de rien

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///////////////////////////////////////////////////////////////////////////// les chroniques du ptit qui
///////////////////////////////////////////////////////////////////////////// la SoixanteDixSeptième

traduction : je ne peux te parler en ce moment, je suis extrêmement occupé à ne rien faire

désolé, mais je ne peux pas vous écrire ce matin… alors pas de chronique… trop occupé… trop occupé à ne rien faire ce chroniqueur… occupé à faire rien… et rien, oh là là, que c’est quelque chose…

je ne peux pas vous écrire ce matin car trop occupé à ne rien faire, rien faire comme flâner, observer, regarder la vie passer, passer tout droit, passer tout court… elle qui me passe devant, me passe dedans et à-travers… tout passe, même rien car rien ne passe…

trop occupé à aller marcher pour rien dans la nature criante de couleurs en ces jours de grand rien…

à observer ce rien en train de s’installer pour quelque mois autour de nous… car l’hiver à venir est un grand et long plein de rien…

trop occupé à simplement respirer… rien et un peu d’air tant qu’à y être…

trop occupé à jouer de la guitare… quelques petits riens ici et là… dring dring…

pour tout vous dire, je suis trop occupé par le rien… obsédé par le rien…

de plus en plus, tout me mène à rien, tout ne mène à rien… le grand rien plein, le beau rien vide, le beau gros rien sale (comme la grosse vie sale)…

je suis obsédé par le rien, n’être rien, ne vouloir rien, faire rien, ne rien faire…

trop occupé à me laisser faire faire l’amour par la vie…

trop occupé à couler avec la vie, à me la couler douce, et qu’elle me coule dans les veines… rien faire sinon couler… couler comme si de rien n’était…

couler de rire… couler avec la vie plutôt que crouler sous son poids…

rien devient de plus en plus mon mantra, mon leitmotiv, ma mission de vie, monobjectifs ultime…

n’être rien, ne rien faire, faire rien… et un peu le bien…

j’invite de plus en plus le rien… de plus en plus j’invite le rien dans ma vie, que dis-je dans la vie, car la vie n’est pas ma vie, qu’une vie parmi d’autre… rien d’autre…

ce rien tout plein, ce rien qui contient tout, le grand vide plein de rien…

ne rien faire pour devenir rien, même moins que rien… car peut bien être moins que rien ? du sous rien…

quand on nait, on n’est rien, ensuite on veut tout voir et tout avoir et devenir quelqu’un et quelque chose, pour éventuellement finir notre vie avec rien, en tant que rien… n’ayant rien, n’étant rien… rien qui faille, ni rien qui vaille…

rien dans les mains, rien dans les poches… et rien dans la caboche tant qu’à n’être rien et ne faire rien… tiens tiens…

ode au rien, ce rien si relaxant, reposant, calmant… ce grand rien enveloppant tout… noyau de tout au coeur du rien…

mais même écrire est quelque chose…

alors écrire du grand et du petit rien, pour vous inspirer tout, tout autant que rien ne se puisse rien…

je ne veux rien, je ne vois rien, ne suis rien… rien dans les reins, rien dans les mains…

je suis moins que rien, je suis un moins que rien… et fier de rien, pour rien… juste comme ça… fier de ne pas être quelque chose, ni quelqu’un… qu’à quelque part…

alors trop occupé par et pour rien ce matin pour prendre le temps de vous écrire…

et si j’en reviens, je vous signe…

merci… et de rien…

___

Les bienfaits de la réflexion sur l’impermanence

de Matthieu Ricard… publié le 27 novembre 2012

La vie est aussi éphémère qu’une goutte de rosée à la pointe d’un brin d’herbe. On ne peut arrêter la mort, de même qu’on ne peut empêcher les ombres de s’étirer au soleil couchant. Vous pouvez être extrêmement beau, vous ne séduirez pas la mort. Vous pouvez être très puissant, vous ne l’influencerez pas davantage. Même les richesses les plus fabuleuses ne vous achèteront pas quelques minutes de vie supplémentaires. La mort est aussi certaine pour vous que pour celui qui a le cœur transpercé d’un poignard.

Un jour, un rude Tibétain du Khampa vint offrir une pièce de tissu à Droubthop Tcheuyoung, l’un des plus éminents disciples de Gampopa, pour lui demander des enseignements. À plusieurs reprises Droubthop Tcheuyoung renvoya le Khampa en dépit de ses multiples supplications. Comme celui-ci insistait, le maître prit finalement les mains de l’homme dans les siennes et lui répéta trois fois:

— Je mourrai; tu mourras.

Puis il ajouta:

— Voilà tout ce que mon maître m’a enseigné. C’est tout ce que je pratique. Médite simplement là-dessus. Je te promets qu’il n’y a rien de plus grand.

L’idée de la mort tourne l’esprit vers le Dharma, elle nourrit l’assiduité, et elle permet, pour finir, de reconnaître la radieuse clarté de la dimension absolue. La mort devrait toujours être l’un des sujets essentiels de vos méditations.

Lorsque la véritable compréhension de l’impermanence aura commencé à poindre dans votre esprit, vous ne vous laisserez plus emporter par la discrimination entre ami et ennemi, vous serez à même de déchirer l’épais enchevêtrement des activités distrayantes et futiles, vous serez capable de puissants efforts, tout ce que vous ferez prendra la direction du Dharma, et vos qualités s’épanouiront comme jamais auparavant.

– Khyentsé Rinpotché

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