances encore pour le moment mais qui, éventuellement, frappera à notre propre porte…

car lorsque la mort frôle nos ami(e)s et les gens qu’on aime, c’est aussi de notre propre mort qu’il est question… et qu’on doit répondre…

quand un ou une de nos ami(e)s s’apprête à mourir, c’est surtout de notre propre mort qu’il s’agit… si on ne rêve que de soi comme dit Betty, on ne meurt peut-être toujours et seulement qu’à soi-même… à ses illusions, à ses croyances, à ses résistances…

quand quelqu’un qu’on aime meurt, c’est une partie de nous-même qui meurt, c’est à une partie de nous-même que l’on meurt… quand un(e) ami(e) meurt ou se prépare à le faire, c’est une partie de notre coeur qui se détache du grand bal de chiling incarné qu’est la vie ici sur terre…   car c’est chill la vie… et l’amor aussi…

je parle d’amor pour ne pas parler de mort… car on commence à réaliser de plus en plus pour de vrai que la mort n’existe pas vraiment, que ce passage obligé n’est que transformation, que changement de forme, que retour à la maison…

ce qu’Amala nous indique et nous pointe en ce moment et ce qu’elle a généreusement partagé avec nous dimanche dernier… aussi ce que Pravasa (chum et nouveau mari d’Amala) a ouvert comme espace commun en créant un groupe Facebook… un espace par lequel on peut se sentir connecté(e) à elle, à lui, à chacun(e) de nous qui aimons tendrement Amala…

un veille virtuelle, en ligne…

un espace dans lequel on peut se relier pour la sentir, pour la soutenir dans l’invisible car assez limité ce que l’on peut faire d’autre pour elle… qu’être ici, délicat(e), sensible, disponible si besoin il y a mais sans intervenir… qu’être uni(e)… chacun chacune à sentir ce vide en nous, ce vide en soi… à faire la paix avec notre propre mort qui se prépare…

j’ai trouvé ceci hier…

les arbres sont des poèmes que la terre offre vers le ciel… nous les coupons pour en faire du papier pour ensuite pouvoir y écrire notre propre vide intérieur…  – Kahlil Gibran

13174063_10153845294692798_1126060552402037229_n.jpgArt by Carlos Garcia via Thomas Keller

au moins, ces chroniques sont écrites dans l’invisible, alors plus OK de remplir de vide de mots… car ce vide est ici, là où nous nous rencontrons vous et moi, ce vide qui est partout, et en nous, et là-bas… mais surtout ici… un vide rempli de chacun(e) de nous, un vide rempli de notre présence, ici…

quand même drôle la vie…

hier après une journée qui a alterné entre lire vos commentaires (plus nombreux qu’à l’habitude, Amala oblige), suivre les témoignages d’amitié envers Amala sur le groupe FB et la correction de travaux universitaires,  je suis allé au cinéma à Ste-Adèle en soirée sans savoir ce que j’allais voir… juste besoin de mettre la switch à off, de me changer les idées comme on dit… et voyez sur quoi je suis tombé…

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quand même… moi qui me moque parfois de l’expression il n’y a pas de hasard, hier soir, the joke was on me…très beau petit film en passant.. touchant… touché…

et pour finir, mes plus sincères remerciements à notre ami Pravasa, qui veille sur sa belle avec soin et générosité… à notre chère nurse SupSup, notre amie spécialiste de la fin de vie, et qui accompagne aussi notre amie… de même qu’à Leena et Samana qui ont organisé la rencontre de dimanche dernier…

we are family, all my brothers, sisters and meand mostly Amala en ce moment… et tralala…

et en terminant pour de vrai, encore quelques mots, que certains n’ont pas hésité à ne pas dire jadis…

___
l’âme et son Dieu… (tiré de la voie du Tarot via Richard Chartier)

… étant incapable de le nommer, de croire en lui – en Cela – je peux le sentir de manière intuitive au plus profond de moi; je peux accepter sa volonté, cette volonté qui crée l’univers et ses lois, et l’imaginer comme un allié, quoi qu’il arrive.

«Je suis de toi… J’ai confiance en toi…»

C’est tout, je n’ai pas besoin d’en dire davantage, les mots ne sont pas le chemin direct, ils l’indiquent mais ne le parcourent pas. J’accepte d’appartenir à cet incommensurable mystère, entité sans être ou non-être, sans dimension, sans temps.

J’accepte de m’abandonner à ses desseins, d’espérer que mon existence n’est pas un caprice, une plaisanterie, une illusion ou un jeu, mais une inexplicable nécessité de son Œuvre.

De savoir que cette permanente impermanence fait partie de ce que mon esprit conçoit comme projet cosmique.

De croire qu’étant un engrenage infime de l’incommensurable machine je participe à son éternité, que ce changement que mon corps appelle «mort» est la porte que je dois traverser pour me submerger dans ce que mon cœur ressent comme un amour total, que mon centre sexuel conçoit comme un orgasme sans fin, que mon intellect nomme «vacuité illuminée»…

___
Ancestors Prayer

« When you were born,
The earth became your body,
The stone became your bone,
The sea became your blood,
The sun became your eye,
The moon became your mind,
The wind became your breath.

When you passed to the Otherworld,
Your breath became the wind,
Your mind became the moon,
Your eye became the sun,
Your blood became the sea,
Your bone became the stone,
Your body became the earth.

When we were born, you did the same for us:
You called forth the earth and rocks;
The sea arose and the sun descended;
The moon shone down and the winds sang.
For those who come after, we shall do as you did for us
When we are gone, we shall do as you did before.
Ancestors, we honour you. »

– Michael Dangler

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Please call me by my true name
Thich Nhat Hanh

Don’t say that I will depart tomorrow—
even today I am still arriving.
Look deeply: every second I am arriving
to be a bud on a Spring branch,
to be a tiny bird, with still-fragile wings,
learning to sing in my new nest,
to be a caterpillar in the heart of a flower,
to be a jewel hiding itself in a stone.

I still arrive, in order to laugh and to cry,
to fear and to hope.
The rhythm of my heart is the birth and death
of all that is alive.

I am a mayfly metamorphosing
on the surface of the river.
And I am the bird
that swoops down to swallow the mayfly.

I am a frog swimming happily
in the clear water of a pond.
And I am the grass-snake
that silently feeds itself on the frog.

I am the child in Uganda, all skin and bones,
my legs as thin a bamboo sticks.
And I am the arms merchant,
selling deadly weapons to Uganda.

I am the twelve-year-old girl,
refugee on a small boat,
who throws herself into the ocean
after being raped by a sea pirate.
And I am the pirate,
my heart not yet capable
of seeing and loving.

My joy is like Spring, so warm
it makes flowers bloom all over the Earth.
My pain is like a river of tears,
so vast it fills the four oceans.

Please call me by my true names,
so I can hear all my cries and laughter at once,
so I can see that my joy and pain are one.
Please call me by my true names,
so I can wake up
and the door of my heart
could be left open,
the door of compassion.

Une réflexion au sujet de « la vie, l’amor… »

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